Afghans: une expulsion illégale?

septembre 26, 2013

Il y a quelques jours, 450 Afghans déboutés de leur demande d’asile ont décidé d’occuper ensemble un bâtiment de la rue du Trône afin de mener ensemble un combat contre leur expulsion dans un pays où le nôtre fait, avec d’autres, la guerre.

Leur première action a consisté à demander audience à Elio Di Rupo, en vain.

La semaine dernière, Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles, s’essayait au chantage pour faire sortir ces gens. En vain.

Hier, tous les Afghans se sont dirigés vers la rue de la Loi pour demander une entrevue à notre premier ministre. Ils se sont retrouvés face à un barrage et à un énorme déploiement de force. La manifestation, pacifique et familiale, a été perturbée par quelques excités. Des pavés auraient été lancés. Pour mettre fin à ces agissements, la police a chargé. Tout le monde. Des enfants ont été aspergé par l’autopompe, gazés, mordus par des chiens. Des hommes ont été arrêtés et, a-t-on appris ce jour, emmenés en centre fermé.

Pendant ce temps, les médias relayaient les déclarations d’Yvan Mayeur (Président du CPAS de Bruxelles) et du SAMU Social de Bruxelles selon lesquelles ils renonçaient au bâtiment, à l’origine prévu pour le plan hivernal

Ce jour

Ce matin, ce qui reste du groupe s’est rendu pacifiquement devant le cabinet de Maggie De Block, secrétaire d’état compétente. Après un sit in sur place, ils sont rentrés à la rue du Trône et ont organisé une conférence de presse.

Une fois la presse partie, la police est arrivée pour procéder à l’expulsion du bâtiment (expulsion en cours au moment de la rédaction de ce texte).

Personne n’a rien pu emporter. Ni bagages, ni médicaments, ni langes pour les bébés. Les hommes ont été séparés des femmes. A l’une d’elle qui demandait pourquoi, une policière a répondu: « Vous allez devoir apprendre à vivre séparés de vos familles et ça commence maintenant« .

Des bus attendent. Des policiers ont ordonné à certaines personnes de se disperser. On ne sait rien de la destination de ces gens.

La Ligue des Droits de l’Homme, notamment, est sur place. Des médias sont revenus. L’huissier montre l’ordre d’expulsion. Il est daté du 10 septembre et a été rédigé à la demande du SAMU social, représenté par Marc Uyttendaele.

Mais, précise l’huissier, l’ordre d’expulsion a été donné par la Ville de Bruxelles.

A la Ville du Bruxelles, on déclare que la demande émane du propriétaire privé du bâtiment, sans pouvoir préciser qui il est…

Le président de la Ligue des Droits de l’Homme, Alexis Deswaef, estime que l’expulsion est illégale, puisque l’ordre est rédigé au nom du SAMU, qui a renoncé à l’expulsion et que c’est la Ville (qui n’est pas propriétaire du bâtiment) ou le propriétaire du bâtiment qui en a demandé l’exécution aujourd’hui.

Nous sommes en Belgique, capitale de l’Europe, le 26 septembre 2013. Il est 17h44. Tout le monde est dehors. Heureusement, il ne pleut pas.

3 Réponses to “Afghans: une expulsion illégale?”

  1. […] Billet de Anne Löwenthal sur son blog « Afghans: une expulsion illégale?« ; […]

  2. […] Le 26 septembre dernier, la policé procédait illégalement à l’expulsion d’un bâtiment occupé par plus de 400 […]

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