Comprendre
mai 24, 2012
L’Homme est capable du meilleur. Et du pire.
Le pire, on le voit tous les jours. Tous les jours, des hommes, des femmes et des enfants meurent de manière aussi injuste qu’évitable. Tous les jours, on a l’occasion de se dire "C’est monstrueux".
Quand ça arrive chez nous, après un sinistre feuilleton de 3 jours, nous sommes plus nombreux que jamais à saisir cette occasion.
Une mère a tué son enfant. Tenté de nous faire croire qu’il avait disparu, fini par avouer. Avouer l’inimaginable pour la plupart d’entre nous, qui ne savons même pas comment nous survivrions à la mort accidentelle de nos enfants.
Aujourd’hui, on nous a dit l’insupportable. Une enfant était morte. Et avant même de savoir comment, des gens se sont une fois de plus jetés sur celle qu’ils déclaraient coupable avant que quiconque ne sache qui l’avait tuée. Et quand on l’a su, la vague a grandi.
Une vague de haine terrible. Qu’on peut certes comprendre. Qu’on peut certes laisser à sa juste place: des écrits sur Internet, qui en resteront probablement là.
"Qu’on lui fasse pareil!" "Qu’on la fasse souffrir!" "Qu’on la pende!" "C’est un monstre!" "C’est inhumain"…
Eh bien si. C’est humain. L’Homme est capable du pire. Et si on ne se décide pas à se souvenir qu’il l’est aussi du meilleur, et à le faire, on n’en finira jamais.
Une femme a tué son enfant. Pour des raisons qui dépasseront toujours la plupart d’entre nous, malgré la vérité judiciaire. Pour des raisons humaines cependant.
Refuser de l’admettre, décider de ranger des gens dans la case "Inhumains" pour pouvoir s’en débarrasser, fermer les yeux et passer à autre chose, c’est refuser de comprendre. Comprendre pour prévenir.
La haine ne peut mener qu’à la haine. La vengeance ne ramènera jamais personne à la vie. Elle en prendrait une de plus. Une qui pourra nous aider, peut-être, à en sauver d’autres.
Les deux tiers de ma vie
mai 21, 2012
Hier, dans un énième débat télévisuel sur le chômage, on a pu assister à un phénomène inédit: pour une fois, personne sur le plateau n’a osé affirmer que la dernière mesure en date était une bonne idée.
Au-delà de ça, on a eu droit aux lieux communs habituels sur l’encadrement déficient des chômeurs, la pénurie de formations, leur qualité parfois douteuse et ces secteurs en mal de main d’oeuvre.
Systématiquement cités en exemples, les métiers du bâtiments et celui d’infirmier.
Le raisonnement est simple, voire simpliste: on manque de maçons, on manque d’infirmiers, formons des maçons, formons des infirmiers.
Soit. C’est imparable. C’est mathématique.
Mais outre qu’une fois de plus le débat ait négligé certaines catégories de chômeurs et certains freins à la recherche d’un emploi (notamment le manque criant de structures d’accueil pour les enfants et le coût de celles qui existent), il est encore passé à côté d’une notion fondamentale à mes yeux: le plaisir.
Nous passons deux-tiers de notre vie au travail. Et nous n’avons qu’une seule vie. Et si certains ressentent une satisfaction au simple fait de se lever tous les matins pour aller travailler, ce n’est pas le cas de tout le monde. Ce n’est pas le mien.
D’aucuns m’objecteront que je dois être responsable, que "dépendre de la société" en touchant ses allocations est avilissant et que profiter de ceux qui travaillent est dégradant.
Je peux comprendre ce qu’ils entendent par là. Je peux comprendre qu’il soit râlant d’aller chaque matin gagner à peine de quoi finir le mois ET fournir leur pitance à ceux qui ne le font pas.
