Vivre, c’est pas très solidaire

juillet 25, 2010

L’autre jour, sur Facebook, il était question de malbouffe et de la suggestion d’un internaute de taxer davantage « ce qui est mauvais pour nous » que le reste.

Le débat a vite tourné au pugilat entre ceux qui estiment que mal manger, c’est faire sciemment (?) payer à l’ensemble de futurs frais médicaux évitables et ceux qui, comme moi, estiment que si en effet certaines choses sont mauvaises pour tous, toutes les choses ne sont pas mauvaises pour tout le monde, que la « bonne bouffe » est – encore – un truc de riches-qui-ont-le-temps et surtout, surtout, qu’il faut nous laisser vivre (et mourir) comme les adultes responsables que nous sommes.

Oui, oui, j’ai bien dit responsables. Moi, si je mange un sachot de frites préalablement trempées dans la mayonnaise, je suis responsable de mon acte que je sais mauvais pour moi. Si je fume comme un pompier, je suis responsable aussi. Et j’assume, y compris le risque que je fais encourir à vos deniers.

Je n’ai même pas envie de faire le décompte de ce que d’autres font au détriment de mon budget ‘sécurité sociale’ (si si, c’est le mien aussi). De toute façon, il ne sera pas exhaustif.

Sachez seulement que je n’ai pas les moyens de partir en voyage. Ni ceux de rouler en grosse cylindrée. Ni ceux de mettre une sono « boum boum » dans ma petite cylindrée. Ni de payer une surtaxe sur mes produits « Lidl » (sinon, j’irais chez mon épicier bio…). Que mon budget shampoings et lessives a doublé depuis que je travaille en ville. Que je suis aphone à chaque pic d’ozone.

Et sachez surtout que oui, je suis pour une société solidaire. Je suis même de ceux qui luttent pour ça. Et que oui, je sais que mes vices vont peut-être lui coûter un pont. Mais que non, je ne me sens pas coupable.

Je me sens coupable quand je crains de laisser mon fils aller seul faire les courses par peur des regards des voisins. Quand je n’ose pas manger une crasse en rue parce que je crains les remarques du genre « celle-là, elle n’arrange pas son cas ». Quand je suis gênée d’obliger le petit à dire « bonjour » et « au revoir » sous les regards outrés des clients du magasin, qui me disent « Mais laissez, madame, il n’a pas envie ». Quand il fait très chaud et qu’il me dit, paniqué, « Ca y est! c’est le réchauffement climatique! ».

Quand je lui explique ce qui est bon pour lui et ce qui ne l’est pas (et pourquoi) et que je me dis « mince, j’essaye de faire un adulte responsable et ma société va l’infantiliser toute sa vie ».

Et quand il a peur parce que je fume, oui. Même quand il me le dit la bouche pleine d’un cra-burger du Quick. Mais bon. D’autres se chargeront de lui expliquer tout ce qu’il risque à manger des crasses, n’est-ce pas?

Ah oui, à propos, il faut que je précise: le débat partait d’un article sur les gros. Vous savez, ces vilains-pas-beaux qui le font exprès en ne bouffant, pour quatre, que des crasses (et vous savez quoi? Y en a même qui fument, en plus!)…

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Une Réponse to “Vivre, c’est pas très solidaire”

  1. marie said

    bien dit ça madame 😉

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