Une trop banale arrestation…

février 22, 2014

Voici le récit de ce qui s’est passé mercredi. Les parties en grasses sont écrites par mon frère Xavier.
Le mercredi 19 février juste avant 17h30, mon frère Xavier Löwenthal et moi arrivons à pied par la rue du Trône vers l’établissement « L’Horloge du Sud » (à l’angle de la chaussée de Wavre et de la rue du Trône), où devaient se tenir à partir de 18h une exposition (avec notamment des dessins de mon frère) et un débat autour de la lutte des Afghans sans papiers organisé par le Centre Librex.
Je marche derrière mon frère, qui arrive au passage clouté et, les voitures venant de sa gauche s’arrêtant, commence à traverser alors que le feu pour piétons est encore rouge. Je le suis et traverse au vert.
On revenait du béguinage. On n’était pas en retard, mais excités à l’idée de rejoindre nos amis. Enthousiastes, quoi. Je vois de loin quelques amis, qui ne me voient pas. Pressé de les rejoindre à l’intérieur de la taverne, je profite de l’arrêt des voitures au feu rouge pour entamer la traversée de l’avenue de la Couronne.
Devant la porte de l’Horloge du Sud se tient une policière (il y a presque chaque jours deux policiers là, m’a-t-on dit) et je vois qu’elle interpelle mon frère et l’invite à le rejoindre. Il obtempère, tandis que le commerçant de l’angle juste en face me retient et me dit que le feu est rouge. Je vois mon frère sortir sa carte d’identité. Le feu passe au vert, je traverse et les rejoins.
Arrivés sur le trottoir d’en face, il me reste à traverser la chaussée de Wavre et je suis arrivé. Les voitures sont à l’arrêt. Le feu vient aussi de passer au rouge. Une policière me fait signe de la rejoindre. Docile, je m’exécute. « Deux carrefours traversés au rouge, c’est trop! Donnez-moi vos papiers! » Bon, je me sens un peu piégé. J’ai effectivement traversé une demi chaussée au rouge. Le délit n’est pas contestable. Mais le deuxième, c’est sur son injonction. Ça va faire cher, c’est sûr. Je suis un peu énervé, du coup. Je lui demande si j’ai mis quelqu’un en danger. Elle me répète, pas calme du tout, « Donnez-moi votre carte d’identité! » et je lui répète « Est-ce que j’ai mis quelqu’un en danger? »
 
