Pour la grève

janvier 18, 2012

Je suis de ceux qui, par principe, ne manifestent plus de manière « classique ». Défiler d’un point A (toujours le même) à un point B (toujours le même), après en avoir préalablement informé les forces de l’ordre et la population, ça a selon moi très très peu de rapport avec le fait d’exprimer un mécontentement. Je dirais même que ça me donne la fichue impression que ça arrange bien ceux à qui on s’adresse, qui pensent certainement que c’est un bon défouloir pour le peuple, qui rentrera fourbu mais content de se voir dans le poste et se satisfera de sa petite balade.

Je suis aussi de ceux qui n’aiment pas les grévicultures style « transports en commun ». Les transports en commun sont trop souvent en grève, d’autant que ces dernières années, ils l’ont souvent été pour des raisons inconnues des grévistes eux-mêmes, qui n’attendent jamais de savoir ce qui s’est réellement passé lors d’un incident pour protester au nom de leur sécurité.

Mais quand les transports en commun sont en grève pour des bonnes raisons, je les applaudis.

Bien entendu, « les bonnes raisons », c’est subjectif.  Mais soyons de bon compte, on est tous bien contents d’avoir des conditions de travail qui, si elles ne sont pas franchement idéales, ne nous tuent pas non plus. On est tous bien contents d’avoir des congés, des week-ends, de pouvoir s’absenter sans être virés en cas de maladie, de pouvoir enterrer un proche en trois jours, de pouvoir accoucher en 3 mois, d’être soignés sans se saigner (si j’ose dire) après un accident de travail, de toucher quelque chose si on perd notre emploi, de pouvoir rêver à cette retraite que, selon les statistiques, on pourra vivre debout au moins quelques années, etc etc.

On a tous eu des cours d’Histoire. On a tous appris que des peuples s’étaient soulevés pour réclamer un peu de dignité. On sait tous que ce sont les peuples qui ont conquis ces plus élémentaires droits quand leurs vies n’étaient que devoirs. A coups de grèves, à coups de révoltes, à coups de guerres, parfois aussi.

Et on a tous été d’accord pour dire que oui, c’est normal qu’un mec qui travaille ait aussi le temps de vivre. Et de quoi vivre. Aucun d’entre nous n’a jamais râlé parce qu’il avait congé ou parce qu’il pouvait attendre que sa température redescende sous 37° avant de retourner au turbin.

D’ailleurs quand il y a une grève, les gens qui râlent, c’est pour la plupart parce qu’ils vont perdre un des ces sacro-saints jours de congé si durement conquis par leurs ancêtres.

Je suis dans la même galère qu’eux. Je ne touche rien si je fais grève, je dois partir à l’aube si je travaille et prendre congé si je ne travaille pas. Et je n’ai franchement pas les moyens de me passer d’un jour de salaire. Et mes congés sont trop peu nombreux et trop importants pour que je les utilise un jour où aucune démarche administrative ne sera possible.

Mais comme dirait l’autre, on a toujours le choix. Et même si je vais travailler ce jour-là, je n’ai pas le culot de désapprouver la grève du 30 janvier. Même si elle ne dure qu’un jour et que, ce partant, elle pourrait bien ne rien changer.

Il faut d’urgence sortir de cette espèce de rivalité « public » vs « privé ». Il faut d’urgence comprendre que tous les droits évoqués plus haut, tous les citoyens de ce pays en bénéficient (du moins sur papier). Tous les citoyens du pays sont en train de les perdre au nom des marchés, des agences de notation et de l’austérité « nécessaire ». Au nom du refus d’aller chercher l’argent chez les seuls qui se font discrets depuis quelques mois, planqués derrière des monceaux de fric auquel personne ne touche.

Il faut absolument cesser de discuter une grève en termes de sabotage des entreprises privées par les fonctionnaires publics.

Les mêmes qui râlent sur nos dirigeants politiques se jettent à corps perdu sur ceux qui décident de réagir. Au nom du respect de leur travail. Au nom de l’inutilité de la chose.

Mais si des gens font grève, c’est au nom du respect du travail, au nom du respect au travail et au nom du respect de ceux qui n’ont pas de travail. Et si personne ne fait jamais rien, jamais rien ne bougera. Du moins pas dans le sens du progrès social.

Certes, un jour de grève, c’est probablement bien trop peu. Certes, il y a peut-être d’autres choses à faire. En attendant, ceux qui feront grève le 30, ce sont les mêmes qui réfléchissent inlassablement aux meilleures manières de changer les donnes. Et ceux qui leur assènent que ça ne sert à rien, ils sont comme moi quand je regarde en ricanant défiler les manifs sous le balcon de mon bureau parce que je n’y crois plus: d’une mauvaise foi épouvantable.

Parce que si c’est ça l’excuse, si l’inutilité d’une action justifie votre inaction, alors c’est que vous êtes d’accord sur le postulat de départ:  il faut que les choses changent. 

A lire: http://www.acrimed.org/article3741.html

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30 Réponses to “Pour la grève”

  1. groserch said

    Bien tapé chère, surtout la dernière phrase que je n’hésiterai pas le cas échéant à replacer.

  2. Ø said

    Pour une fois ça change, ce n’est pas un vendredi pour commencer le week end plus tôt; c’est un lundi pour le prolonger.

