Mais sans le dire, c’est bien aussi!

septembre 30, 2010

Du haut de mes 38 ans,  j’ai ma petite idée de ce qu’est le bonheur. Et une grande idée de ce qu’est mon plaisir.

Divorcée et célibataire, j’ai bien entendu un penchant préoccupationnel pour les choses de l’amour (et les néologismes, oui).

Mais d’abord, il faut que je vous explique un truc. Pour moi, « amour », ça englobe tout ce qui touche aux hommes et aux femmes, aux hommes et aux hommes, aux femmes et aux femmes, dès lors qu’eux aussi, ils se touchent.

Donc oui, le sexe pour le sexe, c’est de l’amour. La fornication, c’est de l’amour. Tromper son conjoint dans les toilettes d’un bar glauque, c’est de l’amour. Attention hein! Je ne suis pas en train de me réfugier derrière je ne sais quel alibi judéo-chrétien (même si oui, Xavier, je suis très judéo-chrétienne). Je ne suis pas sur le point de vous dire ce qui est « bien » et ce qui ne l’est pas, à un détail près, vous verrez.

Je suis en train de vous dire que quelles que soient les modalités de la relation sexuelle, elles ne sont jamais qu’au pire, une quête d’amour (de soi pour commencer), au mieux, une célébration de l’amour. Et que de toute façon on fait avec quelqu’un avec qui on sait que le plaisir est possible. Donc quelqu’un qui, ne fut-ce que l’instant que ça dure, nous plaît (et donc nous aide à nous plaire à nous-mêmes, condition sine qua non à notre attirance pour lui).

Et c’est ici que je vais vous parler du « détail près » annoncé plus haut.

Le détail, c’est l’acceptation du fait. Le détail, c’est la trouille. Et c’est valable en amour comme en tout. Surtout, ne pas s’engager. Parce que s’engager, c’est s’exposer à un grave problème: l’échec. Vous savez, quand tout ce qu’on a concédé de bonne grâce devient, avec le recul, un sacrifice inutile.

Alors nous, grosses biesses, on choisit entre deux options (oui je sais, je suis sans nuance, parfois):

– On baise en précisant bien qu’on baise. Le cul pour le cul. Surtout, surtout, ne pas parler de relation, mot hautement engageant.

– On parle d’amour là où il n’y a que conjonction de critères du style: « il n’habite pas loin », « on aime tous les deux les musées », « on veut 3 enfants ». Et on joue à l’amour.

En gros, on pense qu’on ne prend pas de risque. Dans les deux cas, aucun investissement affectif. Et donc aucune tatouille. Pas de débandade possible.

Sauf qu’on se trompe. On prend un fameux risque. Celui de se priver d’une bonne partie du plaisir. Electrocardiogramme linéaire. Fadeur. Mépris de soi.

Au plus que tu tombes de haut, au plus c’est que tu étais haut, a dit une grande sage. Elle avait bien raison.

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5 Réponses to “Mais sans le dire, c’est bien aussi!”

  1. massimo said

    … et bien moi je dis : à la douche!!

  2. annelowenthal said

    Ah ah! Trop tard. Même la douche ne peut plus rien pour moi.

  3. Xavier said

    « Parce que s’engager, c’est s’exposer à un grave problème: l’échec. Vous savez, quand tout ce qu’on a concédé de bonne grâce devient, avec le recul, un sacrifice inutile. »
    oui, sauf que… je ne vois pas bien en vertu de quoi, en ce bas-monde où tout est mortel, du poisson rouge aux civilisations, on se lamenterait du fait que l’amour le serait aussi.
    la fin de quelque chose, en somme, n’est pas un échec.
    la mort ne change pas ce qui a vécu, ce qui a été.
    c’est un autre grand sage qui le dit. 😉

  4. Juan said

    Un texte génial, et en particulier sa conclusion !

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