Les deux tiers de ma vie

mai 21, 2012

Hier, dans un énième débat télévisuel sur le chômage, on a pu assister à un phénomène inédit: pour une fois, personne sur le plateau n’a osé affirmer que la dernière mesure en date était une bonne idée.

Au-delà de ça, on a eu droit aux lieux communs habituels sur l’encadrement déficient des chômeurs, la pénurie de formations, leur qualité parfois douteuse et ces secteurs en mal de main d’oeuvre.

Systématiquement cités en exemples, les métiers du bâtiments et celui d’infirmier.

Le raisonnement est simple, voire simpliste: on manque de maçons, on manque d’infirmiers, formons des maçons, formons des infirmiers.

Soit. C’est imparable. C’est mathématique.

Mais outre qu’une fois de plus le débat ait négligé certaines catégories de chômeurs et certains freins à la recherche d’un emploi (notamment le manque criant de structures d’accueil pour les enfants et le coût de celles qui existent), il est encore passé à côté d’une notion fondamentale à mes yeux: le plaisir.

Nous passons deux-tiers de notre vie au travail. Et nous n’avons qu’une seule vie. Et si certains ressentent une satisfaction au simple fait de se lever tous les matins pour aller travailler, ce n’est pas le cas de tout le monde. Ce n’est pas le mien.

D’aucuns m’objecteront que je dois être responsable, que « dépendre de la société » en touchant ses allocations est avilissant et que profiter de ceux qui travaillent est dégradant.

Je peux comprendre ce qu’ils entendent par là. Je peux comprendre qu’il soit râlant d’aller chaque matin gagner à peine de quoi finir le mois ET fournir leur pitance à ceux qui ne le font pas.

Mais du haut de mes 15 ans de vie active, et pas toujours dans des métiers qui me plaisaient, je considère que je suis d’autant plus en droit de réclamer du plaisir que je vis dans un pays qui, parce qu’il refuse d’en prendre les moyens:

– ne crée pas d’emplois dans des domaines qui me plaisent, pour lesquels je suis formée et qui sont, de l’avis de tous, l’urgence (le fameux non-marchand)

ne m’offre pas la possibilité de trouver un travail qui me permette de gagner  suffisamment pour vivre

maintient l’accès aux études très difficile pour certains (du fait de leur coût, mais aussi du fait des manquements criants de notre société en matière d’intégration – politiques sociales, éducation… -)

– tente chaque jour de me culpabiliser alors qu’il sait pertinemment ce qui précède

– …

Ce qui est avilissant à mes yeux, c’est de jouer dans ce jeu-là.

C’est d’accepter de passer deux tiers de ma vie dans un boulot que je n’aime pas et l’autre tiers à me demander comment payer mes factures.

Ce qui serait avilissant à mes yeux, c’est de foncer vers la fin de ma vie, ma seule vie, aveuglée par des discours qui veillent chaque jour à me faire passer à côté de l’essentiel au nom de ma (!) responsabilité.

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28 Réponses to “Les deux tiers de ma vie”

  1. adam said

    Tout est dit….. chaque vois que je vous lis, je vous trouve de plus en plus….belle 🙂

  2. Nicolas Esprime said

    Et un tiers à dormir.

  3. BaRT said

    Je dois dire que j’ai apprécié, par-dessus tout, votre dernière remarque. Quant au dernier tiers, qui serait de sommeil… il est encore bien souvent le siège inconscient d’une souffrance, certes en surface tue par la nécessité physiologique de la taire, mais dont les remous souterrains trahissent un asservissement sans limite…
    Et dire que nos patrons comme nos élus ne sont grands que parce que nous sommes à genoux…
    http://tarba.wordpress.com/

  4. bernie said

    Anne, il faut réecrire « Anne …pardon, Alice au pays des Merveilles »…Passer de l’autre coté du miroir (le Miroir est un élément Narcissique). IL nous faut un Roi de coeur et une Dame de Pique, une horloge qui tourne à l’envers, un lapin qui « porte le chapeau » donc il ne peut pas « soritr du chapeau »…Relis Carroll Lewis (et pas le film de Wall Disney »)…
    Et bénis chaque jour, d’être en bonne sante, ayant reçu une bonne éducation (enfin, je suppose) de vivre dans une démocratie pantoufflarde, molle, pas sexy…mais ni juste, ni satisfaisante…

    Le reste dépend de toi et non des Autres …le miroir n’est plus narcissique…

    nb : ne me renvoie pas à tes réponses sur le blog…je les connais…mais si tu veux, je peux expliciter mes propres commentaires.

