Madame De Block-Mevrouw De Block

novembre 19, 2013

Photo: Salim Hellalet

Photo: Salim Hellalet

Madame De Block,

Je m’adresse à vous avec les seules armes dont je dispose. Quelques photos et ma plume.

Je vous écris d’être humain à être humain, de femme à femme, de mère à mère.

Je vous écris parce que je ne sais pas quoi faire d’autre. Je vous écris pour ce petit garçon, qui vit depuis 4 jours dans une église à 7 degrés sur un sol glacé. Je vous écris pour ses parents. Je vous écris pour sa petite soeur encore au sein.

Je vous écris parce que je crois que parmi vos qualités, il y a le coeur et le courage. Parce que je crois que vous avez été heureuse d’hériter des dossiers d’asile et de pauvreté. Parce que je sais que vous saviez que ça serait dur, qu’on vous attaquerait de toutes parts, y compris de manière abjecte.

Je vous écris parce que je pense que vous n’avez jamais rêvé de voir les sondages pencher en votre faveur grâce aux intentions de vote de gens qui me traitent de boudin, de connasse, qui disent que je rêve de me faire « enculer par un Afghan » (sic) tellement je suis désespérée, qui me conseillent, les imbéciles, des les accueillir chez moi, avouant par là leur indifférence au sort d’êtres humains.

Je vous écris parce que je pense que vous n’êtes pas (encore) obnubilée par le pouvoir au point de jouer avec la vie des gens pour des raisons vulgaires, comme ceux qui ont chassé ceux du Gesù l’autre jour.

Je vous écris parce que je n’arrive pas à pleurer tellement je suis sidérée.

Je vous écris parce qu’il y a des gens à la rue depuis des mois. Parce que ces gens ont été frappés, aspergés de gaz, mordus par des chiens policiers. Parce qu’ils errent de squat en squat avec leurs enfants. Parce que leurs enfants sont en train de tomber malades.

J’écris à l’être humain, à la femme, à la mère que vous êtes et je vous supplie de les écouter.

Et d’écouter ces Afghans qui ne demandent pas grand chose. Ils ne veulent pas mourir sous nos bombes ou des armes talibanes. Ou de froid, collés au sol gelé d’une église.

Je n’écris pas à la secrétaire d’Etat. Je n’écris pas au médecin. Ceux-là sont avant tout une personne. Et la personne que je suis, moi, ne comprend pas ce que vous êtes devenue.

Et la personne que je suis, moi, n’acceptera jamais qu’on regarde sans broncher des êtres humains mourir au nom d’arguments politiques.

____________________________

Mevrouw De Block,

Ik richt me tot u met het enige wapen dat ik heb : een paar foto’s en mijn pen.

Ik schrijf u van mens tot mens, van vrouw tot vrouw, van moeder tot moeder.

Ik schrijf u, want ik weet niet wat ik anders zou kunnen doen. Ik schrijf u voor dit kleine jongetje, dat al 4 dagen in een kerk woont in een temperatuur van 7 graden, op een ijskoude vloer. Ik schrijf u voor zijn ouders. Ik schrijf u voor zijn kleine zusje dat nog borstvoeding krijgt.

Ik schrijf u omdat ik denk dat u bovenop uw vele kwaliteiten ook een hart hebt, en moed. Omdat ik geloof dat u blij was de asiel- en armoededossiers over te nemen. Omdat ik zeker weet dat u zich bewust was hoe moeilijk het zou worden, en dat u langs alle kanten zou worden aangevallen, tot zelfs op verwerpelijke wijze.

Ik schrijf u, omdat ik denk dat u er nooit van heeft gedroomd te stijgen in de polls vanwege de stemmen van zij die me uitschelden voor vetzak, kieken, en die zeggen dat ik ervan droom « door een Afghaan van achter gepakt te worden » (sic) omdat ik zo wanhopig zou zijn – het zijn dezelfde idioten die me aanraden hen dan maar bij mij thuis op te nemen – en op die manier toegeven hoe onverschillig ze wel zijn wanneer het om het lot van andere mensen gaat.