J’ajoute, sortant ma carte d’identité de mon portefeuille: « je vais vous la donner, mais répondez-moi donc: est-ce que j’ai mis quelqu’un en danger? » Je la vois chipoter à son walkie-talkie, me répétant de plus en plus énervée: « monsieur, donnez-moi votre carte d’identité! » Je la lui donne. (J’ai appris depuis qu’on ne doit pas la donner, mais simplement la présenter. On ne m’y prendra plus: puisqu’elle avait ma carte d’identité et qu’elle n’était pas du tout disposée à me la rendre, j’ai été forcé de les suivre, après.)
La discussion s’envenime, la dame nous dit qu’elle nous a sauvé la vie, et je lui indique que je vais filmer et que je veux voir son numéro de matricule. Elle refuse et me dit que je le verrai sur le PV. J’insiste, elle refuse, je lui dis que c’est la loi, qu’elle est dans l’exercice de ses fonctions et qu’elle doit être identifiable. Elle ouvre son gilet fluo et nous le montre.
Entretemps arrive Isabelle (une autre des exposantes) et la policière lui demande de circuler. Je demande pourquoi, Isabelle lui fait remarquer qu’elle est sur la voie publique et fait ce qu’elle veut.
La policière nous dit alors qu’elle va appeler des renforts. Je lui demande « Mais vous êtes imbécile ou quoi? ».
Alors là je me dis immédiatement: houlà! dangereux, le mot « imbécile » et je retiens ma sœur et précise immédiatement: « elle ne vous a rien affirmé. Elle a juste posé une question! » Enfin, bref, on frise l’outrage, là.
Je confirme, je lui dis « Je ne vous traite pas d’imbécile mais je vous demande si vous ne trouvez pas imbécile et stupide d’appeler des renforts pour ça ». Elle appelle les renforts.
Non, les renforts étaient déjà appelés. Dès qu’elle a chipoté à son walkie-talkie. Avant la petite question dangereuse. Elle a rechipoté à son walkie talkie quand Anne est arrivée.
Deux voitures arrivent, toutes sirènes hurlantes et se garent… sur le passage clouté. La discussion est vive, un policier nous demande ce qui s’est passé, tout le monde parle en même temps, tout le monde est énervé. Je ne sais plus trop ce qui s’est dit. Je me souviens que la policière a dit que je l’avais traitée de stupide et que j’ai expliqué: « J’ai dit que c’était stupide d’appeler des renforts pour ça et je répète que je trouve ça stupide ».  Il invite sa collègue à donner sa version et nous dit qu’on donnera la nôtre ensuite. Elle est toujours en train de s’énerver, je lui dis « mais allez, donnez votre version ». Le policier me dit de me taire. Je dis « Mais vous lui dites de donner sa version, elle ne la donne pas! ». Il me dit de me calmer et la policière donne sa version.
Les policiers d’intervention étaient plus calmes que la policière. Il faut dire qu’ils étaient au moins quatre. Ou six, je ne sais plus. Des gens sortent du café pour voir ce qui se passe. Les passants doivent faire des détours. 
Elle explique que mon frère et moi avons brûlé deux feux rouges. J’interviens et je dis « C’est faux, vous mentez ». Son collègue me parle d’outrage. Je réponds que ce n’est pas un outrage, que je dis qu’elle ment. Elle me hurle dessus: « Vous, vous n’avez rien à voir avec ça alors taisez-vous ». Je réponds « Ben faut savoir, j’ai brûlé les feux ou je n’ai rien à voir avec ça? ». Elle parle de trouble de l’ordre public. Mon frère montre tout ce qui est là (plusieurs policiers, deux voitures garées n’importe comment, un attroupement) et dit « c’est vous qui troublez l’ordre public! »
En effet, c’est ce qui m’a été reproché dès l’abord: j’ai mis la sécurité d’autrui en danger (avec mon corps d’athlète, j’aurais pu sprotcher la porsche cayenne qui attendait au feu rouge, c’est vrai) et « troublé l’ordre public ». C’était cocasse, tout ce bordel parce que j’avais « troublé l’ordre public » en traversant une demi-chaussée sans embêter personne. A la fin, on peut le dire: j’ai vachement troublé l’ordre public, mais on m’a vachement aidé, la vache!
Par deux fois, on nous a dit de nous taire « ou alors on serait emmenés au poste ». J’ai parlé de chantage, quelqu’un a parlé de menace quand le policier a fait le même genre de remarque à une personne qui assistait à la scène.
Finalement, la policière ayant fini de raconter sa version, un policier dit à mon frère: « Bon, venez au commissariat, vous pourrez raconter votre version, il y en a pour 5 minutes ».
Je demande s’il est vraiment nécessaire de se déplacer au poste de police pour une si petite infraction. Si on ne peut pas simplement dresser le procès verbal et voilà. Quelqu’un leur dit gentiment que notre présence est indispensable à l’Horloge du Sud pour l’exposition et le débat qui vont y avoir lieu. Un policier répond calmement: « mais ce ne sera rien, juste une déposition. Dans cinq minutes c’est fini et ils reviennent. »
Je décide d’y aller aussi. Mon frère dit que je n’ai pas à y aller, le policier dit « Elle aussi ».
A noter que j’ai filmé en deux fois toute la scène et que je l’ai signalé à tout le monde.
Arrivés au commissariat d’Ixelles, on me demande ma carte d’identité. Je demande pourquoi, puisque je n’ai rien fait. On me dit de ne pas discuter et de la donner. Je la donne.
