samedi 1 octobre · 12:00 – 18:00

Auberge espagnole: apportez  des boissons, du pain, du fromage, des salades, assiettes, couverts, gobelets… du charbon et si vous pouvez, un barbecue

!!!!! PAS DE BARBECUE!!!!! PIQUE-NIQUE!!!!!

Une fête de la solidarité, familiale et conviviale. Ca sera bien! Venez, partagez ce lien! 

Venez en famille, avec des amis, seuls ou nombreux, quelques minutes ou quelques heures!

Rom Pride européenne à Bruxelles – Rassemblement convivial et solidaireplace Gaucheret à Schaarbeek

Signez aussi ceci, si vous approuvez. Et diffusez: http://www.lapetition.be/en-ligne/Roms-stop-a-l-incurie-10451.html

Pour un après-midi musiques et barbecue qui sera ponctuée d’interventions citoyennes, de prises de paroles et de moment de partage d’idées en vue d’une action en faveur de ces familles qui ne demandent qu’à s’insérer dans le tissus social et économique de notre ville.

Faites passer le mot, amenez de la viande, des barbecues, du charbon, la nourriture et la boisson que vous aimeriez partager.

Appel lancé par des citoyens indignés soutenus notamment par Bruxelles Laïque, la Ligue des droits de l’Homme, Médecin du Monde, le Délégué général au droit de l’Enfant, le Comité de promotion de la Charte Mondiale des Migrants, Sans-Papier Belgique…

Extrait du collectif européen : « Quelques jours, mois ou années après les insupportables violences racistes subies par les Roms sur tout notre continent, le samedi 1er octobre sera le «Stonewall rom européen». Ce jour-là, nous, responsables de la société civile européenne antiraciste et rom, allons assumer nos responsabilités et crier avec force et détermination: «Dosta !», «Assez !». Avec fierté et espoir en une Europe débarrassée du racisme, de l’antisémitisme et de toutes les discriminations raciales, nous allons marcher pour la première Roma Pride. Nous en avons assez des stéréotypes racistes, assez des discriminations raciales permanentes, assez de la marginalisation forcée, assez des violences quotidiennes, assez du statut de bouc émissaire, assez des meurtres racistes qui touchent les individus ou communautés roms au cœur de notre continent depuis trop longtemps, assez !Ensemble, avec de nombreuses organisations de la société civile, des citoyens engagés célèbres ou anonymes, puissants ou faibles, nous allons défiler au cœur des capitales européennes pour faire mieux connaître et pour dénoncer le racisme et les discriminations raciales dont sont victimes les Roms, aujourd’hui, à travers toute l’Europe. A l’occasion d’événements culturels, nous partirons à la rencontre de tous ceux qui souhaitent mieux connaître la diversité des cultures, des identités, des histoires et des mémoires roms, bien loin des stéréotypes et clichés éculés. Par notre action commune, nous ferons vivre le rêve européen et la valeur d’égalité qui le fonde. Notre revendication sera donc simple et claire : l’égalité des droits et l’égale jouissance des droits pour tous les individus vivant en Europe. En un mot, la dignité.Ainsi, nous mènerons une coalition européenne de solidarité et d’idéal de la Norvège à la Turquie, de la France à la Lettonie, en passant par la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie et bien d’autres pays européens pour clamer haut et fort : Roma Pride ! »

Sinds enkele weken, maanden voor sommigen, worden zigeuners aan hun lot overgelaten in de Brusselse straten. Mannen, vrouwen, kinderen en baby’s die er proberen te overleven met de hulp van medemensen en organisaties die hiervoor hemel en aarde verzetten.

Deze mensen zijn hun landen uitgevlucht, landen die de Europese Unie tot nog toe enkel formeel heeft veroordeeld voor de handelingen die zij voorbehouden aan deze gevestigde volkeren die vluchten naar andere oorden, die zij beter achten.

Alle informatie over deze mensen, over hun situatie en noden bij ons zijn terug te vinden op deze blog. Ik ga hier niet verder over uitweiden.

Deze brief is gericht aan allen!

Aan onze verkozenen:

Buiten één of andere groene militant heb ik niemand gezien die deze zigeuners een hart onder de riem kwam steken, laat staan om te geven wat ze konden missen. Misschien zijn er wel anderen geweest, aan deze mensen sorry voor mijn onwetendheid.

