Cher Charles

mai 1, 2012

Cher Charles,

Si je t’écris, c’est parce que tu as raison.  L’assistanat est la plaie de notre société. Et même, pas que de la nôtre.

Et puisqu’enfin quelqu’un a eu le courage de le dire haut et fort, je pense que je peux lui offrir mon idée. Je sais que tu en feras bon usage.

Il y a, dans notre pays et dans bien d’autres, un grand nombre de personnes qui n’ont pas appris à prendre leur vie en mains et qui la laissent volontiers entre celles de cet Etat-Providence qui se charge de tout.

Ce postulat de départ n’a rien d’un jugement, c’est un fait. Je ne leur jette pas la pierre, car comme tu le sais, on ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille.

Par contre, et tu en as fait ton leitmotiv comme ton papa avant toi, je pense que chaque citoyen, s’il n’est pas responsable de ses origines, peut l’être de son avenir. Que l’assister sans cesse, c’est lui permettre de se laisser porter et, partant, d’abuser d’un système qu’il faut absolument réformer si l’on ne veut pas tous sombrer.

Le changement vient de l’envie de changement. L’envie de changement vient du besoin de changement. Alors oui, mettons ces gens dans le besoin, cessons de combler ce dernier. Non sans, bien entendu, montrer la voie à ceux qui, soyons encore de bon compte, ne savent probablement pas comment faire. Ne soupçonnent pas que des ressources, ils en ont en eux.

Et pour ça, rien de tel que l’exemple. Si j’ai appris à me débrouiller dans la vie, c’est parce que j’ai vu mes parents faire pareil. Si tu es devenu ce que tu es devenu, c’est parce que ton papa t’en a montré le chemin.

Alors voici mon idée. Elle est un tout petit peu révolutionnaire, mais elle est pleine de bon sens. Elle tient en un mot: solidarité.

Partageons les ressources. Toutes les ressources. Et mettons en présence des gens qui toute leur vie ont montré qu’avec rien, on pouvait faire de grandes choses, comme nourrir ses enfants, les habiller, les conduire à l’école, leur offrir une console à Noël et se payer des caras et des gens qui, complètement désorientés dans leur aisance, ne savent plus que pour consommer, il faut se bouger les fesses.

Donne-toi les moyens de cette politique. Taxons les transactions financières, les fortunes et les revenus immobiliers et prenons cet argent pour engager des sans-emploi et donner aux petits salariés les moyens de cette mission certes difficile, mais pourtant fondamentale pour redonner à notre pays la dignité, la fierté et le bonheur auxquel il aspire et que tu appelles de tes voeux.

Quand l’argent coule à flots, Charles, tu le sais comme moi, on n’est pas armé pour se prendre en mains. On n’en a pas envie, car on n’en a pas besoin et on ne soupçonne même pas qu’on en est capable. Alors fermons le robinet. Les plus nantis diront que tu abuses, certains te traiteront de tous les noms, mais tu sais que leur bonheur est à ce prix et que c’est toute notre société qui en ressortira grandie. Une société pleine de travailleurs qui font un vrai travail.

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8 Réponses to “Cher Charles”

  1. Elisa said

    Vive le partage, la solidarité, seule voie vers la paix

    • J’aimais bien jusqu’à ce que vous proposiez vos solutions : Taxons les transactions financières (en Belgique donc… C’est pas possible d’ouvrir un compte spéculatif à partir de l’étranger? pourquoi je m’en passerais? Celui qui ne sais pas comment faire, je lui explique en 5 minutes), les fortunes (OK, on habite à moins de deux heures de toutes les frontières donc on ne fait que faire fuir les fortunes et les investisseurs) et les revenus immobiliers (ben oui, comme ça les locataires verront leur loyer augmenter, c’est bien sur ce que les propriétaire feront pour ne pas payer eux-même l’impôt supplémentaire) Crier au scandale capitaliste ce n’est jamais difficile mais trouver des solutions innovantes et réalisables c’est bien moins facile.

      • annelowenthal said

        Je ne vois pas pourquoi on rejetterait une idée parce qu’elle n’est pas innovante. Réalisable elle l’est. Et que les fortunes qui veulent fuir le fassent. La France a prouvé que ce n’était pas tellement le cas.
        A un moment, faut revenir à un peu d’éthique. Et si on y perd des billes, on y gagnera au moins en dignité. Il n’y a AUCUNE raison de dispenser une catégorie de citoyens (les plus riches) de solidarité. Aucune.

      • Son said

        Et donc, Sebastien, vous proposez quoi,vous (puisque vous semblez adherer au reste du billet)?

