Petit message au navetteur seul au monde (ou presque)

septembre 1, 2016

On est nombreux, très nombreux, trop nombreux (du moins pour le nombre de sièges) à prendre chaque jour ou presque les fabuleux trains de la SNCB, qui sont déjà des nuisances en soi : inconfort, retards, annulations, odeurs et propreté douteuses, lignes mal et/ou trop peu desservies… seuls face à l’adversité que constitue notre mauvaise humeur, les aimables (si si, jusqu’ici, tous) accompagnateurs ont bien du mérite à le rester (aimables. Et accompagnateurs aussi, en fait).

Depuis un mois, j’ai pourtant décidé d’affronter à nouveau la chose, après l’avoir abandonnée quelques années, faute de pouvoir voyager à des rythmes raisonnables et ponctuels, sans me ruiner le dos, les tympans et l’humeur.

Mais la SNCB n’est pas responsable de tout. Toi aussi, aimable voyageur, tu peux améliorer la qualité des transports en commun. Très facilement, en plus. Quelques exemples :

  • Tu ne le sais peut-être pas, mais si tu pousses un peu le son, on entend ta musique. On l’entend même super bien (et souvent, mais ça, je reconnais que c’est subjectif, plus on l’entend, plus c’est de la daube). Bon, soyons de bon compte : parfois, on ne l’entend pas si bien que ça. Parfois, ça fait dszziiiiiitchtchtchdziiiiiii. Oui oui. Même quand tu as un super casque à 100 balles censé nous épargner, nous, tes voisins, mais que tu le pousses à fond.
  • C’est pareil avec tes conversations avec tes voisins. Bon, je reconnais que c’est plutôt sympa de discuter avec ses voisins. Mais moi qui ne suis pas forcément ta voisine et qui me trouve parfois à l’autre bout de la voiture, je m’en fous un peu, de tes conversations. Alors sauf si ton voisin est dur de la feuille, je pense qu’il te comprendra même si tu baisses un peu le son, là aussi.
  • Par contre, si tu as un coup de fil, je pense vraiment que si tu dois absolument décrocher, tu peux te contenter de dire que tu rappelleras. Allez, je te concède les urgences. Mais les urgences, ça ne prend pas tout un trajet de train, sachant qu’il n’existe aucun trajet de train très court en Belgique. Et sincèrement, je suis peut-être très blasée, mais je me fous vraiment complètement de ce que tu racontes à ton interlocuteur (sauf si c’est Brad Pitt et qu’il t’attend à la gare suivante). Comme à peu près tous les autres gens dans la voiture. Et en plus, bien souvent, ça ne nous regarde pas.
  • Ah oui, autre chose à propos du téléphone. Il existe, même dans les nokia vintage, une fonction « touches silencieuses ». C’est vraiment super chouette ! Tu envoies tes messages et nous, on peut continuer à profiter des conversations téléph… du silence.
  • Tu as un chien et tu l’emmènes avec toi ? C’est top ! Mais je ne comprends pas pourquoi tu le laisses lécher le train. Tu ne l’aimes pas ou quoi ? C’est plein de bactéries, un train !
  • Tu manges dans le train ? Chouette ! Mais MANGE PROPREMENT ! Je dis ça pour ton bien hein. Parce que moi, si tu manges la bouche ouverte en faisant des bruits dégueulasses, je vais peut-être te vomir dessus, parce que ça me retourne l’estomac (juré).
  • Tu as un rhume ? MOUCHE-TOI ! Ne fut-ce que pour la raison précitée.
  • Tu te vernis les ongles dans le train ? ARRÊTE CA TOUT DE SUITE! Ca PUE ! C’est toxique ! Ca fait mal à la tête ! Ca sent dans toute la rame !
  • Ah oui, une dernière chose, peut-être un peu exigeante : lave-toi. Et utilise cette invention géniale qui s’appelle dentifrice. Et cette autre invention qui s’appelle déodorant. Tu verras, c’est top. Tu te feras plein d’amis dans le train avec qui avoir de super conversations (à voix posées, bien sûr).
  • Et puis, pour terminer par où j’ai commencé : essaye d’être gentil avec l’accompagnateur/trice. Il/elle fait vraiment un sale boulot et il/elle n’est vraiment pas responsable de son employeuse, la SNCB.

Voilà. C’est tout (pour le moment). Je te remercie infiniment pour ce souci que tu auras dorénavant de tes co-navetteurs. Parce que c’est sans doute ça le plus horripilant : que tu te sentes seul(e) (ou presque) au monde. Que tu te fiches comme d’une guigne de l’inconfort dans lequel tu nous mets alors que, bien souvent, tu hurles au scandale au moindre couac dans ton transport public.

3 Réponses to “Petit message au navetteur seul au monde (ou presque)”

  1. Ma chère Anne, je ne peux que souscrire à 2 mains à ton plaidoyer, tu m’as volé mes mots, combien de fois n’ai-je pas eu envie de frapper, mordre,griffer,casser,jeter et HURLER aussi, juste pour avoir un peu de silence et de décence. J’avoue qu’il m’est déjà arrivé de mettre une bonne dose de déo, en me loupant complètement, juste pour que le malandrin mal-élevé malodorant qui me pollue et me colle au train (et occupe 1 banquette et demie, les 2 vont souvent de pair) en profite gratuitement. Combien de fois n’ai-je pas eu envie de dire,avec un sourire narquois, mon gars (ou ma fille) arrête de pét*** par la bouche.Quant aux communications téléphoniques lointaines,j’ai peuw que pewsonne ne compwenne que cwier ne serw à ‘ien…..

    Haaa si l’onanisme rend sourd …. je commence à penser que certaines personnes sont assidue envers cette habitude.

    Bien à toi, ma chère Anne
    Ronald

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