Mais du haut de mes 15 ans de vie active, et pas toujours dans des métiers qui me plaisaient, je considère que je suis d’autant plus en droit de réclamer du plaisir que je vis dans un pays qui, parce qu’il refuse d’en prendre les moyens:
- ne crée pas d’emplois dans des domaines qui me plaisent, pour lesquels je suis formée et qui sont, de l’avis de tous, l’urgence (le fameux non-marchand)
- ne m’offre pas la possibilité de trouver un travail qui me permette de gagner suffisamment pour vivre
- maintient l’accès aux études très difficile pour certains (du fait de leur coût, mais aussi du fait des manquements criants de notre société en matière d’intégration – politiques sociales, éducation… -)
- tente chaque jour de me culpabiliser alors qu’il sait pertinemment ce qui précède
- …
Ce qui est avilissant à mes yeux, c’est de jouer dans ce jeu-là.
C’est d’accepter de passer deux tiers de ma vie dans un boulot que je n’aime pas et l’autre tiers à me demander comment payer mes factures.
Ce qui serait avilissant à mes yeux, c’est de foncer vers la fin de ma vie, ma seule vie, aveuglée par des discours qui veillent chaque jour à me faire passer à côté de l’essentiel au nom de ma (!) responsabilité.
Toi y en a vivre chez bwanas? Toi y en a apprendre…
mai 10, 2012
Je vous livre l’article et la brochure en français.
Et puis je vous laisse méditer là-dessus, bwanas…
Moi, je suis sans voix. Comment a-t-on osé publier ça? Comment a-t-on osé attendre qu’il y ait une opportunité de scandale supplémentaire pour s’offusquer? (Ah mais je suis bête, personne ne savait que ça se préparait!)
Mais dans ce pays, apparemment, on ose tout. Surtout quand il s’agit d’être humains sans défense. Des genre de sous-hommes, quoi. Sales, violents, bruyants, idiots… Qu’il faut éduquer. Prendre "par le collier" comme disait De Coninck à propos des chômeurs.
Voilà notre pays. Voilà la Belgique. Un pays qui, à l’instar de ses voisins européens, engoncé dans ses lâcheté, glisse petit à petit dans cette tendance de moins en moins insidieuse à catégoriser les gens en deux groupes: les humains et les humains, mais moins (et du coup, notez, moi aussi j’ai tendance à le faire. ‘Faut juste inverser l’intitulé des colonnes).
Et demain, les élections. Et bien sûr, là aussi, tout le monde s’étonnera.
En Belgique, on manque d’emplois. Et ce n’est pas moi qui le dis (ici pour la Wallonie), même si je l’ai déjà dit.
Mais bon, c’est pas grave, Monica De Coninck, ministre… socialiste (oui, encore) de l’emploi, a décidé qu’il fallait diminuer les allocations de chômage pour, je cite la Libre, "inciter les chômeurs à trouver plus rapidement un emploi".
Je ne vais pas ici redire qu’une allocation de chômage, c’est insuffisant pour vivre. Et que pour trouver un emploi, il ne suffit pas de le vouloir. Et que vouloir un emploi, ce n’est pas un truc inné. Je l’ai déjà fait.
Je n’ai même pas envie de parler de ce taux de cohabitant, apparemment le premier touché par la mesure. Nos candidats se chargeront de dire que ce statut est absurde. Ils le font avant chaque élection.
Je me contenterai de dire à Madame De Coninck qu’il n’est pas possible de trouver un emploi plus rapidement si on ne crée pas de l’emploi plus rapidement.
C’est quand même assez élémentaire, comme raisonnement. Un gamin de deux ans sait que quand le gâteau est fini, il n’y a plus de gâteau.
Et un gamin de deux ans sait aussi que si maman le voulait, elle irait chercher au magasin de quoi refaire du gâteau (sauf si elle est chômeuse et qu’on est le 10 du mois). Et un jour, elle lui apprendra à faire du gâteau. Avec patience, amour et confiance.
Et même, un gamin de deux ans, il sait que s’il râle bien fort, il parviendra peut-être à convaincre maman (on attend quoi, franchement?).
Hier, on nous annonce que pour lutter contre la mendicité, il faut mettre les mendiants au cachot. Aujourd’hui, on nous dit que pour trouver un emploi inexistant, il suffit de le vouloir.
Même un gamin de deux ans, on n’ose pas se foutre de lui comme ça.
Les mendiants et le bourgmestre socialiste
mai 9, 2012
Dorénavant, à Liège, les mendiants pourront être arrêtés administrativement s’ils mendient en-dehors des horaires impartis. Ils seront relâchés dans les 12h, mais, propose le procureur Danièle Reynders, "une demi-heure après la fermeture des commerces".
