Francis Van de Woestyne, bon petit soldat du gouvernement

mars 11, 2014

Aujourd’hui,  Francis Van de Woestyne, nous livre une fois de plus une de ses soupes à la gloire du gouvernement.

Le fond et la forme sont assez consternants. Ce monsieur, qui est tout de même rédacteur en chef de La Libre, est désormais tellement empressé de faire belle-belle à nos élus qu’il se fout visiblement de la qualité de son texte, pourtant éditorial de La Libre du jour.

Voici mes réponses à ses affirmations.

1. La meilleure façon de lutter contre le chômage est de créer des emplois. On n’éliminera pas le chômage en supprimant les allocations de chômage.

–> Ou alors, on peut partager l’emploi. Parce qu’on sait bien qu’à moins d’une bonne guerre, il n’y en aura plus jamais pour tout le monde. Et qu’en plus, on se dit que 8h par jour, c’est vraiment beaucoup.
Par contre, c’est vrai, c’est pas en supprimant les allocations qu’on résoudra quoi que ce soit (pas même économiquement, puisque bon nombre de ces gens vont se retrouver au CPAS).

2. Pour les milliers de jeunes qui quittent l’école ou l’université, « sans » et même « avec » un diplôme, la recherche d’un emploi est une galère. Ceux qui deviennent chômeurs ne le choisissent pas. Mais on peut penser, sans passer pour des adeptes d’un ultralibéralisme à tous crins, que des mesures peuvent être prises pour aider ces jeunes à trouver un emploi.

–> Et donc ici, tout à coup il y a des emplois? Ou alors vous voulez dire qu’on va punir, pardon, encourager les chômeurs avant de créer de l’emploi? Que ces mesures vont permettre de créer des entreprises tellement on aura du pognon grâce à elles? Des entreprises de quoi?

–> En outre, comme le dit très bien Irene Kaufer Briefel, cette mesure ne touchera pas seulement les « jeunes qui n’ont jamais travaillé » (notamment parce qu’il n’y a pas de travail) mais aussi ceux (et surtout celles) qui galèrent entre boulots précaires, temps partiel imposé, stages… Et les cohabitantes (surtout des femmes) qui perdront leurs allocations sans avoir droit au CPAS seront du coup encore plus dépendantes de leur conjoint.

3. La législation contestée par la FGTB, approuvée par les 6 partis de la majorité, dirigée par un Premier ministre socialiste, limite à 3 ans (5 pour certaines catégories) le bénéfice des allocations d’insertion. Aucun autre pays au monde n’offre au jeune sorti des études qui n’a pas encore travaillé une telle allocation. Le système actuel n’encourage pas le jeune à travailler : il est sain de le changer. Y a-t-il une réelle menace sociale ? Certains cohabitants perdront en effet leur allocation. D’autres « tomberont » au CPAS : là, l’accompagnement des chômeurs est souvent plus personnalisé. Il serait d’ailleurs pertinent d’accroître les moyens des travailleurs sociaux qui guident les chômeurs en recherche.

–> La qualité d’une politique ne se mesure pas à l’aune de ce que les autres font. Elle se mesure au bien-être des citoyens qu’elle touche.

–> Monsieur Vdw, allez donc faire un tour dans un CPAS. Et tentez de vous imaginer tout ce boulot avec des milliers d’usagers en plus. Quant aux moyens, dites-nous donc où on va les trouver? Combien? Pour quoi? Vraiment, j’insiste, allez faire un tour dans un CPAS.

4. Cette réforme, n’est pas antisociale. Elle vise à « activer » plus fermement certains chômeurs : ceux qui se contentent d’une inactivité choisie et ceux qui n’ont pas été mis en relation, de manière efficace, avec le marché du travail.

–> C’est quoi, une inactivité choisie? Qu’est-ce que ça change, que des gens choisissent de ne pas travailler alors qu’ils sont déjà 20 à 30 à se disputer chaque emploi vacant? Le marché du travail, c’est celui dont vous parlez en point 1? Où il faut créer des emplois? On ne ferait pas les choses dans l’ordre?

La virulence tardive de la FGTB peut s’expliquer : elle reçoit 105 % des allocations qu’elle distribue. Pour elle, cette réforme risque de représenter une perte sèche…

–> Certes, on peut regretter que les syndicats soient un peu tard sur la balle. Par contre, faire ce genre de procès d’intention quand on tente aussi lamentablement de défendre l’indéfendable, c’est à pleurer de bêtise. Vous êtes un bon petit soldat.

3 Réponses to “Francis Van de Woestyne, bon petit soldat du gouvernement”

  1. Jean Jauraissu said

    J’imagine à quel point il doit être facile d’asséner des vérités, contre-vérités et autres lieux communs depuis son bureau de rédacteur en chef d’un grand quotidien belge…

    Soupirs…

  2. Jean Jauraissu said

    Par contre, le lien vers la page Facebook du rédac chef, voilà une méthode qui « rappelle les heures les plus sombres de notre histoire » selon la formule consacrée.

  3. Jean Jauraissu said

    Plus rien depuis longtemps : vous êtes en campagne ?

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