Tegenover de verbazingwekkende stilte van alle anderen, tegenover het gebrek aan duidelijke antwoorden en standpunten (zowel in de ene richting als in de andere), aan deze mensen wens ik een aantal zaken voor te leggen;

-         Aan die mensen die bij elk drama waarbij onze medeburgers betrokken geraken onmiddellijk ter hulp rennen (en gelukkig maar), aan diegenen die onze gezinnen steunen, die onthaalcentra openen, die de wonden verzorgen, die moedig het onstuimige weer trotseren, die heroïsch hun grenzen verleggen van zodra een trein of een metro ontspoord; wat is jullie definitie van ‘mensheid’? Wie moet men onderbrengen in de categorie van ‘mensen’? Wie in de categorie van ‘afval’?

-         Kunnen jullie zweren dat dit alles niets te maken heeft met één of andere nakende verkiezing? Dat jullie door één of andere onbekwaamheid hier onmogelijk iets aan kunnen veranderen. Vertel me dat ook jullie geen medeburgers zijn die anderen in nood moeten helpen.

-         Vertel me wat de echte problemen zijn van de ‘mensen’ waarover u maar door blijft rammen? Vertel me wat mensen dan wel zijn?

Anwoord mij. Antwoord ons. Antwoord hen. Vertel ons iets. Of beter nog, handel !

Ik denk niet dat u ons bestuurd, u breekt ons af. U bent nog meer verachtelijk dan de mensen waartoe ik me hieronder richt. Mensen die noch uw kennis, noch uw macht hebben. Mensen die hun woede ten opzichte van uw slordigheden op hun manier proberen te uiten. Mensen die door uw lafheid (hopelijk niet uw wreedheid) de grond worden ingeboord en samen met hen onze hele maatschappij.

Zij die vooropstellen dat we ons moeten bezighouden met “onze “armen en niet met die anderen, die dieven die onze maatschappij pluimen, die onverantwoorde mensen die hun kinderen gijzelen om ons beter op te lichten.

Ondanks het feit dat ik verbijsterd ben door uw naieve gedachte dat als we die mensen niet helpen, uw problemen meer kans hebben om opgelost te geraken, kan ik u enkel aanraden om dit, deze samenvatting van mijn gevoel hierover,  te lezen: http://modelenonconforme.over-blog.com/article-j-ai-les-dents-du-fond-qui-baignent-84750396.html

Aan alle anderen:

Dank om mee te leven, Dank om te delen, Dank om uw ongenoegen te uiten. Dank om te geloven dat de waardigheid van een maatschappij schuilt in de bezorgdheid om het geluk van haar leden, van waar dan ook afkomstig.

Dank om te denken dat een land leiden niet anders is dan het hoger te tillen.

Dank om er nog steeds in te geloven

Een misselijke medeburger.

 

 

Depuis des semaines, des mois pour certains, des Roms sont laissés à l’abandon dans les rues de Bruxelles. Des hommes, des femmes, des enfants, des bébés, abandonnés aux mains de citoyens et d’associations qui se démènent pour leur permettre d’y survivre.

Ils ont fui des pays que l’Union européenne s’est jusqu’ici contentée de condamner formellement pour le traitement qu’ils réservent à ces populations sédentarisées et forcées de fuir vers des mondes qu’elles pensent meilleurs.

Toutes les infos sur ces gens, sur leur situation chez nous et sur leurs besoins se trouvent sur ce blog. Je ne vais pas m’étendre davantage.

Cette lettre s’adresse à tous.

Nos élus:

A part l’un ou l’autre militant Ecolo, je n’ai vu personne venir à la rencontre de ces Roms, se démener, offrir ce qu’il pouvait. Peut-être y en a-t-il eu d’autres. Qu’ils pardonnent mon ignorance.

Face au silence ahurissant de tous les autres, face à l’absence de réponse engagée (dans un sens ou dans l’autre) de tous les autres, quelques petites choses.

- Vous qui vous précipitez (et heureusement) à chaque drame qui touche vos concitoyens, vous qui soutenez les familles, ouvrez des salles d’accueil, pansez les plaies, vous qui bravez courageusement les intempéries, vous qui dépassez héroïquement les limites de vos compétences dès qu’un train ou la météo déraillent, quelle est votre définition de l’humanité? Qui doit-on ranger dans la catégorie "humains"? Qui dans la catégorie "déchets"?