Alors on attend calmement en devisant gentiment avec deux jeunes-filles qui attendent une amie. Elles ne croient pas qu’on est là parce que j’ai traversé un carrefour au rouge, à pied. Elles se marrent. Nous aussi. Bref on attend. Comme ça dure un peu je demande ce qui se passe. Un policier me dit en ricanant: « vous savez, c’est la police, on est toujours un peu lent à la police. » Je lui répond que pour intervenir, ils avaient été très rapides. Ce policier ne cessera plus de me narguer.
On attend 25 minutes et 6 (je crois) policiers arrivent vers nous et nous disent « Voilà, on a eu notre supérieur en ligne et on vous arrête administrativement pour une durée de 12h. Vous allez être transférés à l’Amigo ».
On demande pourquoi. On nous dit de ne pas discuter et de nous lever. On se fâche et on refuse d’être arrêtés sans savoir pourquoi. On nous dit qu’on aura un numéro de PV. Je ricane et dis qu’on n’a jamais de numéro de PV dans ces cas-là. Mon frère se fâche et exige de savoir pourquoi on est arrêtés.
En gros, un policier calme et poli nous signifie notre arrestation. Je suis totalement interloqué. Je demande le motif de cette arrestation. On me dit que, s’agissant d’une arrestation administrative, on n’a pas à m’en donner la raison. Qu’on nous dira ça le lendemain, à notre libération. Je m’énerve, pour le coup, et je demande à voir le commissaire, le bourgmestre, un avocat. On se marre et on me dit que non, et voilà.
Mon frère dit « Vous savez, je crois que ce n’est pas très malin de nous arrêter nous… vous allez entendre beaucoup parler de cette histoire ». Ils se marrent. Je dis « Vous pouvez rigoler, mais il a raison, vous êtes encore une fois en train de faire une belle opération de pub ». Ils se marrent.
Comme je proteste encore un peu, on me bouscule fermement, on me dit que si je n’obtempère pas, c’est par la force qu’on me fouillera et m’enfermera. Bon, je le conçois… Je les suis. Je dis à la policière hilare et triomphante, qu’on croise à ce moment: « vous, vous n’avez pas fini d’entendre parler de cette histoire. »
On les suit, chacun dans un pièce. Dans la mienne, il y a plusieurs policiers, et la policière qui a verbalisé mon frère entre. Elle me regarde en rigolant. On me dit qu’on va me fouiller, que je vais devoir me déshabiller et les hommes se dirigent vers la sortie. Je dis que je refuse que cette femme me fouille. Elle ricane. Un policier me dit « C’est un policier, madame ». Je me fâche, je dis que je m’en fous et qu’il est hors de question que je me déshabille devant elle ou qu’elle me touche. Ils la font sortir et envoient une employée administrative pour assister à la fouille. Je dois me déshabiller entièrement, chaque pièce de vêtement est observée avec attention. Mon téléphone clignote dans mon sac, je vois que c’est un ami du comité de soutien des Afghans, je me penche pour décrocher et crier qu’on est arrêtés pendant 12h. On me prend mon téléphone. Je me rhabille et je dis à un policier revenu dans la pièce que mon fils (14 ans) est seul à la maison. Il me dit qu’il peut appeler quelqu’un. Je lui dis d’appeler son père. Il tombe sur le répondeur. Je lui demande si je peux appeler moi-même mon fils. Il me le permet, j’appelle mon fils, tente de lui expliquer. Je demande si je peux rappeler son père, on me le permet. Je laisse un message. Je demande si je peux appeler une collègue de son père. On me le permet, je l’ai en ligne. Plus tard, le policier me dit qu’il a pu joindre le père de mon fils.
Même opération pour moi. Le truc habituel: vider ses poches, retirer ceinture et chaussures, puis se déshabiller, fouille des chaussettes, slip baissé… Au moment du slip, je leur dit que ce n’est pas nécessaire. J’ai déjà été arrêté, je le sais. Ils me crient d’obéir où ils le feront de force. Je baisse mon slip, de dos. Je peux le remonter et me rhabiller. On me demande s’il faut prévenir quelqu’un qui m’attendrait. Je donne le numéro de Judith puis je me ravise: inutile de l’inquiéter. Ils insistent que j’y ai droit. Mais personne ne m’attend, sauf à l’Horloge du Sud, et ils doivent se douter de ce qui est en train d’arriver. Clang! fait la grille sur le chambranle.
Ils fouillent toutes mes poches, vident mon portefeuille, établissent la liste de ce que je trimbalais puis me font signer deux papiers: sur l’un figure « trouble à l’ordre public, outrage et menace », que je refuse de signer. Sur l’autre, la liste de mes affaires, que je signe. Pendant l’inspection, un policier a shooté dans mes chaussures. je lui ai fait la remarque: « vous n’avez pas à shooter dans mes chaussures ». il m’a demandé de lui répéter ce que je venais de dire. je lui ai demandé « pourquoi vous shootez dans mes chaussures? » et agressivement, ou de façon agacée, on va dire, il m’a rétorqué: « je vérifie qu’elles ne contiennent rien de dangereux! ça va? »
