Madame Galant

août 5, 2010

Madame Galant

Votre sortie dans les médias hier ( http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-08-04/naturalisations-galant-mr-plus-fort-que-sarkozy-785119.php) et le silence qui s’en est suivi dans les rangs du MR (à part Monsieur Fontaine, je n’ai vu personne se démarquer du propos auquel pourtant vous les associez tous) n’ont bien entendu pas manqué de me faire bondir.

Maintenant que j’ai la tête un peu reposée, je peux confirmer ma première impulsion après lecture de l’interview: « pauvre conne ». Et je m’en explique.

Vous vous êtes, il y a quelques années, vantée dans la presse de ne pas mettre dans votre commune (Jurbise) de logements sociaux à disposition des plus démunis, comme le veut pourtant la loi (http://www.rtbf.be/info/belgique/social/jurbise-commune-sans-logement-social-et-fiere-de-letre-62850).

« Non seulement il n’y a pas de demande sur la commune, mais en plus il n’y a pas de bâtiment disponible et  je ne vais pas faire des tours dans la commune  pour faire plaisir au ministre du logement André Antoine », disiez-vous à l’époque.

Alors comment vous dire? La loi, Madame Galant, est la même pour tous. Vous qui semblez si attachée à son respect (et cette intention vous honore), comment pouvez-vous ainsi en faire fi? Je ne sais pas si vous avez changé d’avis depuis, Madame Galant, mais dans le cas contraire vous ne seriez plus digne d’être Belge!

Et comment vous dire encore que de nos jours, les logements sociaux sont de formes diverses et variées?

Comment vous dire enfin que les logement sociaux ne sont pas destinés à faire plaisir à Monsieur Antoine mais à assurer un minimum de dignité à vos semblables? Que la dignité de vos semblables est, elle aussi, inscrite dans la loi, une loi souveraine, même?

Mais j’ai compris. En fait, quel que soit le problème, vous en évacuez les premières victimes. Et vous avez raison, Madame Galant. Si vous chassez les pauvres, il n’y en aura plus. Si vous chassez les étrangers, il n’y en aura plus. Et s’il n’y a plus de victimes, n’est-ce pas, il n’y aura plus de bourreau.

Mais ça serait trop beau, ça. Parce que les bourreaux, moi, je sais qu’ils restent. Et je sais qu’ils n’ont pas fini leur oeuvre. Parce que n’est-ce pas, on ne peut pas éternellement chasser les gens de chez soi. Sans compter que si la France, la Suisse, les Pays-Bas et le Luxembourg font pareil, on va joyeusement s’échanger nos apatrides.

Non, Madame Galant, c’est le problème que vous devez chasser. Mais ça, je pense que c’est un tout petit peu laborieux à vous expliquer. Parce que voyez-vous, le problème, il est social. Et je sais que vous avez du mal avec les tours.

Vous me faites penser à ces militants pro-peine de mort. Vous savez, ceux qui ont du mal à accepter le fait que l’humanité, c’est aussi des gens capables du pire et qui s’en débarrassent pour ne plus les voir, inconscients qu’ils sont que nous sommes tous des produits d’une société qui doit assumer ses travers. Ses lacunes.

Tout comme aujourd’hui elle doit assumer, par exemple, ses agressions ultra-libérales et leurs conséquences.

Quant à moi, je suis de ceux qui pensent que l’humanité est également capable du meilleur.

C’est pourquoi, Madame Galant, je persiste, in fine, à vous attribuer certaines lacunes intellectuelles et morales. Parce que, voyez-vous, c’est la seule manière pour moi de pouvoir vous pardonner.

Ah oui. Une dernière chose. La nationalité, Madame Galant, ça n’est pas un privilège. C’est un droit.

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4 Réponses to “Madame Galant”

  1. charles said

    C’est drôlement bien tourné, j’adore. Cela dit, personnellement, j’ai un vrai problème avec les cons: j’ai du mal à être indulgent avec eux. Ce n’est pas bien, je sais, mais je dois bien reconnaître que je ne les aime pas. Je n’arrive pas à considérer qu’ils n’y sont pour rien. C’est grave, docteur?

    • annelowenthal said

      Merci beaucoup!

      Disons que face à un con, moi si, j’ai le sentiment d’avoir affaire à quelqu’un qui n’y peut pas grand chose…
      C’est plus désespérant, par contre, parce que moi non plus, je n’y peux pas grand chose.

      (Je crois que c’est ici que je dois reconnaître qu’on est tous les cons de quelqu’un, non?)

      • charles said

        Assurément. Dans ma folle jeunesse à « La Libre », jadis, nous étions considérés, nous, les gamins de la rédaction, comme le MJC, le mouvement des jeunes cons… Ce n’était probablement pas faux même si, aujourd’hui, j’accède tout doucement à la dignité de vieux con. Mais enfin, il y a aussi des « cons objectifs », des cons in-con-testables et in-con-testés. A bien y réfléchir, je ne leur en veux pas tellement d’être cons, finalement, parce qu’ils n’y peuvent rien, vous avez raison. Mais ce que je leur reproche, c’est de ne pas savoir qu’ils sont cons, de se prendre pour des aigles. Ce qui, c’est vrai aussi, est précisément le signe de la connerie. Ouhlala… Comme je suis parti, je n’en sortirai pas. Il faut trancher. Et donc: mort aux cons! Ce que déclama un jour, un jeune assistant du QG des FFL à Londres, en 40. En entendant cela, le général, rapporte Lacouture, répliqua sobrement: « Vaste programme! »
        Have a good night.

  2. annelowenthal said

    🙂 de même!

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