    Bernie

    • annelowenthal said

      Oui, tu peux expliciter. Parce que je ne vois pas du tout ce qui justifie ce petit laïus sur mon narcissisme (que je ne nie pas, hein) dans ce texte.
      Et bon, je peux très bien bénir chaque jour et mes parents ET soulever ce qui a mes yeux tourne mal. C’est parfaitement cumulable, l’un n’annule pas la possibilité de l’autre.

      • bernie said

        Anne,

        Je n’ai pas fait une psychologie de comptoir de « Café du Commerce ».
        Tous ceux qui écrivent et commentent sur un « blog », font un acte narcissique…moi aussi : l’écriture, la réflexion qui la précède normalement, est un acte solitaire, la « rendre publique » c’est une partie de nous que nous « offrons en partage », chacun avec ses pudeurs, ses pudibonderies ou son exhibitionnisme…et ses intentions de quelque nature que ce soit !

        Je ne vais pas faire l’analyse de « Alice… » : C’est un conte philosophique… Ce n’est ni le lieu, ni de ma compétence de le commenter ici.
        Comme tout conte, il a sa part de vérité, d’ « intemporalité », de rêve, et de pistes d’interprétation ouvertes.

        Je vais terminer par une pirouette- cacahuète : l ‘indignation, même bien écrite me sature, dénoncer les « méchants », le « système », critiquer sans jamais rien proposer me fait penser à une pratique d’onanisme intellectuel…Je ne me pose pas en censeur

        Je déteste le « Ce n’est pas ma faute, c’est la faute à… » ; je déteste les Procureurs, les pères-la-vertu, les redresseurs de tort, les « politiquement corrects », les belles âmes, les donneurs de leçons, les vociférations et les injures, les violences verbales ou physiques… .
        « Qui sème le vent,… ».
        J’aime les hommes et les femmes debout qui disent et agissent…
        « Parole, parole » …Ce n’est qu’une chanson.

        Alors, moi aussi, comme ton « fan » marcW : tu m’énerves…pas pour les mêmes raisons…il m’arrive d’être maso…

        C’est pourquoi je resterai « voyeur », « troll » et commentateur : tu es maître de ton blog.

        Bernie

  5. Elodie said

    Anne, merci, encore et toujours, de mettre des mots sur ce que je ressens aussi fort. ❤

  6. marcwinand said

    Tu m’énerves, Anne ! Vraiment !
    Le plus dur avec toi, est de résister à l’envie de ne plus te lire, tant j’ai, à chaque fois, la certitude « d’avoir déjà lu ça quelque part ». Lorsque je termine la dernière ligne, le dernier mot, la dernière lettre d’un de tes articles, de tes posts, de tes commentaires, j’ai une sensation désagréable.
    Celle que je ressens lorsque, attablé dans un bistrot, le garçon me demande: « Et pour vous, Monsieur ? », je réponds: « La même chose, s’il vous plait » ! Cet instant ou l’on a l’impression désagréable d’être un mouton, un suiveur, un « chien de lunette arrière » qui acquiesce à tout, qui opine du chef au dernier intervenant,
    J’ai un certain âge et certains bagages ! Âne ? Peut-être ! Les bagages sont lourds ! Mais pas mouton, pas suiveur…. Et malgré cela… j’acquiesce !
    Tout simplement parce que l’ écho qui me revient est fidèle à ma voix. Sans doute s’agit-il aussi d’une question de bon sens. Celui qui nous rapproche des autres; plutôt que de nous en éloigner. Celui qui ouvre les portes plutôt que les fermer… Sans doute avons nous cela en commun.
    Te lire est un vrai plaisir mais aussi un dur labeur !. Ça prend du temps.
    Tu m’énerves, Anne ! Vraiment !

    .