- Jurez-moi que tout ça n’a rien d’électoral. Jurez-moi qu’une question de compétence vous empêche d’agir. Dites-moi que vous n’êtes pas aussi des citoyens qui doivent assistance à personnes en danger.

- Expliquez-moi ce que sont les vrais problèmes des gens dont vous me rabâchez les oreilles. Expliquez-moi ce que sont les gens.

Répondez-moi. Répondez-nous. Répondez-leur. Dites-nous quelque chose. Ou mieux, agissez.

Je pense que vous ne me gouvernez pas, vous me détruisez. Vous êtes plus méprisables encore que les gens à qui je m’adresserai plus bas. Des gens qui n’ont ni votre savoir, ni votre pouvoir. Des gens qui expriment comme ils peuvent leur colère face à vos incuries. Des gens que votre lâcheté (je préfère penser que ce n’est pas de la cruauté) tire vers le bas, entraînant toute notre société avec eux.

Ceux qui objectent qu’"il faut s’occuper de "nos" pauvres et pas de ceux-là, qui sont des voleurs qui ruinent notre société, irresponsables qui prennent leurs gosses en otage pour mieux nous arnaquer":

Outre que je suis abasourdie par votre naïveté de penser que si on n’aide pas ces gens-là, vos problèmes auront plus de chances d’être réglés, je ne peux que vous conseiller la lecture de ceci, qui résume bien mon sentiment: http://modelenonconforme.over-blog.com/article-j-ai-les-dents-du-fond-qui-baignent-84750396.html

Les autres:

Merci de compatir. Merci de partager. Merci de vous indigner. Merci de croire que la dignité d’une société réside dans le souci qu’elle a du bonheur de ses membres, d’où qu’ils viennent. Merci de penser que gouverner un pays, c’est le tirer vers le haut.

Merci d’y croire encore.

Une citoyenne qui a la nausée

BESOIN DE TOUT. EN PARTICULIER:

Des softs. Des fruits. Du lait nan 1 nan 2, des protections périodiques, des langes… De la soupe, des yaourts, des desserts (éviter les bonbons et ce qui donne des caries à coup sûr), couvertures, Thermos, GSM qui fonctionnent, des lessives…

Si vous projetez d’acheter des choses, appelez avant pour connaître les urgences:

Place Gaucheret, Schaerbeek. (0483 440 027, Emmanuelle)

Polygone, Chaussée d’Ixelles 227bis (là, ils peuvent cuisiner) (0476850593 Bilal)

Au besoin, je peux passer prendre, hors heures de boulot, sur Bruxelles cette semaine, sur La Louvière et environs la prochaine. Possibilité aussi autour de Bastogne et du Grand Duché. Laissez un message en commentaire.

Cliquez pour agrandir les photos

Les Roms, un instantané.

septembre 20, 2011

Toute la journée, les enfants, leurs parents, les très jeunes, les très vieux errent sur la place ou dorment pour faire passer le temps et le froid. Autour d’eux, des gens d’organisations, officielles ou non, récoltent les dons, parlent aux médias, observent et protègent.

Le soir, les enfants dorment dans un bus que le Délégué aux droits de l’enfant a fait venir. Moteur coupé, contrairement à celui du combi de police qui est là pour que les forces de l’ordre veillent, entre autres, à ce qu’aucune tente ne soit plantée sur la place pour abriter les adultes.

Il y a de l’eau, du coca et de la nourriture apportée par des citoyens ou des associations. Des couvertures, des valises. Ils parlent, ils disent qu’ils veulent que leurs enfants aillent à l’école. Qu’ils veulent travailler. Ils demandent des couvertures. Se jettent sur les vêtements.

Si on plante une tente, c’est l’évacuation vers nulle part. Et de toute façon, ça finira par une évacuation. Ils le savent. C’est pour ça qu’ils ont demandé des valises.

Une petite fille est tombée malade, hypothermie. Elle a été hospitalisée puis ramenée sur les lieux.

Des passants passent. Certains questionnent. Aucun politique à part toujours les quelques mêmes, épuisés et impuissants.

Pour faire pipi et caca, il y a des WC jusqu’à 20h. Après, c’est dehors, où on peut. Et les reproches parce qu’un Rom, oui, ça fait pipi et caca, aussi.

Il a plu, la nuit dernière. Il pleuvra celle-ci.