  3. dulcinorix said

    @ Anne Löwenthal
    Ai lu ton article, très bien rédigé, comme les articles écrits par toi. Je publie ici même mon commentaire parce que je voudrais qu’ici-même, certains connaissent mon point de vue.
    En fait, tu te sers d’une alternative: soit on ne fait pas grève parce qu’on pense que ça ne sert à rien, soit, on fait grève.. Tu postules donc que si la grève sert à quelque chose, c’est à défendre ces conditions de travail que tu décris ailleurs avec tellement de talent. Telle est la supposition que tu fais. Il s’agit bien d’une supposition. Tu ne caches pas ton doute. Bien entendu, dis-tu, les bonnes raisons, c’est subjectif. Mais tu fais vite table rase de ce doute. Selon moi, tu ne justifies nullement ce choix de manière convaincante.
    Et tu trouves un argument plus rhétorique que dialectique pour discréditer ceux qui disent que la grève ne sert à rien.

    MAIS

    Selon moi, cela ne vaut pas la peine de faire grève, pour une raison que tu n’évoques nullement. Cette grève et la contestation servent bien plus à sabrer dans ces fameuses conditions de travail que les dites mesures antisociales du gouvernement. Cette possibilité tu ne l’envisages pas. Personne ne semble l’envisager. Pourtant ce ne serait pas la première fois qu’une grève, que la contestation serviraient le dessein du pouvoir économique. Il serait au moins souhaitable qu’on se pose des questions. Mais non. Tout est dit. Tout semble aller de soi. Et ceux qui ne sont pas d’accord, sont des modérés, des lâches.
    La majorité, la toute grande majorité de ceux qui font grève, ou qui disent qu’ils vont faire grève, pensent que faire cette grève sert à défendre ces super conditions de travail, que d’autres appellent les acquis. Tous sont bien d’accord à ce sujet. Il n’y a guère de débat à ce sujet. C’est presque à se demander pourquoi il en est encore question. Il est nécessaire d’en appeler à la grève, sans plus.
    Je m’inscris en contre par rapport à ce point de vue.
    Une justification me semble nécessaire quand on fait état d’un point de vue.
    Les mesures gouvernementales s’en prennent à certains acquis. Pas à tous. Pas aux principaux. Les congés payés ne sont pas concernés. La durée hebdomadaire de travail non plus. Tous ont droit à une pension. Certes, ils devront travailler deux ans de plus pour avoir droit à la pension complète, pour avoir droit à une médaille, mais je me dis que s’ils n’y tiennent pas, c’est qu’ils ne tiennent pas TELLEMENT à leur travail et qu’ils seraient peut-être prêt à le partager. Mais non, partager ce travail, c’est hors de question aussi. La vie coûte beaucoup trop chère. (On en arrivera peut-être à faire comme aux U.S.A., à cumuler les boulots…) Bizarre, non, que 15 à 20 % de la population active ne parvient pas à trouver du travail et que d’autres les accumulent… Pour moi, ce problème me semble beaucoup plus important que les aménagements de la sécurité sociale dont il est question. Je voudrais que des gouvernements s’y attaquent, mais bernique. Le fossé social, les inégalités se creusent et c’est tant mieux pour ceux qui nous gouvernent.
    Si les syndicats faisaient une grève générale pour la réduction du temps de travail, je serais le premier à manifester, à aller soutenir ceux qui s’occupent des piquets. Mais ce n’est pas le cas. CE ne sera jamais le cas.
    Il me faut toujours aller manifester, me mobiliser pour AUTRE CHOSE que ce qui me semble important, nécessaire. Je suis censé me taire et manifester contre le rallongement de la durée de travail, pour le maintien du montant des allocations de chômage de ceux qui ONT un boulot, alors que je n’ai même pas de boulot…
    Il me semble en effet que le montant de certaines allocations de chômage devrait être limité, que les revenus autres que le travail devraient être déduits des allocations de chômage, comme le sont par exemple les droits d’auteur, bref des revenus du travail. Ainsi les revenus locatifs ou du même type devraient être déduits des allocations de chômage… Cela, ce n’est toujours pas prévu. Si je devais manifester ce serait parce que ces mesures contribuent à préserver des inégalités qui ne devraient pas exister.
    Mais continuons.
    Les mesures gouvernementales ne s’attaquent pas au droit à la santé. La couverture santé reste la même. Cette merveilleuse couverture santé dont je viens encore de bénéficier.
    Ces mesures s’attaquent hélas à certaines catégories de chômeurs. Cela me peine. Il y a des jeunes et des cohabitants qui vont payer le prix fort. La solidarité familiale va devoir jouer dans de nombreux cas, alors que certaines familles sont déjà en difficulté. C’est un fait. C’est ce qui me paraît le plus pénible dans ces mesures. Il y a de jeunes couples qui vont avoir du mal à s’en sortir.
    Mais soit le stage d’attente des jeunes durera un peu plus longtemps, c’est tout. Le droit au chômage des isolés n’est pas supprimé.
    L’activation va être renforcée. Beaucoup de personnes sont opposées à l’activation. Mais il me semble au contraire qu’elle joue un rôle positif. Il faut inciter des gens à se former. Il faut les inciter à faire des projets, à se battre, parce que la société a tendance à faire une croix dessus dès qu’ils se retrouvent sur la touche. C’est trop facile. Peut-être devrait-on laisser certains artistes s’en tirer tout seul, mais est-ce si certain?
    Mais il y a encore plus grave.
    En principe après les mesures d’austérité qui concernent la sécurité sociale, le gouvernement est censé prendre des mesures qui concernent justement les riches. C’est beaucoup moins facile. Les riches disposent d’autres moyens de pression que les travailleurs, sans parler du fait que les syndicats eux-mêmes leur viennent parfois en aide. Si le gouvernement est discrédité, s’il n’est pas soutenu activement par les masses, prêtes à faire un effort, à condition que tous en fassent, sauf peut-être les plus défavorisés au nom desquels les syndicats prétendent souvent s’exprimer, qui ne sont pas en mesure de faire grand chose, les riches échapperont facilement alors à de justes mesures. Il leur suffira de jeter de l’huile sur le feu de la concertation sociale. Le gouvernement n’aura même jamais l’occasion de s’occuper d’eux.
    Nous avons la chance d’avoir un premier ministre socialiste qui a du cran. Je le pense. Il me semble que si ceux pour lesquels il s’est battu le trahissent alors qu’il a réussi à limiter les dégâts, ce dans le seul but de se donner de l’importance, de faire parler d’eux, de paraître défendre des personnes qui en fait ne participeront même pas à ces piquets, ne feront même pas grève, alors, il est inutile de s’attendre à des lendemains meilleurs. JE NE VOIS pas en quoi ceci représente une lutte politique cohérente, et je ne prétends pas y participer. Je ne vois que des zéros satisfaits qui se font mousser, quelques personnalités qui disent toujours la même chose, qui empêchent tout débat un peu pointu sur la situation actuelle et la stratégie à suivre d’avoir lieu…
    Comme le disait Machiavel: « l’universalité des hommes se repaît de l’apparence comme de la réalité; souvent même l’apparence les frappe et les satisfait plus que la réalité même. » (D. sur 1ère décade de T.-L..)
    Comme si les syndicats étaient exempts de toute critique.