On nous emmène en cellule (chacun dans une cellule), sans nos affaires (poches vidées, pas de veste ni écharpe, pas de chaussure, pas de soutien-gorge). Mon frère reçoit la liste de ses affaires et un document à signer. Je lui crie « Ne signe que la liste! ». Ma liste à moi arrivera bien plus tard. Je la signe mais pas l’autre document. Je demande de l’eau, personne ne me répond. Plus tard, quand il n’y a plus personne dans le couloir (on les entend de l’autre côté de la porte, donc on sait qu’ils nous entendent aussi), je crie que c’est la loi, on a droit à de l’eau. Quelqu’un finit par m’amener de l’eau. Au bout d’un certain temps on demande pour aller aux toilettes. Pendant au moins une heure. Heure durant laquelle un policier passe deux fois la tête et ricane. (Plus tard, il dira à mon frère qui lui demande pourquoi on nous traite comme ça « Vous ne nous respectez pas, on ne vous respecte pas »). Finalement, quelqu’un vient chercher mon frère (celui qui ricanait) et un autre vient me chercher (celui qui m’a permis d’appeler).
En sortant des toilettes, je me lave les mains et demande si l’eau est potable. Il me répond que oui et je bois. Il me dit « Vous savez, on peut vous donner de l’eau ». Je lui dis « Oui mais quand on en demande, c’est comme pour pisser, on nous fait poireauter des heures ». Je lui demande ce qui se passe dans la tête de quelqu’un qui entend qu’on a besoin d’aller au toilettes, ne répond pas à notre demande et se moque de nous. Il me dit qu’il ne sait pas, il n’était pas là. Il nous explique qu’on est tous les deux là pour trouble de l’ordre public, que mon frère est là aussi pour menaces et moi pour outrage. Plus tard j’ai dû retourner au toilette et il est venu presque immédiatement.
A un moment, on entend au loin des voix qui crient « Libérez nos camarades! »
Oui, Anne râle, elle a envie d’une cigarette. Moi aussi. Je sais qu’on est là pour très longtemps, qu’on n’a aucun repère temporel puisque montre, téléphone, etc. nous ont été confisqués. On va passer une sale nuit. Les cellules d’Ixelles sont propres. A l’Amigo, ça m’étonnerait. Le meilleur moyen de passer ce temps, c’est encore d’essayer de dormir. On n’a rien à lire, et rien pour gratter les murs ou dessiner. Je me demande bien pourquoi. Il paraît qu’on pourrait tenter de se suicider avec les pages d’un livre… On aurait eu le temps de crever dix-huit fois si on avait été malade, hypoglycémique ou épileptique, puisqu’on a dû gueuler une heure avant d’avoir le droit d’aller pisser. Soit. Alors je somnole quand ma soeur me crie de sa cellule: « Xavier? t’entends? » – Quoi? – Écoute, t’entends quoi? (Je tends l’oreille. En effet, il y a des troubles de l’ordre public, dans la rue. Mais c’est bien insonorisé. Des gueulophones crachent des « libérez nos camarades! » -Anne, me dis pas que c’est pour nous!? -Ben si! -Doit y avoir des vrais terroristes dans le commissariat! -Ben non, t’as bien vu, y’a que nous. C’est pour nous!
La chose est en train de prendre des proportions très étranges…
Ca dure peu de temps (mais ça fait du bien!), on suppose qu’ils ont fait le tour.
Vers 22h15 (je pense), on vient nous annoncer qu' »on » a ordonné la libération « de tout le monde ». On apprend ainsi que plusieurs des personnes qui sont venues réclamer notre libération ont été arrêtées également (6 ou 7).
On récupère nos affaires. Les deux vidéos ont été effacées de mon Iphone. C’est sans doute pour ça que la liste de mes affaires est arrivée si tard.
On nous dit que « le chef a changé d’avis et commué notre arrestation de 12h en une arrestation de 4h ». On nous rend nos affaires, on signe le papier qui dit qu’on nous les a rendues. On sort. Surprise, Judith est là! Mais comment as-tu su? Bon, apparemment y’a un paquet de gens qui ont su. Un copain m’appelle pour savoir si je suis toujours enfermé, qu’il la lu dans lalibre… Ah ben ça, on le leur avait dit, aux policiers. Mais tout de même.
Deux députées sont là aussi, à notre sortie, qui ont remué ciel et terre pour qu’on nous libère. Je veux calmer le jeu. Comme partout l’on parle du comité de soutien aux afghans, tout ça prend des airs politiques. Y a-t-il un lien? On n’en saura jamais rien. On va dire que non, hein. J’apprends que des amis Afghans se sont joint aux protestataires, qu’il a fallu convaincre de rentrer chez eux. Voilà que des sans-papiers afghans risquent leur peau pour deux Belges qui les soutiennent. Une avocate (bénie soit-elle! et tous les autres aussi!) me parle de « proportionnalité ». Les délicieuses et charmantes députées me disent: « peu importe les raison, on n’enferme pas les gens comme ça, pour ça! C’est bien qu’ils soient tombés sur vous! C’est bien qu’on sache ce qui se passe dans cette commune. Ça arrive tous les jours à des gens qui ne savent pas se défendre. » C’est vrai. Les conditions de détention administrative sont dégueulasses et humiliantes. Des tas de choses y relèvent de la torture et de la punition, alors qu’il n’y a pas eu de procès. La privation de liberté doit être motivée et se justifier. Qu’on m’explique en quoi tout ça était nécessaire.
On n’a reçu ni PV, ni numéro de PV.

