Une histoire de seins (Titre pour faire grimper mes stats)

avril 5, 2013

Je n’ai rien contre la nudité. Je n’ai rien contre son exposition dans l’art ni même dans la rue, quand elle se justifie. Je serais d’ailleurs mal placée pour dire le contraire, moi qui ai récemment prêté mon buste confortable dans un clip à paraître bientôt (oui, je fais du teasing).

En ce moment, un mouvement fait beaucoup parler de lui : les FEMEN. Ces femmes, toutes jeunes et minces, qui se désapent pour, je cite une de leurs défenseuses, « nous rappeler qu’une femme jeune, jolie et nue obtient plus facilement l’attention et la parole qu’une autre et nous interrogent ».

Me voilà donc exclue d’un combat qui me concerne, puisque pour ces prétendues féministes, je ne suis pas jolie. Et que ne pas être jolie interdit de se battre pour ses droits.  Mais soit, je vais m’en remettre et pousser un peu la réflexion, n’en déplaise à ces femmes dont on aimerait voir autre chose que les nichons, de temps en temps.

J’ai défendu les Pussy Riot. Pas leur prestation, que je ne suis pas parvenue à trouver intéressante, mais leur liberté. Parce que pour toute idiote qu’elle fut, cette performance ne méritait pas un emprisonnement.

J’ai aussi défendu les FEMEN tabassées dans les rues parisiennes. Et là, je dois admettre que j’ai trouvé du sens à leur action. Aller se dénuder devant des bigots tellement haineux qu’ils descendent dans la rue pour refuser à des gens des droits au seul prétexte qu’ils sont homos, je trouve ça jubilatoire et vachement bien mérité. Et elles ont tellement fait mouche que ces gens ont révélé leur nature profonde en les tabassant.

Donc j’étais partagée. La nudité pour la nudité, ce n’est pas mon truc. Je suis du genre pudique et un peu réac, j’aime bien réserver certaines choses à certaines personnes et j’ai le sentiment que si je banalise ma propre nudité, j’y perdrai en plaisir dans mon intimité. Mais soit. Ca, c’est moi.

Aujourd’hui, une action des FEMEN a fait pencher la balance. Des FEMEN sont allées torse-nu devant la grande mosquée de Bruxelles et tout le monde, moi compris, en a parlé. Des FEMEN. Pas de la cause qu’elles prétendaient défendre, à savoir celle de Amina, une Tunisienne qui a disparu après avoir diffusé des photos d’elle seins nus.

Donc des femmes sont allées choquer des gens qui n’ont rien fait ni demandé à personne, qui allaient juste à la mosquée, qui allaient forcément être choqués (et c’est bien leur droit) et qui ne peuvent rien pour la cause qu’elles disent défendre.

Elles ne sont pas allées devant l’ambassade. Elles ne sont pas allées devant une instance d’un pouvoir encore trop machiste. Elles sont allées devant une mosquée, sous-entendant par là que le fait même de pratiquer une religion est condamnable et que sans les musulmans, Amina n’aurait pas eu de problèmes. Comme si moi, baptisée, j’étais responsable de la propagation du sida en Afrique. Et que sans les religions, il n’y aurait pas de sexisme. Comme si la religion était la cause du sexisme et pas juste sa justification pour certains, au même titre que d’autres s’appuient sur de la pseudo-science pour légitimer des comportements similaires.

Bref, aujourd’hui, les Femen ont fait parler d’elles en heurtant des gens.

Et la féministe assumée que je suis désormais tient à leur dire qu’elle en est désolée.

14 Réponses to “Une histoire de seins (Titre pour faire grimper mes stats)”

  1. Etienne Keymolen said

    Effectivement, si on veut attirer l’attention par n’importe quel moyen on finit par se détourner du sujet initial, ça n’a plus aucun intérêt. Mais dans ce cas ci comme tu le soulignes il y a un mélange de n’importe quoi avec des amalgames qui n’ont aucune logique. Je trouve que c’est faire du bruit juste pour faire du bruit, mais que le vrai problème passe en fin de compte inaperçu !!

  2. Thierry Iks said

    Si vous voulez un article bien écrit sur les Fémen, voyez le « ticket de Metro d’Ovidie » paru il y a quelques semaines.

  3. Ash Deuzo said

    grande justesse d’analyse de ce Femenomène

  4. D’accord en tout avec vous, Anne: il ne faut pas tout mélanger. Par contre, je scinderais foi et religion. La foi est personnelle, sacrée et respectable. La religion, les grandes religions monothéistes que nous connaissons sont dirigées par des clergés masculins et, disons, peu gender friendly. Il n’y a qu’à voir quels sont les membres de l’ONU qui ont trainé la patte, à NY le mois dernier, pour faire passer la déclaration contre les violences faites aux femmes (Vatican, Iran, Egypte, Soudan). La séparation du temporel et du spirituel, la parité : des notions chères à mon coeur.

    • annelowenthal said

      Bien sûr, oui, il faut distinguer. J’ai l’habitude de dire qu’il ne faut pas confondre « religion » et « religieux », c’est un peu dans le même esprit, je crois… Si ce n’est que la personne qui pratique une religion ne l’approuve pas forcément dans tous ses principes. Il y a des gens qui se contentent de leur foi, il y en a qui ont besoin de la pratiquer. Certes selon des dogmes « imposés » par des religieux pas souvent très ouverts, mais on va dire que c’est tout ce qu’ils ont, en attendant une évolution, pour laquelle certains luttent en interne…

  5. Zeb said

    Injurier les cathos ok. Les musulmans pas touche. Les gauchos, comme en 40, feront les meilleurs collabos.

    • annelowenthal said

      Et donc, vous ne savez pas lire, c’est ça?
      Parce qu’il y a comme une légère différence entre aller prier dans un lieu de culte et descendre en rue manifester. Vous comprenez? Ca ira? Parce que sinon, je peux vous expliquer la différence, hein, j’aime bien être pédagogue!

      • Zeb said

        Votre indignation est selective. Manifester dans une cathedrale ok mais a l’exterieur d’une mosquee c’est un manque de respect des croyants.

      • Ok. Vous ne savez pas lire.

      • Thierry Iks said

        Il n’est de pire sourde celle qui ne veut pas entendre…

      • Thierry Iks said

        Bien entendu (si je puis écrire donc – rires) que son indignation est sélective.

      • Thierry Iks said

        Avant de proposer la pédagogie, Anne, essayez de ne pas trébucher dans le tapis de votre mauvaise foi et de ne pas poser votre pèche derrière le rideau de vos contradictions.

  6. « Me voilà donc exclue d’un combat qui me concerne, puisque pour ces prétendues féministes, je ne suis pas jolie »

    Qui a prétendu que tu n’étais pas jolie ? Chiante, oui, mais moche, certainement pas !

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