Cher Monsieur De Sutter

avril 8, 2014

En préalable et pour commencer par la bonne nouvelle de mon article, je tenais à vous dire que nous sommes d’accord sur un point : tous les discours politiques à propos des signes religieux visent en fait le port du voile.

Je trouve par contre le reste de votre article désolant:

Cette hypocrisie n’existe qu’à cause de la pression du politiquement correct qui oblige tout le monde à publiquement approuver l’idée que « l’Islam est une religion de paix, de tolérance et d’amour de son prochain »

Je ne sais pas sur quelle planète vous vivez exactement, mais une chose est sûre, pas sur la même que la mienne. Parce que sur la mienne, l’Islam est décrit comme l’origine d’à peu près tous les maux par bon nombre de mes semblables, à commencer par des politiciens qui, faute de fond, nous brandissent du « Norvégien » dès qu’ils peuvent, pour le plus grand plaisir de leurs trop nombreux fans.

De nombreux fans qui d’ailleurs font bien souvent la confusion, largement entretenue par de nombreux médias, entre « Arabe » et « Musulman », « Maghrébin » et « Musulman »… au point que pour certains, la Musulmanie est vraiment un pays (pas plus loin que sur ce blog, un lecteur éclairé a un jour réclamé qu’on renvoie les Musulmans dans leur pays…).

Sous cette pression de la pensée unique, on considère comme raciste ou fascisant tout qui oserait dire ne plus « se sentir chez lui » (2). Et pourquoi ce soi-disant racisme ? A cause de la crise économique, répond la « bienpensance ». Sinon, nous aurions forcément tous envie de vivre dans une société de plus en plus multiethnique, multiculturelle et multiconfessionnelle. 

Alors là, c’est le psychologue politique qui me fait un tout petit peu peur… parce que moi, sans connaître cette profession que vous me semblez bien seul à exercer (et tant mieux, ose-je dire), il me semble qu’elle nécessite un minimum de connaissance du discours politique ambiant. Et il me semble que le discours politique ambiant est en effet de cet ordre: « C’est la crise, on n’a pas les moyens, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Et que quand Maggie De Block renvoie des immigrés intra-européens dans leurs pays, c’est également avec le même argumentaire, qui sert une politique applaudie par tous ses collègues du gouvernement, puisque les forums des médias sont plein de gens qui disent tout pareil et applaudissent tout pareil.

Quant à la suite de votre raisonnement, « nous aurions tous envie de vivre dans une société de plus en plus multiethnique etc », c’est bien la première fois que je lis un truc pareil. Mais bon, ce n’est pas moi la professionnelle.

Réfléchissons à d’autres explications moins correctes. Avant la mondialisation, l’immigration concernait des populations proches qui nous ressemblaient physiquement, culturellement et linguistiquement. Je prends pour exemple les Italiens qui ont été intégrés sans sérieuses difficultés en Wallonie. Longtemps, la plupart des immigrés respectaient l’adage « Si tu es à Rome, vis comme les Romains ; si tu es ailleurs, vis comme on y vit » . 

Je pense qu’ici, une image d’une époque pas si lointaine dans ma région vaut mieux que votre long et faux discours:

italiens

Généralement, femmes et hommes étrangers s’habillaient à la mode locale et donnaient des prénoms typiques de la région d’accueil à leurs enfants. Ils embrassaient souvent les coutumes et la religion du nouveau pays et allaient parfois jusqu’à changer leur nom de famille pour mieux s’intégrer.

En fait, je n’en sais rien. J’en parlerai à mon amie Immacolata, une belge de souche, puisque née ici de parents nés ici, sauf qu’elle n’a pas ses papiers belges parce que ça coûte trop cher. J’aime beaucoup parler à mon amie Immacolata, même si ce n’est pas une très bonne chrétienne (je crois même qu’elle est athée), parce qu’elle fait le meilleur minestrone du monde entier et qu’elle arrive à départager les meilleurs pizzaïolos du coin, alors que ça ne manque pas!