  7. Frédéric said

    Encore une fois, vive le pays de bisounours. Deux tiers de sa vie au travail? Je calcule. On vit en moyenne, quoi? Disons 75 ans. 75 ans multiplié par 365 jours que je remultiplie par 24 heures ça fait 657000 heures dans sa vie. Je bosse 45 ans. Vous voyez je suis objectif, je compte une carrière complète et une vie assez courte suivant les critères occidentaux. Donc je prends 45 ans que je multiplie par 230 annuels de travail (52 semaines que je multiplie par 5 jours de la semaine dont je soustrais 20 jours légaux et 10 jours fériés) que je remultiplie pour 8 heures (je compte un peu plus pour les consciencieux) ça donne 82800 heures au travail. Je fais une régle de trois car je suis vieux (les jeunes ne connaissent plus ça) donc je fais 82800 divisé par 657000 que je multiplie par 100 et j’obtiens 12,602% de sa vie au travail. Même en chine ils n’arrivent pas à deux tiers… mouarf. Alors bon, on peut quand même se retrousser les manches et ne pas être dépendant au point de ne pas accepter de peut-être et je dis bien peut-être, mordre sur sa chique 12,608% de sa vie à la gagner où du moins à l’améliorer financièrement même au détriment de son amour propre non? Juste envie de dire les vrais chiffres lol

    • annelowenthal said

      Refaites votre beau calcul sur une journée de la vie d’un travailleur. Euh, « lol ».

    • cpierredon said

      Tiens, encore un financier ???
      Tout n’est donc que mathématique ?
      Bien du plaisir devant votre calculatrice, mes moutons vous souhaite une belle vie…

    • Son said

      Parce que le temps passé au travail, c’est seulement le temps passé sur le lieu de travail? ça va devenir dur de justifier les voitures de société.

      Vous croyez vraiment qu’on peut isoler comme ça 12,608% d’une vie humaine, comme si rien n’était lié. Comme si bosser n’impliquait pas de se déplacer (j’ai fait des boulots qui me demandaient 5 heures de trajet par jour, ça fait combien de % ça?), de s’organiser (déposer les gosses à l’école, venir les rechercher), de faire des sacrifices (confier ses gosses à un établissement, pour aller « améliorer » sa vie en passant 8 heures dans un bureau, adapter son deuil au nombre de jours autorisés par loi quand on perd quelqu’un), bref comme si ces 12,608% ne régentaient pas les 87, 392% restants.

      Bosser 8 heures par jour pendant les 45 meilleures années de sa vie, un sacrifice de 12,608%? Franchement c’est vous qui vivez chez les bisounours

  8. hs4020 said

    Que je sache, rien ne vous interdit de vous prendre en main et de ne pas tout attendre d’une société à laquelle vous semblez ne rien vouloir donner.

  9. tourdelplanete said

    C’est une vision du monde que j’ai croisée plusieurs fois sur la route, et qui est partagée de plus en plus. L’idéal serait de refuser toutes sortes d’allocations sociales pour montrer son désaccord complet du système et sa capacité à s’en détacher. C’est le seul moyen pour proposer une alternative plutôt que d’attendre une solution de ceux qui voudraient nous faire passer 2/3 de notre temps de cerveau disponible au mauvais endroit. Amuse-toi bien, Anne.

    • annelowenthal said

      Ben tiens. La seule façon. Bon, je ne dis rien, on va encore dire que je me moque (mais je ris, hein)

      • tourdelplanete said

        Tu peux te moquer, il n’y a pas de problème 🙂 .Ce n’est pas la seule façon peut-être, mais ça permet de relativiser les choses quand on essaie. Après avoir passé 8 mois sur la route, j’ai un peu mieux compris pourquoi la Belgique n’avait presqu’aucun moyen de changer quoi que ce soit au niveau du commerce international ou de l’organisation de son propre système bancaire, et encore moins créer des emplois facilement avec un morcellement politique régional si important pour si peu d’habitants. Malgré tout, la Belgique réussit à fonctionner avec un taux de chômeurs indemnisés élevé (le nombre est élevé, pas le montant de l’allocation), ce qui est déjà un exploit en soi. Une société qui peut se permettre d’avoir un nombre important de personnes sans activité professionelle est une société qui ne va pas si mal.

