Une mauvaise blague
décembre 19, 2010
Hier, j’ai fait une mauvaise blague. De mauvais goût et tout. J’ai osé dire, sous un article concernant la maman de monsieur Vande Lanotte, je me cite:
Ah oui mais non hein! Un mort dans la rue, un mort là-haut! On la joue win-win, sinon c’est pas honnête! Allez, les gars, il nous faut encore deux mères!
(Ben quoi?)
Pour être sincère, j’ai hésité à publier. Et puis je l’ai fait en me disant "on va voir". Et j’ai vu. On m’est bien bien tombé dessus.
Bon, je passerai sur le fait que n’importe qui qui me lit un tout petit peu devrait savoir que je n’ai jamais souhaité la mort de personne, même pas celle de gens pour lesquels beaucoup la réclament à hauts cris. Je me fous un peu de ce qu’on peut penser de moi, je me fous encore plus de ce qu’on peut dire de moi en sachant très bien que, me connaissant, on n’en pense pas un mot (oui, parce que pour ceux qui ont suivi la publication sur mon mur, les commentaires qui l’accompagnent ne sont rien à côté de messages que j’ai reçus).
Ce qui me choque, moi, et vous commencez à le savoir, ce qui me fait honte même, c’est cette barbarie de notre société qui laisse des gens crever dans nos rues. Il y a déjà eu des morts cet automne. Il y en aura encore cet hiver. Et ça, on le sait tous. Et non seulement peu s’en offusquent (bien trop peu!) mais en plus on laisse dire partout des trucs immondes du style "Ils n’avaient qu’à pas venir" ou pire: "Arrêtons de les aider, nous d’abord!".
Donc pour faire bref: on a d’une part des gens qui vont mourir parce que notre société a décidé de ne pas leur sauver la vie (oui oui, a décidé) et d’autre part ma blague de mauvais goût. (Oui, c’est un peu réducteur, mais bon, c’est mon blog :p).
Et comme par hasard, ceux qui me tombent dessus avec le plus de hargne parce que ce que j’ai dit est "lamentable", "immonde", "médiocre" et j’en passe sont ceux qui n’ont jamais, jamais appuyé le moindre de mes propos sur la situation des gens à la rue. Parmi eux, certains ont même écrit certains des trucs immondes dont je parle plus haut.
Alors moi, je veux bien reconnaître que si monsieur Vande Lanotte me lisait, j’aurais vraiment déconné. Je veux bien reconnaître qu’une maman, c’est sacré (en tout cas la mienne). Par contre qu’on s’offusque de ceci et pas de cela, non, désolée, ça, je ne peux pas le comprendre. Ce que je regrette, dans cette "affaire", c’est que j’avais beau m’y attendre, ça me désole quand même.
J’ai testé pour vous des commentaires dans la DH
décembre 10, 2010
J’ai appris qu’on n’était plus un Homme quand on est étranger.
Ou alors c’est tout le contraire: on est un surhomme, quelqu’un pour qui la douleur est moins douloureuse.
Ce qui est sûr, c’est que quand on est étranger et qu’on souffre et qu’on meurt, eh bien, c’est pas grave.
Quand on est un étranger candidat réfugié économique, c’est même bien.
En fait, on est un Homme quand on est belge et donc victime de la société qui ne fait rien qu’à aider les étrangers et que eux.
Enfin, moi, j’y connais pas grand chose en douleur et en aide de la société.
Mais à en croire les commentateurs de cet article en tout cas (http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/335134/encore-un-sdf-retrouve-mort.html), ici, on a laissé crever un Belge exprès, parce qu’on préfère loger des étrangers dans des hôtels de luxe.
Mais c’est pas de bol, parce que dans les gares, c’est une minorité de Belges, y a plein d’étrangers (euh, sans doute parce que ces sauvages n’aiment pas les hôtels de luxe qu’on leur propose?). Ca doit être pour ça qu’on ne les aide pas: on ne les voit pas!
Enfin, voilà. J’espère que vous non plus, vous n’avez rien compris. Pas comme ces gens, qui connaissent même la nationalité de la victime sans qu’on ne la leur ait dite!
Là, je vais essayer d’intégrer la notion d’ "authentique sdf". Je reviens vous dire quoi.
Euh… ou pas.
A mort tout le monde!
décembre 6, 2010
Donc ce week-end, un bijoutier s’est fait braquer. Il a tiré, tuant un des deux complices de la chose, laissant l’autre en vie, apparemment pour le plus grand malheur de beaucoup (trop) de monde.
Je ne vais pas revenir sur des faits que je ne connais pas. Et quand bien même je les connaîtrais, je ne reviendrais pas dessus. Je suis de ceux qui font, pour l’avoir beaucoup fréquentée (du bon côté de la barre, je vous rassure), confiance en la justice. Un tribunal, ça juge des faits qu’il connaît (contrairement à tous ceux qui n’assistent pas au procès), mais pas que des faits. Du moins en Belgique. Ca condamne une personne. En tenant compte de ses éventuels antécédents, circonstances atténuantes, risques pour la société et potentialités d’avenir. Et pour moi, c’est heureux.
Je vais m’attacher au braqueur survivant.
Parmi ceux qui hier ont encore saisi ce drame comme une énième opportunité de déverser leur morgue pour soulager le poids de leurs vies, de réclamer la mort du gars et d’agrémenter le tout de propos aussi crétins que "Je préfère les chiens" ou aussi spécieux que "Et si c’était un proche à toi qui était menacé?" il y en a qui ont avancé un argument qui me laisse pantoise: "Il pourrait récidiver, y a des risques qu’on ne doit pas prendre. A mort! A mort!".
Alors ok. Faisons ça. Eliminons de la surface de la terre tous ceux qui ont déjà mis la vie d’autrui en danger (excès de vitesse, cotabagie, braquages qui ont "bien" tourné, alcool au volant, bagarres…). Eliminons aussi tous ceux qui pourraient péter un câble et s’en prendre à l’intégrité physique d’autrui.
Eliminons tout le monde.
Euh oui, même les chiens (je sais, je suis dure).