Ik schrijf u omdat ik geloof dat u (nog) niet helemaal bezeten bent door macht, en dat u nooit om ordinaire redenen zou spelen met mensenlevens zoals zij die, eerder deze maand, de mensen uit de Gesu hebben verjaagd. Ik schrijf u omdat ik zo geschrokken ben dat ik niet eens kan huilen.

Ik schrijf u omdat er al maandenlang mensen op straat leven. Omdat die mensen werden geslagen, met traangas besproneid en door politiehonden gebeten. En omdat diezelfde mensen, samen met hun kinderen, dwalen van leegstaand pand naar leegstaand pand. En omdat diezelfde kinderen ziek aan het worden zijn.

Ik schrijf aan de mens, de vrouw, de moeder die u bent, en ik smeek u naar hen te luisteren. Ik smeek u te luisteren naar deze Afghanen die niet veel vragen. Ze willen niet sterven, niet door onze bommen en niet door de wapens van de Taliban. En ook niet door de kou, bevriezend op een harde kerkvloer.

Ik schrijf dit niet aan de Staatssecretaris. Ik schrijf dit ook niet aan de dokter. Want ook zij zijn in de eerste plaats mens.

En de mens die ik ben, die begrijpt niet wat u bent geworden.

En de mens die ik ben, zal nooit aanvaarden dat men zonder een kik te geven toekijkt terwijl andere mensen doodgaan in naam van politieke argumenten.

5 Réponses to “Madame De Block-Mevrouw De Block”

  1. Dr De Block,

    Si vous vous rendez au centre-ville, je vous conseille de visiter l’Eglise du Béguinage. A l’intérieur, vous verrez des enfants. Ils courent, ils essayent de jouer, ils cherchent des choses à faire.

    Arrêtez-vous un instant, et prenez la main d’un des enfants. Ou tenez deux mains. Sentez l’effet que cela vous fait. Sentez cette petite main, et sa température. Vous allez sans doute, par instinct, vouloir les rechauffer de vos grandes mains qui ont encore bien chaud. Car petite main risque d’être froide, très froide. Trop froide que pour rester en bonne santé. Docteur De Block, il est question de circulation sanguine là. Il est question d’hypothermie, ou ‘onderkoeling’ comme on dit en beau néerlandais.

    Bien à vous.

  2. Lionel said

    Madame De Block,

    J’aimerais comprendre pourquoi il vous est impossible de faire autrement que d’appliquer la loi « à la lettre », alors qu’au même moment, vos confrères mettent déjà la dernière loi qu’ils ont voté, sous un régime de « souplesse bien opportune ».

    Je parle bien sur de la loi sur les limitations à (seulement) 290.000€, des grands patrons. Parce que, si j’ai bien lu, la limitation est désormais de 290.000€ « à peu près », alors que les familles afghanes, elles, sont expulsées méticuleusement et avec zèle…

    Bien à vous

  3. sbille said

    Etre médecin avoir donc réussi de brillantes et difficiles études ne signifie pas pour autant avoir l’intelligence solidaire. Dans l’histoire récente de nombreux docteurs en médecine étaient de purs salauds, de vrais salauds ! Cette ministre devrait se faire soigner ! Hélas pour elle, mais, face à l’histoire, elle ne fait pas le poids!

  4. bernardhalleux said

    Belle traduction : on voit que tu es trilingue (cela sert pour une réinsertion professionnelle)

  5. Jean Jauraissu said

    Madame De Block,

    Connaissez-bous Yves Duteil ? C’est un formidable chanteur à qui on doit « Prendre un enfant par la main ». Lisez les paroles, elle sont touchantes d’humanité.

    Enfin, merci de vous faire poser un anneau gastrique et de vous mettre au sport. Je n’écris pas cela pour me moquer de vous. Comprenez que lorsque votre obésité vous mènera à l’hôpital pour divers maux, vous ferez un sacré trou dans le sécu, ce qu’on ne peut se permettre par ces temps de crise.

    Merci.

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