  2. annelowenthal said

    Peut-être qu’il adhère tant qu’on pense que je parle des chômeurs et autres allocataires sociaux? 🙂

  3. Flon said

    J’aimais bien aussi jusqu’à ce que vous proposiez vos solutions.

    Aujourd’hui, on ferme le robinet, ok et alors ? On sera juste plus nombreux à contribuer à payer sans retour, une dette qui ruine nos infrastructures de base.

    Son a dit : « vous proposez quoi, vous (puisque vous semblez adhérer au reste du billet) ? »

    D’abord, un débat sur le fond :

    1) Qui frappe la monnaie ? Quels en sont les instances décisionnaires ? Autrement dit, l’argent dans les mains du privé ou dans les mains du public et qui si publique ? L’argent valeur comptable ou valeur d’échange ?

    et lié à cela

    2) Remettre la souveraineté nationale perdue au centre du débat, Voulons-nous oui ou non un état souverain et comment ? La dette est-elle due, si oui, par qui et pourquoi ? On règle le problème au niveau européen, nouvelle souveraineté ?

    Répondre à ces questions avant de projeter de « remettre au travail » les différents « assistés ». Sinon ce projet légitime est improductif.

  4. Oneill said

    Perso, je trouve que la solution de Sarkozy qui consiste à obliger les chomeurs à se former et ensuite à accepter un boulot qui y est liée est intéressante. Tout comme favoriser l’apprentissage dans les entreprises ou permettre, via le volontariat, à des chomeurs de réaliser quelques heures payées par semaine de travaux pour la communauté. Tout ca permet d’enrichir le cv. Mais comme vous le dites, le principal problème, c’est la famille et l’éducation. Encourager les gens à faire des études techniques, professionelles ou supérieur, ca devrait inciter les jeunes à aller bosser. Il faudrait lutter contre l’absentéisme scolaire en responsabilisant les parents en supprimant les allocations familiales en cas d’absences répétées et après plusieurs avertissements et convocations. L’éducation reste le problème principal, il doit y avoir beaucoup d’autres solutions pour inciter les parents à prendre le role au sérieux et à penser à l’avenir de leurs enfants.

    • Anne said

      C’est pourtant ce qui a déjà lieu en Belgique. Depuis la loi de 2004 sur l’accompagnement actif des chômeurs, beaucoup sont obligés de suivre des formations et beaucoup de formations débouchent sur un emploi, d’autant que des aides à l’embauche ont été mises en place pour les employeurs potentiels.La loi en Belgique va même beaucoup plus loin que ce que Sarkozy propose puisque au-delà de 6 mois de chômage,une personne sans emploi qui pouvait jusque là refuser un emploi dans une branche autre que celle de ses compétences ne peut plus le faire.

      Quant au bénévolat, il est admis depuis longtemps tandis que les quelques heures de travail/semaine payées existent aussi via les ALE.

      Quant au reste de votre commentaire et étant moi-même prof, dans le technique et le professionnel, je peux vous dire que ces types d’enseignement ne suffisent pas à motiver les élèves à travailler. Eux, ce qu’ils veulent pour la plupart, c’est gagner beaucoup d’argent et très vite. Beaucoup issus de l’immigration, ont comme seul modèle des parents bénéficiant du chômage, du CPAS et ce sur plusieurs générations. Difficile dans ce cas de les motiver à aller plus loin que le simple certificat qu’ils obtiendront en fin d’humanité, certains y parviendront mais ils restent des exceptions. Quant à l’absentéisme fréquent, il faut savoir que beaucoup d’écoles, de peur de se voir diminuer leurs subsides ne déclarent pas toutes les absences (le nombre d’élèves étant déterminant pour l’octroi des subsides l’année suivante). Cela-dit, pour les écoles qui suivent strictement la règle, le système de suppression des allocations familiales existe déjà, puisqu’un élève dépassant un certain quota de jours d’absence devient élève libre.
      Enfin, beaucoup de parents se déchargent de l’éducation de leur(s) enfant(s), tout simplement parce que dans certaines cultures (maghrébine notamment), c’est l’école coranique qui est chargée d’éduquer les jeunes. Ces parents reproduisent donc le modèle de leur pays d’origine.

      Quant à la taxation sur les grosses fortunes comme suggérée par A. Lowenthäl, elle risque bien de ne pas avoir lieu, tout simplement parce qu’un état ne veut pas prendre le risque de voir partir à l’étranger des sociétés pourvoyeuses d’emploi. C’est le risque (et je ne suis pas riche.)

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