Ceci dit, à mon avis, pour un ouvrier de 1950, un paysan des Pouilles qui débarquait, c’était quand même vachement différent… (ceci dit, une fois sorti de la mine, c’était sans doute moins flagrant, c’est vrai).

Peut-on reprocher aux nouveaux immigrés de moins agir ainsi ? Certainement pas, car nous ne faisons pratiquement rien pour les aider à l’assimilation. Et les étrangers qui font des efforts considérables pour s’intégrer ne sont que peu récompensés.

Alors là, enfin, je reconnais le psychologue politique. Le mec qui se dit « bon, là, je ne suis pas très politiquement correct, il faut que je montre une certaine ouverture d’esprit, sinon, on va me traiter de raciste ». Par contre, il faudra m’expliquer ce que vous entendez par « assimilation » et pourquoi le terme devient plus loin « intégration ». Parce que ces deux mots sont très différents.

Et au risque de passer pour une intolérante, je refuse d’aider qui que ce soit à s’assimiler! (Quand bien même je saurais s’assimiler à quoi).

Or, la vérité psychologique est que plus quelqu’un est différent, plus il suscite le rejet. La deuxième explication du dramatique rejet actuel de l’étranger est encore plus taboue à exprimer : c’est le facteur numérique. Quand une petite minorité de gens immigrent quelque part, tout se passe bien. Par contre, quand les nouveaux venus se multiplient à grande échelle, les autochtones se sentent en danger d’extinction. Ce n’est pas du racisme, c’est de l’instinct de survie. Demandez aux Indiens d’Amérique ce qu’ils pensent de l’immigration massive de gens qui ne s’intégrèrent pas à leur coutume, langue et religion.

En fait, ce passage m’a fait bien rire. Mais bon moi, vous savez, je me sens déjà différente de mes voisins belges. Et même de ma mère et de ma soeur. Mais encore une fois, je ne suis pas psychologue!

Et puis ma soeur, soyons de bon compte, elle est indienne. D’Amérique, mais d’Amérique du Sud. Ca doit être pour ça, même si tout le monde dit qu’on se ressemble, même ma mère psychologue!

Quant à la fin de votre torchon, je vous la laisse, mais c’est avec curiosité (mais sûrement pas plaisir) que je vous lirai quand vous me donnerez des exemples d' »actes concrets d’assimilation ».

Bref, Monsieur De Sutter, je ne sais pas exactement ce qu’est un « psychologue politique et sexologue » mais je sais une chose: si c’est le pouvoir qui vous fait bander, il va falloir faire un petit effort de rigueur!

 

 

 

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4 Réponses to “Cher Monsieur De Sutter”

  1. SciencetConscience said

    Ce Mr est spécialiste du contrôle (politique?) de la libido.. il est psycho sexo polito… Il raconte n’importe quoi, il fait du trullemans.. mais le pire c’est qu’il est à l’Université.
    Le racisme et le débilo nabilo langage est donc prôné à l’Univ. Inquiétant…

    Et pis d’abord, ça veut dire quoi « vivre à la belge »? Manger des mayonnaises en promenant son caniche et prendre sa caravane et sa bouffe partout dans le monde pasquailleurs c’est pas comme chez nous?
    C’est être un paysan provincial limité toute sa vie?
    C’est avoir le culte du terroir (comme du « bon » vieux temps de Pétain qu’était même pas belge?)

    Alors ma famille répertoriée depuis…900 ans en territoire belgo, ne vit pas à la « belge » (ça lui donne des boutons et pour tout dire, l’horripile).

    Cela s’appelle du fascisme ordinaire et vulgaire et ce jusqu’au sommet chargé de former des « élites » pensantes????

  2. Jean Jauraissu said

    Que s’est-il passé avec Joël Dachelet ?

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