20 Réponses to “Une trop banale arrestation…”

  1. Jean Jauraissu said

    « De l’art de se mettre sous les bâtons de la flicaille », épisode 2763.

    Bravo ! Joli fonds de commerce au service de votre idéologie.

    • annelowenthal said

      Quand bien même ce serait mon but, ils n’ont qu’à pas, comme on dit😉

      • Jean Jauraissu said

        Vous savez très bien que traiter des policiers d’imbéciles (quand bien même ce serait vrai) expose à des problèmes. Ce n’est pas juste mais vous connaissez les règles implicites du petit jeu auquel vous jouez.

  2. Ça mérite un tout cas une plainte auprès du Comité P !

  3. Druart Laurent said

    @Jean: perso, je vous répondrais: »de l’art d’utiliser la loi théoriquement la même pour tous afin de défendre son intégrité »
    Et en effet, bravo à eux et au soutient qu’ils ont reçu…!!

  4. […] cette semaine, l’arrestation arbitraire d’un artiste et d’une journaliste (voir ici) afin de leur faire comprendre que la police est prête à intervenir pour couper la parole à ceux […]

  5. El hombre del miercoles said

    Histoire peu ou prou identique de mon côté : Mons, marché de Noël, un ami adresse une petite vanne à une policière sur le fait que son vélo est mal stationné (con certes mais bon…La connerie n’est pas encore un crime). Ça aura suffi pour qu’il soit plaqué au sol, menotté, son frère également pour avoir tenté de calmer le jeu (avec clés de coude et prises au cou ultra nécessaires face à de tels malfrats), un troisième ami arrêté juste parce qu’il faisait partie du groupe et moi-même parce que j’ai osé filmer la scène (c’est du moins ce que je déduis vu que mon refus de cesser de filmer fut ce qui précéda mon arrestation). J’ai eu beau demander le motif de mon arrestation (avec menottes et combi privé, la classe) tant que faire se put, pas de réponse sinon « calmez-vous ou c’est la cellule ». Cellule que de toute façon j’ai eu le loisir d’examiner pendant toute une nuit sans chaussures ni veste, desfois que je voudrais me suicider face au QI ras des pâquerettes de ces cowboys. Pour au final être relâché sans PV, toujours sans motif d’arrestation sinon un général « trouble de l’ordre public et ivresse sur la voie publique » (sans même un contrôle d’alcoolémie, ils sont puissants) adressé à notre groupe.