    • annelowenthal said

      Tu dis que la grève sabre dans les conditions de travail, mais si j’ai bien lu tu ne dis pas en quoi… tu m’expliques?

      Quant au cran du premier socialiste, désolée, mais non. Aucun courage politique. Sauf pour nous raconter n’importe quoi. QU’ils n’ont pas eu le choix. Qu’il a mal quand il doit prendre certaines mesures mais qu’il n’a pas cédé. Aucun courage non. Méprisable, comme tous ceux qui nous assènent qu’ils n’ont pas le choix sans même plus aborder la possibilité d’aller taxer ce qui ne l’est pas. Chose que les grévistes, eux, réclament.

      • dulcinorix said

        Mon raisonnement est politique et intuitif. D’un côté, il est politique parce qu’une grève qui stigmatise de manière strictement démagogique une politique qui s’efforce, en dépit des apparences, de préserver les conditions de travail conduit immanquablement à donner raison à ceux qui n’en ont rien à faire, qui cherchent à se débarrasser. En l’occurrence elle mine la concertation. Je suis contre une stratégie qui est contre par principe.
        L’extrême gauche est très réactionnaire sur certains plans. Etre contre tout gouvernement est à la mode depuis le printemps arabe. La mode est toute puissante y compris dans les rangs les plus réactifs de la gauche où l’on ne dispose d’aucune perspective, où en fait, l’on n’a pas de ligne de conduite précise, ou les amalgames sont la règle.Où l’on confond tout, le libéralisme et le socialisme, le pouvoir et le gouvernement, etc. Elle ne le sait pas. Dans certains cas, cela représente un problème.
        Mon raisonnement est également intuitif parce que comme je l’explique en long et en large, cette politique ne s’attaque pas aux conditions de travail et le penser, le prétendre, c’est préciser faire le jeu divisionniste de ceux qui souhaitent réellement les réduire à rien.
        Je ne discuterai pas de ta seconde critique. Il n’est pas nécessaire de toujours monter sur le ring. Je sais que dans la démolition tu es imbattable. Je pense néanmoins que la réalité de la politique échappe complètement à un très grand nombre de militants, et même d’intellectuels qui cherchent à passer pour des gens engagés, et donc pas uniquement pour des intellectuels. S’il souhaitent réellement changer les choses, ils feraient mieux de réfléchir à cette politique qui devient de plus en plus délicate, complexe, difficile au point que nombreux sont les politiciens de second rang, ou les politiciens fascistes qui semblent prêts à renoncer à la démocratie.
        Avec toute la considération que je te dois, et l’estime que je te porte..

      • annelowenthal said

        Je ne démolis pas, je constate. Si je dis que Di Rupo et les autres ont sombré dans la lâcheté, c’est parce qu’ils l’ont fait (voir mon post plus loin sur le choix).

        Pour le reste, j’ai un peu de mal à te répondre à des arguments « intuitifs » et donc pas étayés ni rigoureux 🙂 J’ai juste une question du même ordre que ma précédente: en quoi la grève mine-t-elle la concertation?

        Et pourquoi l’extrême gauche apparaît-elle dans ta réponse?

  4. hans said

    Dulcinorix, tout cela semble empli de bon sens et de réalisme, mais politiquement incorrect: merci de faire entendre la voix d’une très large « minorité » silencieuse parfois incapble de l’exprimer et cela avec modération…

    • bernie said

      Oui moi aussi je suis globalement d’accord avec Hans, Oliver et Dulcironix .

      Je prendrai le temps de compléter, nuancer, préciser et « personnaliser » cet accord : hélas j’écris moins vite que je pense (pour autant que je puiise penser !)

      Bernie, le Troll de service

  5. Olivier said

    Et si les farouches opposants à la grève avaient conscience que ces fameux acquis sociaux conquis de « si haute lutte » avaient rendu les finances publiques belges (et malheureusement plus particulièrement wallonnes) exsangues au point que désormais, plus rien n’est finançable qu’à coups de Baxter … Que trop de social a tué le social en Belgique et que si à un moment donné, les finances publiques toléraient la gabegie, l’heure est désormais à l’austérité.

