Lettre à ma page
juillet 30, 2010
Tu es toute blanche et tu me fais chier parce que je ne sais pas quoi dire.
Mais je dois te remplir. Et comme je ne sais pas quoi dire, je vais te remplir de rien. Mais tu seras pleine quand même. Pleine de rien.
Oui, bon, je sais, tu as l’habitude. Il y a plein de gens qui remplissent leurs blancs avec du creux. Mais eux, ils ne le font pas sciemment! Moi, je vais m’appliquer. Je vais bien bien m’appliquer. Dans quelques lignes, tu seras inutilisable. Il faudra passer à la suivante.
Il paraît que je suis excessive. Y en a même qui disent que je suis trop excessive et ça, ça ne veut rien dire. Alors je te le dis. Et comme je suis excessive, tu penses bien que je ne vais avoir aucun mal à te remplir!
Le comble de ce remplissage (ah ah!), c’est qu’un jour, j’aurai sûrement plein de choses consistantes à te dire. Et quand bien même j’aurais le temps de le faire, je n’aurai plus la place.
T’as vu? Plus que quelques lignes et j’ai fini. Tu croyais m’angoisser, avoue! Et finalement, c’est qui, qui tremble, là? Hein? Tu sens comme tu es légère, avec tous ces mots bien lourds? Tu ne sers plus à rien. Sur ce coup-là, je suis pleine d’orgueil. Remplir de rien, c’est pas donné à tout le monde!
Voilà. J’ai gagné. Tu es vide et tu vas remplir les pages d’accueil de mes amis. Et ça, ils te le diront, c’est complètement inutile.
Comment allez-vous, yau de poêle?
juillet 29, 2010
Je ne sais pas si vous avez déjà été sur un site de rencontres (enfin si, je sais, mais je veux bien partir du postulat que non). Sur un site de rencontres, on a un profil. Et dans ce profil, outre des informations capitales comme votre poids, votre taille, votre film préféré ou vos hobbies, il y a un espace réservé à l’annonce. L’annonce, c’est comme une question ouverte, vous y mettez ce que vous voulez.
Et moi, dans l’annonce, j’ai mis que l’humour était une condition sine qua non.
Bien mal m’en a pris. Parce que, idiote que je suis, je n’avais pas songé que la notion est éminemment subjective. Ces messieurs se sont empressés de me prouver qu’ils étaient drôles.
C’est ainsi que j’ai reçu des messages avec des blagues. Et moi, je n’aime pas les blagues (sauf celles que je retiens et que je raconte). C’est très désagréable, une blague, parce que ça risque de ne pas être drôle. Quand on vous raconte une blague, vous regardez la personne avec un sourire, les yeux attentifs et impatients et si la chute est mauvaise, vous vous sentez obligé de rire. Et ça vous rappelle que vous ne serez jamais ce grand acteur que vous avez rêvé d’être.
Bon, là, on est à l’écrit. Donc moi, c’est simple, je zappe. Et ça ne manque pas, je me tape des messages enragés du genre "Tu veux de l’humour et quand t’en as tu ne réponds même pas, t’es encore une prise-de-tête qui ne trouvera jamais personne, c’est bien fait!". Je vous passe les fautes et les "pétasse", "gros boudin" et autres petits qualificatifs qui me sont tout à coup attribués.
Mais il y a pire: les jeux de mots. Et là, je vais me fâcher avec plein de gens. Mais prout à la fin. Les jeux de mots, c’est souvent pénible à lire, rarement drôle, ça vous alourdit un propos aussi sûrement que ça se veut léger et intelligent. Sauf les miens, bien sûr. Et ceux qu’on met en statut FB ou autre. Dans une conversation, c’est insupportable. Encore plus quand vous savez que ceux qui en abusent n’ont pas besoin de ça pour être intéressants (à moins qu’ils ne veuillent justement pas que vous les trouviez intéressants, auquel cas je leur présente mes plus seins serres excuses).