Les journaux relayent l’info, certains allant même jusqu’à s’en réjouir. Ainsi, la Meuse titre "Enfin la parade contre la mendicité en Centre-Ville?". Le bourgmestre (Willy Demeyer, un… socialiste) y déclare: "Une fois que le filet social a été déployé, la mendicité répétée devient un trouble public qui agace fortement la population. Et elle ne peut pas contrecarrer tous nos efforts pour l’attractivité commerciale de Liège. "
Ainsi donc, "Le filet social a été déployé". Mais c’est bien connu, les filets, c’est plein de trous. Et les trous, ça laisse passer les plus petits. Mais donc, on pourrait se demander en quoi un filet est social s’il laisse passer les plus petits, mais on ne va pas pinailler…
Ainsi donc, la mendicité agace. Ben oui. Surtout en période préélectorale. Et puis c’est vrai, un mendiant, c’est pas souvent beau, du moins pas très soigné. Et ça vous renvoie vite fait un pouvoir communal à son incurie. Le nez dans son caca, boum!
Ainsi donc, l’attractivité des commerces prime sur tout. Ben oui. Surtout en période préélectorale. Parce qu’un mendiant, c’est bien connu, ça vote rarement. D’autant que ça n’a pas trop la notion du temps. Mais donc, on pourrait se demander pourquoi on lui impose des horaires, mais on ne va pas pinailler…
Allez, beau pays! Cachons ces pauvres que l’on ne saurait voir! On en reparlera en hiver, quand Elio Di Rupo viendra remercier sur les plateaux télé les citoyens de prendre ces gens en charge.
Et bon, on interdit bien aux candidats de s’afficher n’importe où. C’est ça aussi, l’égalité!
Ceci dit, Sudpresse a raison. Tant qu’à parader, autant que ça soit joli!
Je hais les fancy-fairs
mai 8, 2012
Petite, on m’y déposait avec un peu d’argent de poche et on venait m’y reprendre à l’heure du spectacle. "On" avait bien compris que c’était insupportable mais "on" avait tout de même le bon sens de venir me voir sur scène.
Après, "on" rentrait en râlant sur ces parents qui vous engueulent parce que vous soupirez alors que le petit est sur scène et bavardent pendant tout le reste du spectacle, sur ces gens qui se lèvent la larme à l’oeil et l’objectif fixé sur leur progéniture, sans aucun souci de ceux qui sont derrière et ne voient rien.
J’avais pêché au canard, gagné des cadeaux-surprises, regardé en bavant mes amis qui avaient plus de sous que moi aller de stand en stand, j’avais été une star intersidérale sur la scène et je m’étais fait engueuler parce que je voulais rester "encore un peu, alleeeeez".
Et je me jurais que moi, quand je serais grande, je serais une bonne mère, j’irais même aider, je tiendrais un stand et je verserais une larme pour mes 7 enfants heureux, épanouis et talentueux.
Je n’en ai qu’un. Et finalement, c’est pas plus mal.
Je hais les fancy-fairs. Je hais le chapiteau trop petit, le bar impossible à atteindre, la bière tiède, les gavages d’enfants, cette obligation de sourire tout le temps à des gens dont on a rien à foutre, comme si on était copains, cette impossibilité de se lever si on ne veut pas perdre sa place.
Je l’ai fait, hein. Et je me suis même dit qu’après tout, certains parents sont rudement sympas et que dans la même galère, on doit se serrer les coudes, au propre comme au figuré.
J’ai même versé une larme une fois.
Quand un papa a tapé sur la gueule de l’autre en plein spectacle des petits, parce que l’autre lui bouchait la vue.
J’en ai ramené plein de souvenirs. De belles photos de bras, de dos, de têtes. Des essuies de cuisine-calendriers de 1984 qui terminent invariablement dans les malles scoutes… ou dans la tombola de l’an prochain, un beau set de rasage et un bon pour une glace gratuite chez plopsaland. J’ai perdu le plateau sur lequel j’avais posé la tarte achet… confectionnée avec amour pour que je puisse en offrir une part à mon fils au prix modique de 2 euros.