    Et si les farouches opposants à la grève se disaient qu’empêcher les gens de se rendre au travail, c’est donner des arguments aux décideurs pour ne plus investir chez nous, de délocaliser les filiales en peu plus à l’est. A quoi serviront ces fameux acquis sociaux le jour où plus personne n’aura de boulot …

    Et si les farouches opposants à la grève se disaient qu’à force d’accorder tout et n’importe quoi, l’homo belgicus salarius n’a plus de travailleur que le nom et qu’il est temps de revenir aux vraies valeurs du travail, celles où l’on considère sa paie en termes de salaire et non en termes d’allocations ou d’indemnités.

    Et si les farouches opposants à la grève plaidaient également pour une plus juste répartition des richesses, pour une taxation plus importantes des bénéfices des banques ou autres institutions financières. Le fait d’aller travailler ce 30 janvier n’empêche pas, par exemple, d’avoir pleinement conscience que le lobby des agences de notation doit cesser.

    Non, désolé, la grève ne résout rien. Elle ne sert qu’à liguer les gens les uns contre les autres, grévistes contre non-grévistes et dans une moindre mesure, flamands contre wallons. C’est tellement facile d’aller bloquer les carrefours ou de se croiser les bras. Pourquoi ces bons syndicats n’assignent-ils pas à résidence le premier ministre ou cet affable VanQuickenborne ? Pourquoi ne font-ils pas un sitting au finish devant le siège de la FEB ? Pourquoi ne font-ils pas la grève du zèle ? Pourquoi n’empêchent-ils pas l’accès à la Chambre ou au Sénat pour marquer leur désapprobation vis-à-vis des lois qui vont y être votées ?

    Ce 30 janvier, je travaillerai. Je travaillerai car je n’ai pas l’intention de mettre mon boulot en péril plus qu’il ne l’est déjà. Je travaillerai parce que je n’ai pas le choix, que je ne suis qu’un pion interchangeable et que si je ne donne plus satisfaction, un autre prendra ma place. Je travaillerai parce que je veux offrir à mes enfants une vision de leur père autre que celle d’un assisté.

    Au boulot !

    PS : Je vous laisse le soin de me tailler en pièces…

    • annelowenthal said

      Je dirais juste que si, vous avez le choix. D’ailleurs, vous justifiez longuement le vôtre (en confondant « opposants » et « défenseurs », mais on comprend :))

    • Vous préférez donner à vos enfants l’image d’un père qui est une « pièce interchangeable » et qui se bat pour le rester? C’est ça, l’avenir brillant que vous voulez leur offrir?

      Accessoirement, vous êtes un assisté, comme tout le monde, puisque l’Etat vous paye vos soins de santé, vos congés, l’éducation de vos enfants. Vous n’auriez pas les moyens, seuls, de financer un tuteur pour vos enfants, d’acheter vos médicaments, d’arrêter de travailler 20 jours par an.

      Et puis, si vous voulez aller avec quelques personnes qui partage vos points de vue assigner à résidence Van Quickenborn, pourquoi ne le faites-vous pas? Personnellement, je crois en la force des Lois, et je pense que le droit de grève est un bon équilibre entre la le maintien de la cohésion sociale nécessaire à la vie en société, et la possibilité de trouver un équilibre entre les différents pouvoirs décisionnaires. Vos propositions d’actions sont anti-démocratiques (puisqu’elle semble faire l’apologie dela confiscation du pouvoir de la Nation par des groupes de pression), mais si vous n’êtes pas démocrate et que vous voulez agir, je préférerais encore cela que votre résignation triste.

      Et moi, est-ce que je fais grève? Non… Mais je fais comme Anne, j’agis dans ce pour quoi je suis bon: parler. Je diffuse des opinions, j’argumente, je combats les inepties (genre, « nous n’avons pas les moyens de notre politique sociale »). Je suis plus utile en écrivant ce commentaire, et Anne l’est plus en écrivant cet article, que dans la rue à manifester. Il faudra toujours des gens dans la rue pour que nous puissions écrire cet article, écrire ces commentaires, comme la rue aura toujours besoin de gens comme nous pour défendre leur action.

      • BERNIE said

        Yann le clone d’Anne ?
        Il fait fort, car le post initial d’ AL ne nous permet pas de savoir si elle fera ou pas la grève…et même, si elle est d’ accord : C’est son droit de ne pas nous le révéler !
        Sa « formule finale » est une pirouette (cacahuète…voir chanson populaire) : si tu es contre une action et que tu la critiques c’est que « t’es pour que les « choses changent (cit) : une fois de plus, on évacue les moyens, ils sont accessoires…
        « L’Important c’est la Rose, crois moi ! « (une vielle chanson de G.BECAUD)

        Le Verbe domine l’Action, la dirige, l’oriente.
        On croyait révolu le temps de la Révélation, et bien non : les Guides Eclairés, les Petits Pères des Peuples, les Duce, les Caudillo ne sont pas morts…Ils sont parmi nous.
        Comment les reconnaître ?
        « Ils savent », ils « pensent » et « ils parlent », ils écrivent au nom des autres et pour les autres c’est là leur utilité (hélas pour eux : n’est pas Nietzche qui veut) : ils laissent au petit peuple le droit de marcher, dans les rues pour protester :
        3faites ce que je dis : moi, je pense !)
        Moi, qui ne marcherai pas dans la rue, je te remercie Yann pour ta Pensée. Je ne sais si Anne sera à son balcon…(et je m’en fous : comme je ne marcherai pas, elle ne me verra pas).

        Bernie, le Troll de service.