Sur un site de rencontres, les spécialistes du genre sont des messieurs un peu (voire beaucoup) plus âgés que moi. Ceux-là cumulent les revendications. En plus de se prétendre drôles, ils vous démontrent leur esprit jeune via leur adresse MSN, que vous vous empresserez d’effacer quand vous aurez constaté qu’ils y mettent des émoticons partout. Pas juste à la fin d’une phrase, parfois c’est une lettre sur deux qui est remplacée par une biesserie (reprochez-le leur gentiment, cela vous permettra d’apprendre l’âge de leur progéniture, bien entendu responsable de la chose).
Bon. J’arrête là. Mais je vous aime tous quand même, hein!
Mon premier tango à Paris
juillet 29, 2010
Il y a des choses qu’on ne comprend jamais qu’après coup.
L’importance d’obéir à ses parents est l’une d’elles.
Moi, c’est devant "Dernier tango à Paris" que je l’ai compris.
J’étais une petite fille pure et innocente et mes parents sont partis je-ne-sais-où en me laissant pour consigne de ne "surtout pas regarder la télé".
Vous savez, en prenant l’air – solennel – de dire "c’est très très sérieux, ce qu’on te dit là", les gros yeux qui vont avec et tout.
Alors moi, bien sûr, j’ai allumé la télé. Il y avait un monsieur et une madame dans un appartement. Du reste, je ne me souviens pas (et non, n’insistez pas, je ne ferai pas l’effort). Sauf du beurre. Et de l’endroit approximatif où le monsieur le mettait. Et de ce qu’il faisait après au même endroit. Et des larmes de la madame toute nue.
Quand je dis approximatif, c’est dans ma tête de petite fille, qui ignorait que l’orifice concerné pouvait servir à ÇA (déjà, je ne suis pas certaine que j’avais intégré la chose pour l’autre orifice…).
Je ne sais plus quand j’ai éteint la télé. Ce dont je me souviens, par contre – et bizarrement – c’est de ma tête en la regardant. Ceux qui me connaissent se l’imagineront aisément: c’est un peu comme quand j’ai un verre dans le nez (je précise pour ceux qui ne me connaissent pas que c’est une image) et que je fais des grands yeux ronds étonnés.
J’ai appris bien des années après la véritable destination de la motte de beurre. Et du reste.
Et je me demande aujourd’hui comment mes parents savaient, eux qui ne nous laissaient regarder certaines choses bien plus anodines qu’après discussion préalable (ce qui explique mon inculture crasse en matière de cinéma).
Il faudra qu’un jour j’ose m’aventurer sur ce terrain glissant pour le leur demander…
De mon temps (pour les plus jeunes: 2 mon tan)
juillet 27, 2010
Petite, je n’avais pas de tourne-disque (pour les plus jeunes: C la mem choz ke des platine de DJ), mais mes parents bien. On y passait de la musique classique (pour les plus jeunes: C la mem choz que la muzik, mé sans parol) et de temps en temps un 33T de Chantal Goya, Anne Sylvestre ou Emilie Jolie.
Petite, je n’avais pas la télé. Plus grande, j’ai eu une petite télé. Vous savez, les portables (pour les plus jeunes: non, on ne pouvai pas les mettre en poch). Celles dont on devait remplacer l’antenne par un cintre (pour les plus jeunes: C 1 truc que votre mère utiliz pour pendre vos fringues) au bout d’une semaine et qui passaient, en noir et blanc, des images décentes (à part un épisode traumatisant devant "Le dernier tango à Paris" que je raconterai peut-être un jour si je surmonte ça).
Petite, je n’avais pas d’ordinateur (pour les plus jeunes: ne me regardé pas com ça, j’étai pas la seule, personne n’en avai).
Petite, j’avais (enfin, mes parents) un téléphone avec un fil que j’emmêlais parce que je n’ai jamais su téléphoner en restant immobile (attitude visionnaire, vous avouerez).
Petite, enfin, pré-ado, j’étais déjà boulotte. Mais la mode était aux trucs larges et longs (Pour les plus jeunes: avant on avai ossi des photos sur papier. 2mandez à vos parents, ils doivent avoir des illus de cette épok).