Et si j’ai encore un jour des enfants, je crois bien que je militerai pour qu’on crée un fonds "Fancy-fair" pour les parents qui ne veulent plus infliger aux instites dévouées de leur progéniture un jour dans l’enfer des enfants qui braillent, des enfants qui courent partout sauf quand ils doivent le faire sur scène, des mamans qui veulent changer eux-mêmes leurs enfants, de la foire d’empoigne à la descente de scène pour vite vite récupérer son petit, des odeurs de friture du stand qu’il faut tenir et de la directrice surexcitée.
A François Hollande, le moindre mal
mai 7, 2012
Cher François Hollande,
Hier, vous avez été élu président de la république française et j’en ressors soulagée.
Soulagée, parce que vous nous avez évité pire que vous. Soulagée, mais c’est tout.
Hier soir, je suis allée à la grand’messe du PS bruxellois qui, réuni dans un café, se congratulait et me tapotait l’épaule parce que j’évoquais des drames humains qu’une simple clé peut éviter, en applaudissant votre discours un peu minable, un discours aussi fade que votre politique .
Un discours qui certes ne stigmatise pas l’autre, l’étranger, le pédé, l’assisté. Un discours qui certes se veut proche du petit. Mais un discours qui "fera avec", comme le PS chez vous le fait depuis des années, comme le PS chez nous le fait depuis des années.
Moi, sans vraiment connaître le fin du fond de leur politique – puisque nous ne l’avons pas expérimentée -, je rêvais d’un Mélenchon ou d’une Joly. Je rêvais de ces gens qui refusent et condamnent, au risque d’être raillés. De ces gens qu’on dit naïfs parce qu’ils osent dire que non, il ne faut pas "faire avec". Que la puissance d’un système capitaliste qui détruit tout – sauf lui-même – sur son passage ne justifie en rien qu’on l’accepte.
Je rêvais que ce dimanche, l’extrême droite s’écroule en Grèce. Je voulais que les nationalistes ne gagnent rien en Serbie. Je voulais que Marine Le Pen chez vous reste en-dehors de questions qu’elle salit.
Mais ces gens-là, que vos discours condamnent mollement – car, n’est-ce pas, une voix est une voix -, ont aujourd’hui voix au chapitre. Un fichu chapitre de cette Histoire qui se répète. Un fichu chapitre que vous comme Sarkozy, lui plus éhontément que vous, que notre PS comme notre MR, le second plus éhontément que le premier, avez ouvert.
Car si l’extrême droite grimpe partout en Europe, si nos médias se repaissent de questions communautaires, d’Islam et de DSK, si des Roms errent de pays en pays, chassés de partout, si tout cela tombe si bas, c’est parce qu’on ne nous a pas appris à voler.
J’emmerde le point Godwin.
mai 4, 2012
Je suis allée Gare du Nord et j’y ai rencontré… des Roms.
Je vous rassure tout de suite, je ne radote pas, ce ne sont pas les mêmes que l’an dernier. Ce sont de nouvelles familles, avec lesquelles cette fois, j’ai pu en plus discuter longuement, vu que l’une d’elles parlait espagnol.
Ils sont chez nous depuis 4 mois. 4 mois d’errance dans nos rues, puis dans nos gares. Avec un statut "privilégié" de touristes, ce qui veut dire qu’en tant que ressortissants européens, ils ont parfaitement le droit d’être là pendant trois mois, mais ils n’ont droit à RIEN pendant trois mois. Rien pour démarrer une vie, c’est peu. Mais après trois mois, s’ils n’ont pas démarré une vie, ils sont illégaux.
Leurs pays d’origine par contre, où on les persécute, où l’on place leurs enfants dans l’enseignement spécial, où on les relègue dans les faubourgs de villes, où on les bombarde de cocktails molotov, où on les égorge parfois, ont eu droit à des milliards d’euro, après avoir été maintes fois condamnés pour le traitement qu’ils leur réservaient. Des milliards d’euros pour les intégrer. Versés à des pays où souvent, très souvent, l’extrême droite fait fureur.
Des milliards d’euros dont ont ne sait pas ce qu’il est advenu. Ou si, mais bon, on ne leur demande pas.