      • Je suis heureux d’avoir pu rappeler que oui, à l’heure actuelle, ce que tu fais est au moins aussi important que ce qu’on dit sur ce que tu fais. L’impact de marcher dans la rue (il n’y a pas de petit peuple, et s’il y en avait un, je me considèrerais en faire partie) n’est pas plus important que de contribuer à l’interprétation qui est fait de cet acte. Certains sont meilleurs dans l’action, d’autres dans la parole. Je suis meilleur dans la parole, et je mets donc mes meilleures compétences au service de ce que je crois juste.

      • stepahnie said

        Je suis vraiment ravie de vous lire. C’est rassurant.
        Car en lisant certaines réactions sur la grève de ce lundi je me demande si tous ces gens qui ont le « cul dans le beurre »
        connaissent un peu l’histoire et se rendent compte des combats qui ont été menés par nos grands-parents pour obtenir des congés payés, de meilleures conditions de travail etc. enfin bref tout ce qui leur a permis d’être là où ils sont.
        S’imaginent-ils être à l’abri de tous besoins dans les années à venir ? Et leurs enfants……
        Effectivement la résignation de certains est triste…..
        Mais je suis certaine qu’ils ne refusent pas l’indexation des salaires……et les acquis qui pourraient encore par miracle obtenir avec l’aide des syndicats…..
        Félicitations à la « pièce interchangeable » bel exemple pour les enfants.

  6. annelowenthal said

    Non non, je n’ai pas dit « si tu es contre l’action et que tu la critiques c’est que tu es pour que les choses changent ». J’ai dit « si tu es contre une action parce qu’elle n’aboutira pas, c’est que tu es d’accord qu’il faut aboutir »

    • dulcinorix said

      Le problème du raisonnement final de ton article est interprétatif: que veux-tu dire? Ce raisonnement est correct en soi, dans la formulation que tu lui donnes dans ton commentaire, comme dans celle que tu lui donnes dans l’article lui-même. Cet ultime raisonnement est parfait. Mais que vient-il faire là? IL A L’AIR de rajouter un argument supplémentaire à la longue liste qui précède, bref d’aller dans le même sens. L’article est une sorte de plaidoyer pour le fait de faire grève. Mais en soi ce raisonnement ne dit rien concernant la grève. Il faut que les choses changent. Nous sommes bien d’accord. Mais la grève va-t-elle les faire changer dans le BON sens. Ton subtil raisonnement tend à dire le contraire: que l’action n’aboutira pas. En fait, il a l’air gratuit. Parce qu’enfin, le fait de savoir qu’il faut aboutir ne change rien quand à son attitude négative au sujet de la grève, or c’est bien de cela qu’il s’agit: de son attitude concernant cette grève.
      Mais comme on dirait qu’il faut lire ton raisonnement comme un argument en faveur de la grève, on a tendance à en déduire autre chose, qui n’est pas du tout déductible sur un plan logique de ce que tu écris. Sa gratuité même incite à ajouter une conclusion ultime qui représente une antinomie par rapport à ton raisonnement.
      Quand à savoir de quelle conclusion-déduction on pourrait bien faire suivre ce raisonnement insensé (eu égard au texte) pour le rendre sensé, mystère. C’est selon le goût de chacun. Mais il faut qu’il aille dans le sens de la grève. Par exemple ceci: pourquoi alors ne pas faire grève QUAND MÊME? QUI SAIT ETC.. (à moins, décidément, d’être un lâche, etc..). Mais là on est en pleine spéculation.
      Bref tu mets ton lecteur devant une alternative contradictoire, pour l’inciter à adhérer QUAND MÊME au point de vue général de l’article. Cela de manière entièrement illogique!
      L’un se sentira piqué au vif et entendras (je ne pas « liras », mais « entendras »..) une chose, un autre se dira: si je n’ajoute pas ceci à ta dernière phrase, alors elle n’a pas de sens. Ainsi, tout le monde a faux, et tu as, toi, TOUJOURS raison, car quoi qu’il arrive tu peux ressortir l’une ou l’autre partie de ton texte et, séparément (bien sûr), défendre des points de vue opposés.
      Pour en revenir à ton intéressant raisonnement, tu présupposes que cette action n’aboutira pas. Si elle aboutira. Elle réussira à discréditer un peu plus le mouvement syndical.
      Cela réduit les chances de voir les syndicats réagir par la suite, quand il faudrait réformer les lois qui concernent la finance.. Cela ne les concerne pas, bien sûr, puisque eux ne s’occupent que des acquis des travailleurs. Mais une stratégie qui aurait pu être payante eut été de ne pas réagir tout de suite, sur le vif, de manière épidermique, mais de faire grève plus tard, le gouvernement ayant échoué à appliquer les mêmes mesures d’austérité aux rentiers et aux riches qu’aux travailleurs, chômeurs, etc… Mais, évidemment, l’attaque frontale contre les travailleurs représentait une invite. Une invite à se tromper de combat. Et les syndicats savent qu’on en fait pas souvent grève pour de bons motifs. On fait grève quand on peut, bref quand les médias en ont décidé..
      La politique est l’art du possible, c’est Gambetta qui disait cela. Il pensait que les mots avaient plus d’importance que les choses, vu qu’il était plus important selon lui de se justifier que d’agir. Pour John Kenneth Galbraith, la politique n’est pas l’art du possible: elle tient dans le choix entre le désastreux et le désagréable. En fait, ces deux « experts » ne se contredisent pas tellement.
      J’aime bien cette idée de Galbraith. Le gouvernement Di Rupo fait dans le désagréable, mais tu le prives de sa base et se retrouveront au pouvoir des gens qui feront certainement dans le désastreux. Je pense que, dans cette période de vaches maigres, malgré toutes ses faiblesses, ce gouvernement est une meilleure garantie qu’un gouvernement de droite, et ces critiques d’une gauche syndicale, ou encore morte de jalousie à force de ne jamais exister sur le plan politique, et qui ne sait pas quoi penser en fait, mais qui parle toujours dans l’abstrait de changement, qui est toujours à tu et à toi avec les syndicats et qui pousse les syndicats dans le dos, me fatiguent. Je la comprends. Ne pas exister fragilise, détruit aussi sûrement qu’un cancer. Mais cette gauche brandit cette grève sans être capable de lui conférer un sens. Il est certain que l’opposition nationaliste et libérale flamande très proche du pouvoir réel (économique) ne lui en voudra pas de critiquer un gouvernement de gauche, ou, en tout cas, qui ne lui semble pas assez à droite. (Et dont, à cause de la crise gouvernementale, le mandat ne durera que deux ans au lieu de 4.) Du reste les disputes entre libéraux flamands et Di Rupo, l’exclusion de la NV-A, témoignent de l’âpreté de la lutte à l’échelon « démocratique ». Te représentes-tu ce que représentent ces derniers partis?