Petite, j’apprenais à écrire sans faute. Et si je n’y parvenais pas, je trouvais une excuse du genre "tout le monde est pété" ou "le prof ne m’aime pas" ou encore "il a donné des mots qu’on ne devait pas étudier, le salaud" (pour les plus jeunes: 1 peu l’ékivalent de votre "c’est un nouveau langage que les jeunes inventent", sauf ke nous, on avai de l’imagination. Et des points en moin kan on faisai des fote")
La société, c’est confortable
juillet 26, 2010
Moi: "Pardon, vous pouvez me dire comment on va à tel endroit?"
Lui: "Oui, madame, venez, je vous montre…"
Arthur L., 10 ans, étonné: "Maman, il est gentiiil, le monsieur!"
Moi: "Mais oui, tu sais, les gens sont gentils"
Arthur L.: "Pas tous, quand même"
Elise L., 14 ans: "Non, mais quand on est gentils avec les gens, normalement, ils sont gentils avec nous"
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Petite scène de la vie extraordinaire. Parce que de nos jours, il n’est pas de bon ton de dire aux enfants qu’ils peuvent faire confiance aux gens.
Il n’a pas tort, mon fils. Elle n’a pas tort, sa cousine.
Et moi? La confiance aveugle, c’est pas super. La méfiance a priori, c’est contre mes principes. Que dire, que dire?
C’est ici que la médiatisation – et le sentiment détestable d’insécurité qui en découle – jouent un rôle confortable pour la mère que je veux être: je peux me reposer sur ma chère société, compter sur elle pour faire peur à ma progéniture tandis de mon côté je l’encourage à avancer en confiance.
Et avec un peu de chance, il me fera une crise d’ado carabinée, me traitera d’irresponsable et je dormirai en paix, même le samedi soir!
Les dessous de la politique
juillet 26, 2010
Etre journaliste de presse quotidienne pendant les mois d’été, c’est terrible. Je le sais, je l’ai fait.
Si certaines années on est gâté (la mort de Baudouin, l’affaire Dutroux…), l’actualité est en général aussi morne que la plaine waterlootoise pendant une grève des pilotes d’AirJapan.
Alors on creuse. Non, pas sa tombe, parce que des lecteurs intéressés par ces petits trésors qu’on va leur dénicher, il y en a plein. On creuse à la recherche des vacances préférées de nos ministres, des plus belles piscines d’Hollywood et des amours cachées de Lara (pour ceux qui ne se souviennent pas: celle qui criait "Je t’aime" dans une chanson pour camping).
Le dernier sujet-qui-tue-sa-race est: "Comment qu’elles sont belles, nos femmes politiques?"
Bon, je vois déjà venir les chiennes de garde avec leurs grosses dents. Alors je vais les calmer tout de suite avec un label de qualité: c’est la Libre Belgique qui a commencé, pendant la campagne électorale. Un concours pour désigner la plus séduisante.
Et puis, nous dit la presse, il y va de notre image de marque. C’est vrai quoi. C’est important, que nos élus soient élégants quand ils siègent sous le regard attentif de… euh, de… hum, plein de monde, c’est certain.
Enfin moi, je trouve ça vachement bien. A ceci près qu’une fois de plus, il n’y en a que pour les ceusses qui aiment les femmes (vous avez vu comme je pense à tout le monde?). En grande justicière que je suis, j’ai donc pris ma plus belle plume pour rétablir un peu l’équilibre ( http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150218197775103&id=672298773&ref=mf ) .
Mais je reste modeste et donc consciente que ma petite contribution n’aura probablement qu’un impact très limité (ceci dit sans vouloir dénigrer mes amis FB).
J’en appelle donc au soulèvement citoyen. Les amis, protestons avec énergie! Pour une fois qu’on nous livre des analyses fouillées sur les dessous de la politique, exigeons qu’elles soient exhaustives! Nous voulons voir des hommes! Nous voulons tout voir!
Nous sommes des adultes responsables. Nous savons que ça ne sera pas toujours facile mais nous pensons que toute vérité est bonne à voir. Nous serons forts.
Vivre, c’est pas très solidaire
juillet 25, 2010
L’autre jour, sur Facebook, il était question de malbouffe et de la suggestion d’un internaute de taxer davantage "ce qui est mauvais pour nous" que le reste.