Donc voilà l’Europe en train de rejeter des gens dont elle condamne le sort. Voilà l’Europe en train de se voiler (volontairement?) la face.
Voilà des gens qui n’ont rien, à qui on n’a jamais donné la moindre opportunité d’avoir quoi que ce soit, qu’on a persécutés (ou qu’on regarde se faire persécuter) au nom de leur origine.
Il nous faut quoi pour ouvrir les yeux? C’est tellement dérangeant de faire des comparaisons? C’est tellement difficile de voir que ceux qu’on regarde vivre comme des animaux ressemblent furieusement à ceux dont on nous a parlé à longueur de cours d’Histoire?
On a peur de quoi? D’atteindre le point Godwin, ce point bien commode pour qui ne veut pas voir? Il nous en coûtera quoi, de voir ce qui se passe?
Les méchants collabos, les gentils résistants. Ca commence maintenant. Deux camps. Deux camps, deux possibilités.
Un choix trop dur à faire.
Sans doute.
Et c’est le figaro: http://www.lefigaro.fr/politique/2010/09/16/01002-20100916ARTFIG00745-roms-les-milliards-de-l-union-europeenne-sous-employes.php
Cher Charles
mai 1, 2012
Cher Charles,
Si je t’écris, c’est parce que tu as raison. L’assistanat est la plaie de notre société. Et même, pas que de la nôtre.
Et puisqu’enfin quelqu’un a eu le courage de le dire haut et fort, je pense que je peux lui offrir mon idée. Je sais que tu en feras bon usage.
Il y a, dans notre pays et dans bien d’autres, un grand nombre de personnes qui n’ont pas appris à prendre leur vie en mains et qui la laissent volontiers entre celles de cet Etat-Providence qui se charge de tout.
Ce postulat de départ n’a rien d’un jugement, c’est un fait. Je ne leur jette pas la pierre, car comme tu le sais, on ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille.
Par contre, et tu en as fait ton leitmotiv comme ton papa avant toi, je pense que chaque citoyen, s’il n’est pas responsable de ses origines, peut l’être de son avenir. Que l’assister sans cesse, c’est lui permettre de se laisser porter et, partant, d’abuser d’un système qu’il faut absolument réformer si l’on ne veut pas tous sombrer.
Le changement vient de l’envie de changement. L’envie de changement vient du besoin de changement. Alors oui, mettons ces gens dans le besoin, cessons de combler ce dernier. Non sans, bien entendu, montrer la voie à ceux qui, soyons encore de bon compte, ne savent probablement pas comment faire. Ne soupçonnent pas que des ressources, ils en ont en eux.
Et pour ça, rien de tel que l’exemple. Si j’ai appris à me débrouiller dans la vie, c’est parce que j’ai vu mes parents faire pareil. Si tu es devenu ce que tu es devenu, c’est parce que ton papa t’en a montré le chemin.
Alors voici mon idée. Elle est un tout petit peu révolutionnaire, mais elle est pleine de bon sens. Elle tient en un mot: solidarité.
Partageons les ressources. Toutes les ressources. Et mettons en présence des gens qui toute leur vie ont montré qu’avec rien, on pouvait faire de grandes choses, comme nourrir ses enfants, les habiller, les conduire à l’école, leur offrir une console à Noël et se payer des caras et des gens qui, complètement désorientés dans leur aisance, ne savent plus que pour consommer, il faut se bouger les fesses.
Donne-toi les moyens de cette politique. Taxons les transactions financières, les fortunes et les revenus immobiliers et prenons cet argent pour engager des sans-emploi et donner aux petits salariés les moyens de cette mission certes difficile, mais pourtant fondamentale pour redonner à notre pays la dignité, la fierté et le bonheur auxquel il aspire et que tu appelles de tes voeux.
Quand l’argent coule à flots, Charles, tu le sais comme moi, on n’est pas armé pour se prendre en mains. On n’en a pas envie, car on n’en a pas besoin et on ne soupçonne même pas qu’on en est capable. Alors fermons le robinet. Les plus nantis diront que tu abuses, certains te traiteront de tous les noms, mais tu sais que leur bonheur est à ce prix et que c’est toute notre société qui en ressortira grandie. Une société pleine de travailleurs qui font un vrai travail.