  7. pane said

    Grève ou pas grève, là n’est pas la question. Mais pourquoi 80.000 travailleurs sont-ils prêts à perdre une journée aussi pour d’autres qui sont bien au chaud et profitant de l’effort des grévistes sans se soucier des questions sociétales. L’article 104 du traité de Maastricht (1976) ou la plus grande escroquerie en Europe n’est pas le fait des grévistes, mais des financiers qui sont des parasites de la société (Personne qui vit, prospère aux dépens d’une autre personne ou d’un groupe de personnes..(Voir Proudhon , Propriété 1840, p306). A bon attendeur salut !
    La crise des ânes

    Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village…
    Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait.
    Les paysans le trouvaient un peu étrange, mais son prix était très intéressant, et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie.

    Il revint le lendemain, et offrit cette fois 150 euros par tête…
    Là encore, une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes.

    Les jours suivants, il offrit 300 euros…
    Et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.

    Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 dans huit jours, et il quitta le village.

    Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter, et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 l ‘unité…
    Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix auquel ils l’avaient vendu. Et pour ce faire, tous empruntèrent.

    Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal, et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés !

    Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt…
    Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis, puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier.
    Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire, en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.
    Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant.

    Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois, ni sur celles de la commune, et tous se trouvèrent proches du surendettement.

    Voyant sa note en passe d’être dégradée, et prise à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines. Mais ces dernières lui répondirent quelles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

    Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale…
    On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires, et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable…
    Mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

    Cette triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères, et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée « à la sueur de leur front ».
    On les appelle les frères Marchés.
    Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

    Cette histoire n’est toutefois pas finie, car on ignore ce que firent les villageois…

    Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ?
    Que ferez-vous ?
    Pour nous retrouver tous sur la place du village, faites déjà passer cette histoire à vos amis et voisins… Ce sera déjà un bon début…

  8. Bernie said

    Belle histoire : j’aime les histoires, les fables, les légendes, car elles expliquent souvent une partie de la réalité.

    Je suggère deux fins possibles

    1ER SCENARIO
    Ils se réunirent sur la place, JO-LE-FORT- EN-GUEULE, prit la parole : » Tout cela est la faute au banquier, au maire, aux frères « Marchés »…a mort ! « . Comme on le sait, il ne restait sur l’île que le maire et son adjoint, le banquier. La foule, dans sa grande sagesse, se leva comme un seul homme, tua les larbins des frères Marchés.
    Tant qu’à faire, elle fit un feu de joie avec les bâtiments et les papiers de la Banque et de la Mairie…La chaleur des feux leur avait donné soif, échauffé leurs esprits (et le reste).

    Dans la confusion, le fils du meunier tua le mari de sa maitresse, l’épicier (qui avait fait crédit à beaucoup de gens du village, par pure bonté d’âme, fut rossé et sa boutique pillée (et l’on ne retrouvera jamais son calepin ou il avait noté les achats à crédit de Jo, et des autres), on raconte même que cette nuit-là quelques jeunes ont perdu leur virginité…La plupart ont dit qu’ils étaient d’accord, mais les yeux et le regard fuyant de certains permettent d’en douter.
    Deux jours après, les cendres encore fumantes, sur la place dévastée, les villageois faisaient la gueule : plus d’ânes, plus de provision, plus d’épicerie, les quelques bateaux qui s’arrêtaient, il y a 3 jours, passaient au large : adieu les graines pour la prochaine saison des semences, fini les étoffes pour faire les vêtements, oubliés les livres et les nouvelles du monde…L’avenir était sombre.

    Une fois de plus, Jo ne manquait pas de ressources : il rameuta quelques « Gros Bras » (quelques uns venaient de la Police, d’autres étaient sortis des cachots de la Mairie, d’autres encore se voyaient bien reconvertis en serviteurs de l’Ordre Public). Séance tenante, tout le village fut convoqué : Jo prit la parole et dit :

    « Justice a été faite. Les méchants ont été punis : nous sommes libres. Nous n’avons plus besoin de banque, les dettes sont annulées (cris de joie dans la foule), mais il nous faut un Nouveau Maire, une nouvelle Mairie et la situation est tellement difficile qu’on ne peut pas se permettre le luxe de faire des élections aujourd’hui (quelques murmures de désapprobation dans la foule : les Gros Bras s’approchent des importuns, quelques menaces auraient été proférées, des coups de coude insistants se seraient « perdus »).

