Une histoire de files.

juin 11, 2013

35 euros pour passer devant les autres. La belle affaire.

Ca existe déjà. Dans des parcs d’attraction, dans les aéroports, dans les gares…

Dans un pays où de plus en plus de gens ne peuvent pas s’offrir une journée dans un parc d’attraction ou un voyage, même en train.

Ni même payer la note de l’enseignement gratuit… qui envoie désormais des huissiers pour réclamer son dû (je le sais, j’y ai eu droit). Ni même payer le voyage scolaire. Ni même remplir la hotte de Saint Nicolas. Ni même s’habiller de neuf, ni même se chauffer ou manger à leur faim.

Dans un pays où, du jour au lendemain, des gens qui gagnaient péniblement 1700 euros par mois se retrouvent à 400, parce que leur patron, grassement arrosé par l’Etat, a décidé qu’il pouvait gagner encore plus de fric ailleurs.

Walibi, ça a toujours été trop cher. Ca a toujours été un truc que bien des gens ne peuvent pas s’offrir à moins de renoncer à autre chose de tout aussi inutile si l’on considère que s’amuser est inutile, bien sûr. Ou qu’on n’a pas le droit de trouver Walibi amusant. Ca a même toujours été un truc auquel des gens renonçaient pour pouvoir remplir leur caddie à la fin du mois.

Walibi, c’est une boîte privée. Comme Abercrombie, le resto du coin, le marchand de tapis et celui de bagnoles.

Bien sûr que tout le monde ne peut pas s’offrir tout ça. Bien sûr que ce n’est pas normal. Bien sûr que quand un ministre organise une réunion-sandwiches ou une conférences de presse dînatoire ça lui (nous) coûte la moitié d’une allocation de chômage au taux maximum. Bien sûr que le mec chargé de rédiger un communiqué outragé sur Walibi qui contribue à la création d’une « société à deux vitesses » gagne au moins 3 fois le salaire d’un employé à la maintenance chez Walibi qui doit en plus payer le salaire des attachés de comm des ministres.

Bien sûr que s’offrir une priorité dans les files de Walibi, des fringues chez Abercrombie, un resto gastronomique, un tapis persan ou une grosse bagnole, ce n’est possible que pour une partie de plus en plus infime de notre société. Mais c’est ça le problème: qu’une partie de plus en plus infime de notre société possède la partie la plus importante de notre argent. Sans même  parfois devoir contribuer un tout petit peu au bonheur des autres.

Alors moi, quand un ministre socialiste éructe sur une boîte privée qui décide que certains de ses clients pourront passer devant les autres parce qu’ils allongent plus de fric, ça ne me fait même plus rigoler.

Lire aussi: un autre blog sur le même thème

4 Réponses to “Une histoire de files.”

  1. Etienne Keymolen said

    A mon avis bientôt, pour voter, ceux qui auront leur carte du partis socialiste pourront passer devant la file !!🙂

  2. Bernard Halleux said

    Une seule réponse effective : le boycott. Parler ne fait qu’augmenter l’effet recherché, dans la comm : « en bien ou en mal, l’important c’est d’en parler » !

  3. Didier Van Mittal said

    Le boycott est la seule réponse, oui.

    Pour ma part, je perçois Walibi comme un repère de barakis. Comprenez que je ne m’y sens pas à ma place. Alors, que le ticket d’entrée soit gratuit ou à 250 euros ne change rien pour moi.

  4. Didier Van Mittal said

    N’empêche, bon titre : « une histoire de fil(l)es ». Lent à la détente mais j’apprécie :p

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