Je ne sais plus comment exprimer ce que je ressens. C’est de la honte et du mépris. Vous qui dirigez mon pays, je vous trouve minables. Couards. Tout, tout, tout petits. A tous les niveaux de pouvoirs. Pas une prise de parole engagée, pas un discours officiel. Votre silence affligeant.

Minables.

Exigeons une réponse. MAINTENANT! POUR AUJOURD’HUI!

Ou écoutons leur silence, mais ne nous plaignons plus jamais.

"… à la gare du Nord, c’est pas un lieu euh non plus, ça posait de plus en plus de problèmes, ils étaient de plus en plus nombreux, sans aucun point eau, sans accès à des sanitaires, euh, je ne vais pas donner de détail sur la manière dont ça se passait là… c’est clair que l’extérieur n’est pas mieux non plus,  mais voilà." (Cécile Jodogne, Bourgmestre FDF de Schaerbeek)

"La Ville de Bruxelles n’a ni été prévenue, ni sollicitée. "Trouver une solution de relogement dans la journée n’a par conséquent pas été envisageable." (un porte-parole du bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans)

https://www.facebook.com/notes/durant-isabelle/r%C3%A9ponse-%C3%A0-ceux-qui-ont-mal-de-savoir-que-des-familles-et-des-enfants-dorment-deh/10150323281468706 (Isabelle Durant, députée européenne Ecolo)

Rudy Demotte je suis bien évidemment sensible à cette population, déjà suffisamment stigmatisée par l’histoire et les préjugés. Les solutions sont complexes et la cause racine des nouveaux problèmes liés à l’afflux de nouvelles populations en Europe Occidentale aujourd’hui réside dans la pauvreté croissante de certains pays d’Europe Centrale et orientale.

Catherine Fonck
Des enfants Rom, cette nuit encore, vont dormir dans la rue à Schaerbeeck après avoir été expulsés de la gare du nord. Je suis favorable à une politique d’immigration humaine, encadrée et juste…mais peut-on accepter en Belgique au 21e siècle que des enfants et des bébés restent dehors toute la nuit comme du bétail ? Il faut que les différents niveaux de pouvoir se voient en urgence avec les différentes associations pour trouver une solution!

On a beau s’y attendre, on a beau savoir que des gens seront bientôt expulsés d’un préau vers nulle part, on a beau l’annoncer à grands cris… un matin, on se réveille et on apprend que c’est fait. Et on a la nausée. Incrédulité. Ils l’ont fait ou laissé faire.

Je vis dans un pays dont les lois m’obligent à secourir mon prochain et dont le législateur le met à la rue. Des familles. Des enfants. Des bébés. Des femmes enceintes. A la rue.

Le 19 septembre 2011. En Belgique.

Pays qui pinaille depuis un an et demi sur des "problèmes" communautaires. Pays qui depuis quelques jours s’auto-congratule de les avoir "réglés".

Pays dont les dirigeants m’expliquent que "c’est compliqué", que "ce n’est pas de notre compétence". Pays de merde.

Qui laisse crever des gens à la rue. CREVER DES GENS A LA RUE.

Parc Maximilien( près de la gare du Nord, on ne sait pas combien de temps). Polygone (227 bis chaussée d’Ixelles). Et partout. Des gens à la rue. Qui n’ont RIEN. Merci de nous aider à leur montrer qu’il y a encore de la dignité dans ce pays. Ils ont besoin de tout. Et surtout de tentes et de couvertures.

Pour les dons: Bilal 0476850593

Certains diront que quand je ne radote pas, j’écris des évidences… mais ce que j’ai lu aujourd’hui a achevé de me convaincre que la sacro-sainte transparence et son amant le devoir d’informer sont en train de tuer ce beau métier de journaliste que j’ai pourtant longtemps regretté (et que je regrette parfois encore, ça se sent, je crois).

Du moins la transparence et le devoir d’informer tels qu’on nous les vante (vend) aujourd’hui dans bien trop d’articles.

"Si nous publions cette vidéo, c’est dans un souci d’information". "Si nous révélons cet élément, c’est parce que nous avons le devoir de vous informer"…

Ces phrases nous ont justifié ces derniers temps:

- des photos d’un DSK menotté même si présumé innocent,

- la vidéo d’une bourgmestre en train de froucheler dans un lieu public,

- quelques révélations sur les négociations gouvernementales belges,

-…

- et aujourd’hui la publication de l’adresse d’un couvent qui se propose d’accueillir Michèle Martin si elle obtient une libération conditionnelle.