    L’épicerie, qui ne sert plus à rien est réquisitionnée : nous avons notre nouvelle Mairie. Le maire c’est moi…temporairement, jusqu’à de nouvelles élections…Les murmures se font plus discrets, les Gros Bras sont toujours là et le souvenir de leurs coups de coude aussi.

    5 ans après, la situation a empiré, mais personne ne le sait…sauf les habitants de l’île !

    Note de l’Auteur : ceci est une fiction mais est basée sur des faits réels et des extrapolations cohérentes !

    2 ème scénario :

    JO-LE-FORT-EN-GUEULE prend la parole (voir supra).
    C’est ici que commence le deuxième scenario ( car il peut y avoir d’autres)

    Maintenant, il y a un vieux barbu, toujours assis sur le banc public, en face de la Banque et de la Mairie, on l’appelait BEN-LE-SAGE, il écoutait les villageois mais ne disait rien c’est pour cela qu’on l’a appelé « Ben-le-Sage ». Il n’avait pas d’âne, n’avait jamais ni approuvé ni déconseillé la ventes des ânes, même quand on lui demandait son avis à ce sujet…Sa réponse était souvent celle-ci « Fais comme t’aimes bien, fils ». Sa sagesse lui interdisait de prendre parti.

    Ce jour-là, voyant la tournure des faits, il quitte son banc et se met à coté de Jo et dit :

    « Jo a raison sur le constat, mais c’est vous qui avez vendu vos ânes, qui avez racheté les ânes, et vous l’avez fait librement…pour augmenter votre confort, par facilité et peu importent les motifs.
    Critiquer le Maire ou le Banquier, c’est facile : toi, Jo tu aurais pu être notre Maire, personne ne t’en a empêché ! Mais, tu ne t’es même présente : Assis sur ton derrière avec les bras croisés (Chanson de Johnny années 60)…Faisons un procès au Maire et au Banquier. C’est nécessaire mais cela ne nous ramène pas vos ânes.

    Organisons-nous : toi, le meunier ? toi l’épicier ? et toi ? et toi ? et même toi JO ? et moi ?
    Que faisons-nous ? Si on peut se passer du Maire, du Banquier ( les Frères Marchés ne peuvent absents ils nous fournissent le bois pour nous chauffer et pour cuisiner : notre île n’a pas de produits de substitution pour ces fonctions fondamentales…à moins de revenir en arrière pour tous…mais sommes- nous prêts ? La veuve Marta, les jeunes enfants, ont besoin d’eau pure : seul le combustible permet la purification. »

    A ces paroles, chacun baisse le regard, il cherche dans sa vie les moyens de s’en sortir ensemble : les propositions fussent, les unes fantaisistes, les autres réalisables, d’autres encore qui demandent d’être expérimentées, les solidarités se recréent, de nouvelles complémentarités se nouent, les gens se parlent, se respectent…

    Ben-le-sage sourit et ferme les yeux : il a réussi mais une petite voix lui rappelle que l’île est une petite communauté.

    Aussitôt, il répond à sa voix intérieure : commençons d’abord par cette petite communauté : c’est ton premier terrain d’action, après « fais comme t’aimes bien mon fils ! »)

    NA :voir ma note supra.

    A chacun de faire ou d’écrire un autre scenario, s’il le veut.

  9. Lecteur #0 said

    Pour avoir souvent participé à des grèves et autres manifestations, pour être proche des milieux syndicalistes, je peux vous dire que ces journées de contestations sont avant tout d’excellents prétextes :

    1. pour se bourrer la gueule entre manifestants dans les « cortèges » et finir au café du coin.
    2. pour lancer des pétards pirates au milieu des cortèges
    3. pour ressasser les mêmes plaintes sans proposer de solutions
    4. pour se déplacer d’un point A à un point B sans trop déranger le monde
    5. à la diffusion des tracts ineptes du PTB
    6. pour écouter de la mauvaise techno flamande des années 90
    7. pour un jour de congé (en début ou fin de semaine) payé par le syndicat. Le lendemain, c’est retour au travail comme si de rien n’était.
    8. pour se positionner en vue des prochaines élections sociales.

    Pour toutes ces raisons, et tant qu’une grève au finish ou une vraie révolution n’aura pas éclaté dans ce pays et partout ailleurs où c’est nécessaire, je vous invite à vous la mettre où je pense cette manifestation de guignols du 30/01 qui sera oubliée dans 2 jours.

  10. naelia said

    Je ne désapprouve pas la grève, cependant, si elle est un droit, elle n’est pas un devoir.
    J’étais en ville aujourd’hui, car je suis étudiante et j’ai peu d’argent, je profitais de ce lundi pour faire les soldes et acquérir de nouveaux vêtements et objets, car au prix pleins… ben ça ne va pas, c’est trop cher pour moi.
    J’étais dans un magasin et 4 grévistes sont entré pour l’obliger à fermer. Sachant que les soldes n’ont pas été super bonne pour les commerçant, que c’est la crise pour tout le monde, je ne peux pas cautionner ce type d’action. Même par idéologie, car comme vous l’avez dit, vous ne pouviez pas vous permettre de ne pas travailler aujourd’hui. Comment pouvez vous décemment cautionner le fait qu’on empêche certaines industries et magasins de faire comme vous?

    • annelowenthal said

      oh mais je n’ai jamais dit que je cautionnais ce genre de dérapage!

      • naelia said

        « Il faut absolument cesser de discuter une grève en termes de sabotage des entreprises privées par les fonctionnaires publics. »
        J’avais mal interprété cette phrase dans ce cas.