    Voilà voilà…Et je suis persuadé qu’on peut encore en trouver mille des histoires comme celles-ci. Mais bon ce n’est que ma version, probablement que la dizaine (oui oui) de pandores dans leurs trois fourgons et deux voitures affrêtés pour de dangereux individus sans casier ni antécédent d’aucune sorte trouveront qu’ils ont sauvé la population d’un danger réel…Pendant qu’à 200 mètres de là, une bagarre au couteau avait lieu sans qu’aucun poussin bleu n’y montre le bout de son nez.

  6. Bavi said

    Très très grave.
    Dans les actes et dans la façon.
    Les policiers ont commis pas mal d’actes illégaux.
    Dont entre autre le fait d’avoir effacé des vidéos appartenant à un citoyen. c’est une destruction de matériel.
    Chaque citoyen à parfaitement le droit de filmer tout ce qu’on voit d’un lieu public.
    Quant au reste, j’hésite entre le surréalisme et l’écœurement.

  7. Demha said

    Merci pour ce temoignage, quand je vois des cretins comme Jean Jauraissu defendre par corporatisme ces collegues…Messieurs les policiers, vous voulez le respect, respectez ceux que vous etes censé défendre. On vous nourris pour nous sentir en sécurité par pour que vous soyez une source de nuisance. Comment osez vous justifié l’humiliation et les privations imposés a des humains juste parceque votre égo a ete meurtrie?

    • Jean Jauraissu said

      Demha, bon doux (ou ma douce) : je ne suis pas policier. La flicaille (que je déteste cordialement, au passage) ne compte donc pas parmi mes collègues. Mon égo va aussi bien que votre capacité à interpréter, déformer et inventer.
      Merci et rendez-vous samedi à la Bourse pour la manif contre la guerre. On ne lâche rien !
      Bisous.

  8. Patrick said

    amusant, si on oublie que certainement pendant qu’ils faisaient un boulot douteux avec vous, ils ne faisaient pas leur travil sur les lieux ou ils sont necessaires…
    le rire etant une forme d’humanité, il semble que les flics en soient denués. Je l’ai appris apres avoir passé une nuit au poste pour avoir refuse d’obtemperer a un flic au motif « qu’il n’avais pas mis son uniforme, puisque’il n’avais pas de moustache » j’ai appris a me taire , et a faire des blagues moins stupides (quoique)
    ceci dit je peux comprendre qu’etre continuellement traité de « sale flic » (ou d’imbecile) par les bons comme par les mechants puisse mettre a cran, on le serait pour moins. ce n’est certainemement pas un metier facile.
    la prochaine fois traversez au vert! ET CIRCULEZ!😉

  9. Delphine said

    rapporté à l’Obspol? Plainte portée? diffusons et informons les gens sur leurs droits!!

  10. Javier said

    Anne, ça peut t’interesser: les origines de l’interdiction de traverser. C’est le lobby de la voiture qui décida qu’on ne pouvait plus marcher sur nos villes: http://traffic-clippings.tumblr.com/post/76472966662/how-the-car-industry-outlawed-crossing-the-road

  11. Mélusine said

    Anne, j’ai trouvé des tas de trucs ce soir là (via ta page je crois?) entre autres que les effets personnels doivent être mis dans des sacs scellés, devant la personne, et remis tels quels; cela non plus n’a pas été fait, visiblement…

  12. ikalys said

    Une autre histoire d’arrestation abusive. Pas de bol, encore une personne « publique »…Et beaucoup d’autres dans les commentaires qui ont vécu une situation similaire. A quand une campagne de dénonciation des violences policières en diffusant largement tous ces témoignages?

    https://www.facebook.com/murgia.david

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