Avec pour conséquences:

- le viol d’une règle qui veut que chez nous, on ne peut pas publier des photos d’un homme présumé innocent menotté et partant, le non-respect de sa présomption d’innocence,

- l’humiliation d’une femme, d’un homme et de leurs proches,

- le capotage de négociations.

- Pour Martin, je ne sais pas encore, mais son avocat l’a dit et répété: si elle a essuyé un premier refus, c’est à cause de cette médiatisation. Et ça, les journalistes le savent pertinemment. Quand la DH a publié ces infos dans le détail sur la nouvelle demande de libération en demandant sur FB "Etes-vous pour ou contre?", elle savait qu’elle empêchait la justice de faire son travail sereinement. Un lecteur m’a d’ailleurs expliqué que dans un premier temps, elle avait même écrit quelque chose comme "Espérons que ça n’aboutisse pas".

J’ai toujours pensé que le journaliste devait rester conscient de son influence et même qu’il avait un certain devoir d’éducation. Et qu’éduquer, c’était aussi garder à l’esprit que ce qui intéresse les gens ne les regarde pas forcément. J’ai toujours cru que le journaliste avait une déontologie. Qu’il était même garant d’une certaine éthique. 

Et que quand il écrit quelque chose, il "fait l’information". Comme il la fait quand il décide d’offrir une tribune à BDW, y compris aujourd’hui en lui demandant son avis sur des négociations auxquelles il a refusé de participer, ou de la refuser au Belang. Comme il la fait quand il décide que BHV est un grave problème prioritaire. Comme il la fait aussi, soyons de bon compte, quand il médiatise le sort de Roms abandonnés à la rue par les pouvoirs publics.

Je n’ai jamais cru en l’objectivité du journaliste. J’ai d’ailleurs toujours pensé qu’un journaliste qui se proclamait non-partisan était une chose étrange et décérébrée. Quand on est confronté à l’actualité et qu’on s’y intéresse, on a forcément un avis. J’ai par contre longtemps pensé qu’il fallait tendre vers un maximum d’objectivité, même si le choix d’un sujet et son angle d’approche révélaient à eux seuls une opinion. Aujourd’hui, je ne le pense plus, je rêve d’une presse d’opinion. Mon blog est celui d’une personne de gauche, qui ne s’en cache pas et même qui le revendique. Mais au moins, quand on le lit, on peut le faire avec la distance critique nécessaire.

Je sais que ce métier n’est pas facile. Qu’on n’a pas le temps ni les moyens de le faire convenablement. Qu’on subit des pressions. Que les places sont très chères. Je sais aussi que malgré tout, certains le font bien. Et je ne veux certainement pas donner de leçons. Ce métier, je l’ai connu à une époque où je pouvais refuser de donner le nom ou l’adresse d’un prévenu, de traquer un mec au sortir de sa peine… après en avoir débattu avec mon chef sans que celui-ci me dise "c’est ça ou la porte" (jusqu’au jour où ça a été la porte).

Simplement, je me demande. Quel sens il a encore, ce métier. Quel respect certains de mes anciens collègues ont encore de leur métier. D’eux.

!!!! EVACUES CE LUNDI 19 SEPTEMBRE! FAITES CIRCULER L’INFO!!!! ILS SURVIVENT DESORMAIS AU PARC MAXIMILIEN, D’OU ON LES MENACE DEJA DE LES VIRER. PENDANT CE TEMPS, NOS DECIDEURS ANALYSENT UN ACCORD COMMUNAUTAIRE DANS VOS POSTE DE TELEVISION.


Cliquez sur les photos pour les agrandir

Pour les dons: Bilal 0476850593  !!! URGENT! BESOIN DE TENTES! ILS VONT ETRE RENVOYES VERS UN PARC!!!

Ces Roms, des familles avec enfants, bébés et femmes enceintes, vivent à l’arrière de la gare du Nord, dehors, abrités sous une saillie de bâtiment. Depuis des semaines, voire des mois. Ils sont nourris et vêtus grâce à la solidarité de citoyens, puisque les pouvoirs se renvoient la balle "trop chère" et "trop compliquée" à gérer pour eux. Tout ce que les associations de citoyens demandent, c’est qu’un des (très nombreux) bâtiments publics inoccupés leur soit ouvert. Le reste, à force de pallier les carences de nos pouvoirs, qui refusent de consacrer une partie de nos deniers à la défense de la dignité humaine, violant ainsi nos lois les plus souveraines, elles le gèrent.