        Pour la petite histoire ils ont fait ça dans un grand nombre de magasins à Namur ce matin. ça ne m’a pas donné l’impression que la grève était super bien gérée :/

    • bernie said

      Chère Naelia
      A lire votre post de jour, mon coeur a saigné, mes yeux ont été broulliés par les larmes : vous,pauvre petite étudiante, avez été privée par de méchants grévistes du (dernier)jour de solde !…Chacun sait qu’une étudiante…étudie et et n’a pas pu (ou pris) le temps de faire les soldes au cours 28 premiers jours du mois deJanvier !
      Belle indignation de petite-bourgeoise (le tirêt est significatif).
      Réservez votre indignation pour des causes ou des motifs, plus dignes d’une « étudiante » : les penseurs, les acteurs de demain ?

      ps : je pense aussi que les situations de grève sont des espaces temporels de non-droit où le droit souverain c’est « la grève ».

      • nico said

        Indignez-vous autant que vous voulez contre les non-grévistes, mais ce sont eux qui payent vos conneries.

        Ceux qui espèrent encore atteindre quelquechose par grève sont restés attardés au siècle passé.

        J’ai lu plusieurs fois, taxer les grosses fortunes, alors purement à titre d’information, ces grosses fortunes qui ne sont pas que des héritages ou donnations ou autres, ont travaillé plus dur, plus liongtemps et ont sacrifié bien plus qu’un jour de congé pour aller faire la grève.

        Moi c’est très simple, mon sac de Golf dans la voiture, le premier qui essaye de m’empêcher d’aller travailler s’en souviendra..
        AAAAAAAh un bon vieux Fer6!!!!

        Ah oui mais la belle excuse c’est que l’on manifeste pour le futur?! Arretez de rever éveillé, toute personné née après 1980 l’aura dans le baba pour la pension. Alors vous voulez un bon conseil? N’attendez pas le mécontentement du voisin pour décider d’une grève sans enjeux qui ne fait qu’emmerder ceux qui ne grèvent pas, au lieu de ça allez travailler, rendez-vous vraiment utiles à la communauté et surtout arretez ces grèves, qui ne sont qu’un défilé de moutons de panurge parés de rouge de vert et de bleu!!

        CIT : « ps : je pense aussi que les situations de grève sont des espaces temporels de non-droit où le droit souverain c’est “la grève”.

        Avec de telles pensées et idées, pas étonnant que rien ne bouge jamais dans le pays, Cher Bernie, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Et l’avenir appartient à ceux qui se retroussent les manches au lieu d’enfoncer les mains dans les poches et de se trainer d’un point A à un point B en cuvant, en gueulant et faisant preuve de toute la distinction dont cette populasse est capable…

        Triste éducation…

  11. naelia said

    Je ne désapprouve pas la grève, cependant, si elle est un droit, elle n’est pas un devoir.
    J’étais en ville aujourd’hui, car je suis étudiante et j’ai peu d’argent, je profitais de ce lundi pour faire les soldes et acquérir de nouveaux vêtements et objets, car au prix plein… ben ça ne va pas, c’est trop cher pour moi.
    J’étais dans un magasin et 4 grévistes sont entrés pour l’obliger à fermer. Sachant que les soldes n’ont pas été super bonnes pour les commerçants, que c’est la crise pour tout le monde, je ne peux pas cautionner ce type d’action. Même par idéologie, car comme vous l’avez dit, vous ne pouviez pas vous permettre de ne pas travailler aujourd’hui. Comment pouvez vous décemment cautionner le fait qu’on empêche certaines industries et magasins de faire comme vous?

    edit: correction des fautes d’orthographes

    • dulcinorix said

      Imaginez que vous fussiez en plein désert et que pour vous déplacer vous dépendez d’une machine dont le moteur carbure au sucre. Mais vous êtes en panne de sucre. Il reste des centaines de kilomètres à parcourir. Vous êtes voués à une mort certaine si vous ne parvenez pas à faire tourner ce fichu moteur. Chacun a une petite provision de sucre pour son usage personnel. Il est décidé alors de sacrifier cette petite provision de sucre pour approvisionner le moteur. Ne trouvez vous pas qu’il serait immoral que certains cache une partie de ce sucre, qu’ils le gardent sur eux, qu’ils laissent les autres sacrifier le leur. Dites vous que le sucre coûte une fortune. Que les gens ne possèdent pas grand chose, comme vous. Beaucoup possèdent même moins que vous. Les grandes surfaces commerciales sont en général des chaînes de magasin. La main d’oeuvre qui fabrique les vêtements que vous achetez en solde travaille parfois pour dix eurso par jour, voir pour moins. A cause du dumping commercial américain et européen, les matières premières ne coûtent pratiquement rien. les paysans maliens qui cultivaient du coton ont du fermer boutique. Les actionnaires de ces chaines de magasin touchent des millions d’euros par an.. de dividendes et autres bénéfices.. Quant à vous, pourquoi ne pas décider de faire des économies, de faire vos vêtements vous-mêmes pour empêchez des multinationales d’exploiter honteusement des malheureux. Vous cautionnez cette exploitation. Savez vous qu’en Chine les ouvriers n’ont qu’un jour de congé tous les dix jours. Ils n’ont pas de congé payés. Vous allez faire quoi quand l’austérité battra son plain que le taux de chômage passera à 20% au lieu de 10 ou 15.. Vous ruer sur les jobs disponibles? Croyez-vous qu’on puisse construire une société sur de l’égoïsme? A moins de mentir à tour de bras, de faire passer une chose pour son contraire et de s’exciter sur des boucs émissaires toutes les 10 minutes?

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