Le débat a vite tourné au pugilat entre ceux qui estiment que mal manger, c’est faire sciemment (?) payer à l’ensemble de futurs frais médicaux évitables et ceux qui, comme moi, estiment que si en effet certaines choses sont mauvaises pour tous, toutes les choses ne sont pas mauvaises pour tout le monde, que la "bonne bouffe" est – encore – un truc de riches-qui-ont-le-temps et surtout, surtout, qu’il faut nous laisser vivre (et mourir) comme les adultes responsables que nous sommes.
Oui, oui, j’ai bien dit responsables. Moi, si je mange un sachot de frites préalablement trempées dans la mayonnaise, je suis responsable de mon acte que je sais mauvais pour moi. Si je fume comme un pompier, je suis responsable aussi. Et j’assume, y compris le risque que je fais encourir à vos deniers.
Je n’ai même pas envie de faire le décompte de ce que d’autres font au détriment de mon budget ‘sécurité sociale’ (si si, c’est le mien aussi). De toute façon, il ne sera pas exhaustif.
Sachez seulement que je n’ai pas les moyens de partir en voyage. Ni ceux de rouler en grosse cylindrée. Ni ceux de mettre une sono "boum boum" dans ma petite cylindrée. Ni de payer une surtaxe sur mes produits "Lidl" (sinon, j’irais chez mon épicier bio…). Que mon budget shampoings et lessives a doublé depuis que je travaille en ville. Que je suis aphone à chaque pic d’ozone.
Et sachez surtout que oui, je suis pour une société solidaire. Je suis même de ceux qui luttent pour ça. Et que oui, je sais que mes vices vont peut-être lui coûter un pont. Mais que non, je ne me sens pas coupable.
Je me sens coupable quand je crains de laisser mon fils aller seul faire les courses par peur des regards des voisins. Quand je n’ose pas manger une crasse en rue parce que je crains les remarques du genre "celle-là, elle n’arrange pas son cas". Quand je suis gênée d’obliger le petit à dire "bonjour" et "au revoir" sous les regards outrés des clients du magasin, qui me disent "Mais laissez, madame, il n’a pas envie". Quand il fait très chaud et qu’il me dit, paniqué, "Ca y est! c’est le réchauffement climatique!".
Quand je lui explique ce qui est bon pour lui et ce qui ne l’est pas (et pourquoi) et que je me dis "mince, j’essaye de faire un adulte responsable et ma société va l’infantiliser toute sa vie".
Et quand il a peur parce que je fume, oui. Même quand il me le dit la bouche pleine d’un cra-burger du Quick. Mais bon. D’autres se chargeront de lui expliquer tout ce qu’il risque à manger des crasses, n’est-ce pas?
Ah oui, à propos, il faut que je précise: le débat partait d’un article sur les gros. Vous savez, ces vilains-pas-beaux qui le font exprès en ne bouffant, pour quatre, que des crasses (et vous savez quoi? Y en a même qui fument, en plus!)…
"Tu devrais tenir un blog"
juillet 25, 2010
12839 fois, au moins, on m’a dit: "Tu devrais écrire", "Tu as un site?", "Tu devrais tenir un blog". Et 12839 fois au moins j’ai commencé à écrire, dans un tout nouveau blog ou non. J’ai abandonné autant de fois.
Pourtant, écrire, c’est mon truc. C’est même en grande partie mon métier. J’aime ça. Je crois même que je le fais assez bien, en moyenne (parfois très bien, souvent bien, parfois très mal). Mais voilà, je n’aime pas les contraintes. Elles me rendent paresseuse. Alors, le boulot mis à part puisqu’il faut bien vivre, dès que je m’impose une certaine régularité boum! je n’ai plus envie. Ou pire, je ne suis plus inspirée.
Et puis maintenant, il y a Facebook! C’est super, Facebook, on repère tout de suite son lectorat, on a un feed back quasi immédiat, on fait boule-de-neige dès qu’on plaît. Gratifiant!
Alors pourquoi reprendre ce blog, un an après? Eh bien parce que je suis têtue. Parce que je ne sais tellement pas la fermer que si je dois retrouver ailleurs ce que j’ai écrit, j’en ai pour des siècles de recherches.
J’y mettrai ce que je mets ailleurs et que je veux garder. Ou je mettrai ailleurs ce que je mets ici.