Faites des parents, qu’ils disaient…

avril 12, 2011

Aujourd’hui, la DH rapportait que 11% des Belges seraient prêts à héberger leurs parents malades ou dans le besoin.

L’article (http://www.dhnet.be/infos/societe/article/349957/11-des-belges-prets-a-heberger-leurs-parents-malades-ou-dans-le-besoin.html), diffusé sur FB, n’a pas manqué de faire réagir certains porte-drapeaux de nos belles valeurs de solidarité familiale envolées.

 

Quelques extraits choisis:

« Lamentable !!! »

« (…) il n’existe rien d’autre que des « mouroirs », nous n’avons humainement pas le choix… »

« C’est un devoir de s’occuper de nos parents et ce, quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve. »

« Mes parents ont aussi travaillé comme des malades pour espérer que leur fils s’en sorte mieux qu’eux. Mon père était ouvrier et ma mère ne travaillait pas. Ca ne leur a pas empêché de s’occuper de Leurs parents. Autre temps, autres mœurs! »

En fait, ils ont raison. C’est lamentable. On n’a humainement pas le choix étant données les conditions de vie dans un home « bon marché » (notez les guillemets), souvent un mouroir. Autre temps, autre moeurs.

Par contre, là où ils se fourvoient, c’est en retournant le couteau dans la plaie de tous ceux qui, même s’ils n’ont pas le choix humainement, n’ont qu’une option matérielle: laisser papa-maman dans leur maison. Ou les envoyer dans un home du CPAS.

Parce que (puisqu’il faut encore expliquer des choses pareilles):

– De nos jours, dans un couple, il faut travailler à deux. Et même comme ça, dans un couple moyen, les fins de mois sont serrées. Et c’est pas une pension minable et insuffisante qui compenserait les frais supplémentaires.

– De nos jours, les familles monoparentales sont légion. Vous en connaissez beaucoup, vous, des familles monoparentales qui vivent dans des endroits assez grands pour accueillir quelqu’un en plus? Qui ont assez de sous pour ça? Qui ont du temps à consacrer à des parents impotents?

– De nos jours, les familles nombreuses sont très rares, entre autres parce que les lieux pour prendre nos enfants en charge pendant qu’on gagne de quoi les nourrir (tout juste de quoi, alors une crèche…) sont insuffisants. Ce qui fait que bien souvent, on se retrouve seul ou à deux à devoir gérer la chose. Ce qui financièrement et humainement relève de la gageure (j’en ai vu, des enfants désolés et sur les rotules, quand je m’occupais d’aide à domicile).

– De nos jours, quand on passe d' »isolé » à « cohabitant », on perd beaucoup d’allocations, si on est allocataire.

– De nos jours, qu’ils soient ou non chez nous, nos parents se retrouvent seuls la journée. Une infirmière à domicile, dame de compagnie… ça coûte un salaire (et un bon). Une aide familiale, ça passe, mais ça ne reste pas. Il n’existe AUCUN service de garde à domicile de nuit.

– …

De nos jours, ce ne sont pas les bonnes idées qui manquent. Pourquoi ne pas créer des liens entre des familles monoparentales et un « vieux » propriétaire? Pourquoi ne pas créer des services complets et coordonnés (qui assurent le médical, le social, le ménage, les courses…)? Pourquoi ne pas faire de nos résidences des endroits où il fait bon vivre, comme ça existe parfois?

Ah mais oui, c’est vrai. L’Etat n’a pas les moyens. Et l’Etat, c’est pas facile à attaquer, parce que l’Etat, ça n’a pas de conscience. Alors titillons celle de ceux qui de toute façon sont nés pour travailler/cotiser pour la solidarité nationale.

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