Ils sont depuis peu menacés d’expulsion vers un parc voisin, où ils n’auront même plus de quoi s’abriter de la pluie. Après, ils en seront probablement chassés, comme ça a déjà été le cas l’an dernier. Et dirigés vers nous, vers vous, pour qu’ils puissent survivre ailleurs.

Jean-Michel Javaux, Co-président d’Ecolo, a répondu à l’article précédent. Voici son message:

Bonjour Anne, j’ai lu plusieurs fois votre/ ton blog. Je suis tout à fait d’accord sur ce constat d’indécence. Je te rappelle qu’à mon époque de presidence du Conseil de la jeunesse en 97, nous avions avec plus de 80 organisations de jeunesse rejoint le Mouvement de Regularisation qui demandait une Loi avec des criteres clairs et une régularisation du passé qui avait été portée par le gouvernement Arc en Ciel en 2000. Depuis 2003, la situation sur le terrain est de nouveau catastrophique. Ecolo fait son travail d’opposition au Parlement Federal et tu sais probablement que si nous participons aux negociations institutionnelles, nous ne participons actuellement pas à d’auts négociations et sommes toujours dans l’opposition au federal. Je regrette que nous soyons bloqués depuis autant de mois sans etre en mesure de pouvoir peser et changer la situation socio economique, environnementale, d’accueil ou de lutte contre les pauvretés. Apparemment d’autres acteurs (et electeurs) politiques ont d’autres priorités, je t’invite à les conscientiser sur la situation de terrain. En ce qui me concerne, j’ai suivi de pres la situation a l’Ulb, suis allé à plusieurs reprises rue Royale, à Ixelles ou Etterbeek, de nombreux Ecolos sont actifs partout où ils peuvent, de la commune jusqu’au Parlement où Zoé et les autres parlementaires effectuent un gros boulot.

Lire aussi :

http://josefkaf.wordpress.com/2011/09/07/sos-roms-ixelles-suite-mais-pas-fin/

http://www.sophiebrouhon.be/billets-dhumeur/lart-dignorer-les-pauvres-lettre-au-secretaire-detat-mr-p-courard.html

Pendant que vous négociez l’avenir de notre pays à coups de slogans communautaires, des gens, de plus en plus de gens, sont à la rue.

Certains errent de squat en squat, d’autres "campent" derrière la gare du Nord. Des adultes, des enfants. Parmi eux, beaucoup de Roms venus de pays où – faut-il vous rappeler les déclarations européennes à ce sujet? – ils sont maltraités.

Cela fait des années que ce dossier "immigration" est en attente d’un certain courage politique. Ca fait des années que des associations citoyennes – et certains membres de vos partis ainsi que des travailleurs de terrain – permettent à ces gens de survivre au froid, à l’humidité et à la crasse.

Je serai brève. Les articles ci-dessous illustrent les conditions de survie dont je parle.

Prenez vos responsabilités, vous qui êtes si prompts à utiliser ces mots.

Je veux qu’en tant que décideurs, en tant que présidents de partis, vous preniez la parole sur ce dossier, qui est aussi de votre compétence. Que vous alliez à la rencontre des associations qui, à force de se voir confier cette problématique, ont développé de nombreuses compétences et idées.

Et si vous n’avez pas l’intention de secourir ces gens qui sont en danger MAINTENANT, allez les trouver. Et dites-leur en face:

- Que la notion d’assistance à personne en danger ne vaut pas pour eux.

- Que les Droits de l’Homme, la dignité humaine, sont des notions obsolètes.

- Que les Droits de l’Enfant ne vous concernent pas.

- Que l’Europe n’a pas l’intention d’agir dans leurs pays d’origine pour qu’ils puissent y vivre en paix.

- Qu’il n’y a pas de bâtiments publics inoccupés. Que d’ailleurs, la loi de réquisition n’est plus d’application.

- Que nous n’avons pas les moyens. Que c’est compliqué.

 

Lire aussi http://www.lalibre.be/actu/international/article/684547/la-tension-monte-envers-les-roms.html

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