      • annelowenthal said

        … nous dit quelqu’un qui, probablement, n’est pas dans le cas de ceux qui doivent survivre avec des indemnités. Je me trompe? 😉

  10. tourdelplanete said

    Je ne sais pas encore, je me suis inscrit à Actiris ce mois de mai, je n’ai pas trop compris si je peux obtenir des allocations ou non. Je me suis inscrit en rentrant de mon tour du monde, pendant lequel je n’avais pas de revenus, et je suis actuellement sans emploi.
    http://www.tourdelaplanete.com

    • annelowenthal said

      Et vous comptez demander des allocs ou lutter contre le système en les refusant?

      • tourdelplanete said

        Je ne souhaite pas lutter contre le système, car j’ai l’impression qu’il peut me permettre justement d’éviter de passer 2/3 de ma vie à faire des trucs sans intérêt. Je pensais que toi, Anne, n’étais pas satisfaite de ce dernier, d’où mes commentaires précédents.
        Si je suis éligible, je serais content de percevoir des allocations, mais je cherche actuellement plutôt des aides à la création d’entreprise.
        Pour répondre aussi à ceux qui disent que les chômeurs ne se prennent pas en main, je pense qu’il faut avoir cotisé pour pouvoir être pris en charge, non? Au même titre qu’une pension de retraite, et à ce que je sache, les retraités ne sont pas des assistés.

      • annelowenthal said

        Non, il ne faut pas avoir cotisé. Tout le monde y a droit.
        Je ne suis pas satisfaite, non. Mais refuser des allocations que j’estime insuffisantes me semble la plus stupide des réactions. Sauf si on veut éliminer les sans-emplois de la surface de la terre 🙂

  11. Bidi said

    Quel puissant rappel… Comme le radio-réveil qui sonne de plus en plus fort si nous refusons de nous réveiller. Merci !

  12. Interculturmen said

    Petit nouveau via mon fils, je découvre. Actif (un peu trop dira madame) dans le « Food Associatif » après une carrière au top dans le privé. Je pense : « le plein emploi est devenu une utopie eu égard à la rationalisation du travail et aux nouvelles technologies ». Je pense aussi que « Le social est un des instrument de relance et n’est pas contraire à la croissance économique. Que je sache, les présidents de CPAS et leur personnel, le Forem et ses fonctionnaires ont tous un salaire et donc un emploi. La nourriture achetée par le Food Associatif l’est auprès de société dont nous sommes « bons » clients. La production « verte » si décriée il y a peu se développe. Faut pas être écolo pour connaître la rentabilité du photovoltaïque. Les allocataires sociaux sont des « produits finis » au même titre (si pas plus vu leur composante humaine) qu’un paquet de lessive ou un GSM. Ils ne sont pas plus assistés que l’employé du privé qui ne peut se nourrir sans chèque repas ou se déplacer sans une voiture de société. L’allocataire social réinvestit directement dans l’économie au contraire de l’actionnaire spéculatif. Pour nos distributions de nourritures, nous avons des règles très strictes pour déterminer les bénéficiaires. Notre objectif permanent est d’augmenter sans cesse la quantité à distribuer. Dans un même esprit, il faut augmenter les allocations sociales et en régenter leurs attributions. Régenter en mettant en adéquation les formation et les besoins des entreprises, en gendarmant le prix à la consommation vitale, énergies, garderies, déplacements…,en séparant banques d’économie de banques spéculatives, en favorisant des produits de relance et enfin, donc pas en premier lieu, éviter les abus. Si tout travail mérite salaire, tout allocataire le mérite aussi. Oui au capitalisme avec une gestion saine et prévoyante. Non au capitalisme qui spécule à partir d’émotions émanant des agences de notation ou de politiques en mal de besoins à créer pour justifier leur existence.

    • Jérémy Bourgeois said

      Oui cela s’appelle le liberalisme entrepreneurial, la valeur travail, un gauche du social, une droite des valeurs.

      Nous c’est la société inverse, Liberale-libertaire, Laxisme des valeurs, ultra financiarisation de l’economie, anéantissement du lien social.

      Des concepts…bien peu engageants…On passe au concret?

      Reprendre une politique d’Etat souverain, controle de la monnaie (se fâcher avec les usuriers juifs et alliés de wall street de la BCE, du FMI, leur dire d’aller se faire voir!), controle des frontières, interdiction de délocaliser. BAM !

      C’est la seule solution, elle est sévère, méchante et bénéfique au commun face au 1%…c’est un choix de société…

      « Courage » or not « Courage »….?

      Et « le travail qu’on aime » c’est les shtroumpfs…

      Le travail, ca principale qualité est qu’il rend libre d’esprit…
      Tout ceux qui passent des journées à bosser manuellement me comprendrons…

      • bernie said

        Jérémy,

        Peu importe vos idées : on peut les discuter.
        Mais, l’utilisation d’expressions telles que « usuriers juifs », qui n’a aucun sens, en l’occurrence, sinon de rappeler des souvenirs de la barbarie, est une signature : sous le masque, respire la haine.

        Que les haineux restent dans leur ghetto, avant de nous y parquer ( mêmes des goys comme moi).

        Bernie

  13. Interculturmen said

    Pour préciser ma pensée, je ne crois pas au monopole du social-gauche, pas plus qu’à celui des valeurs-droite. Je crois à ce qu’on appelait jadis « de la bel ouvrage » et qui est la résultante d’un apprentissage rigoureux. C’est une fois la pièce correctement usinée que l’ on se sent valorisé. Quelle que soit le type de pièce fabriquée (matérielle ou soi-même), à quelque niveau social que l’on appartienne. Je ne crois pas aux états souverains mais à ceux qui gouvernent. Je pense que la délocalisation devrait-être celle des personnes via par exemple une AWEX des personnes (chômeurs,…) pour participer au développement économique hors nos frontières. Un contrôle des frontières sera-t-il encore nécessaire? Je sais aussi qu’une erreur serait de croire qu’un gouvernement peut assumer les attentes existentielles des citoyens. Je ne crois pas plus aux classifications telle celle des usuriers. Je crois que nous vivons une époque formidable car tout peut-être réinventer. Même si je sais que le plus fort voudra toujours asservir le plus faible car une révolution populaire n’a jamais profité au peuple. Il faut enlever l’ R de révolution pour passer à l’évolution. En ce début de société post-occidentale, l’occident peut transmettre au monde ce qui a construit son économie. Non pas sa capacité industrielle, çà c’est la résultante, mais son pluralisme. Ce sont des Anglais qui ont forgé nos aciéries, un comptoir Phénicien qui a fait naître Marseille et même des étrangers comme les Normands qui ont fait évoluer l’art Roman en Gothique…

  14. Sarah said

    Moi je suis daccord, et voila ce que j’en dit sans vouloir y raconter ma vie :
    Mon pere est independant, patron d’une petite entreprise et donc travaillant seul, ma mere a commencee tres jeune a travailler au service de l’Etat (dans un bureau quoi), il y a quelques annees elle a ouvert un petit magasin qui completait parfaitement le boulot de mon pere et a elle c’etait son reve et sa passion. Mais voila, le systeme est dur pour une famille vivant sur 2 salaires d’independants parce que rien ne te dit que tu auras du boulot tous les mois.
    Alors j’ai vu ma mere devoir abandonner son reve et repartir travailler dans son bureau (parce que oui il faut bien la faire vivre ta petite famille et qu’a 45 ans sans autres qualifications bonne chance pour retrouver quelque chose de correct), et donc je l’ai vu deprimer au fur et a mesure des annees dans un boulot qu’elle n’aime pas ou elle se sent malheureuse.
    Et aujourdh’ui on voudrait que moi, le jeune, l’avenir, je signe pour une vie comme ca. Et parce qu’il faut bien.
    On voudrait que je ne choisisse pas mes etudes en fonction de ce qui me plait, dans quelque chose ou je me plairait et ou je me sentirais p-e utile, non. Parce que va-t-en donc essayer de vivre de ta passion!
    On passe clairement la majorite de notre vie au travail (il n’y a pas besoin de calculer pour s’en rendre compte),et dans un travail ou bien souvent notre salaire de nous permet pas de profiter du reste de notre vie. Alors si on ne retire meme pas un peu de plaisir au boulot, ou allons le trouver?

    Voila ce que le systeme nous propose comme vie a nous les jeunes…

    Mais il y en a toujours qui diront « ton bonheur ou ton frigo » comme si on devait forcement faire un choix, ou que les jeunes sont feneants, ou que…. ou que….
    Et dans quelques annees quand vous vous serez trop vieux pour travailler, nous nous seronts une generation de deprimes que le systeme aura epuises moralement. Cest beau.

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