26 novembre 2013: Il était une fois en Slovaquie

Il était une fois, dans un pays d’Europe appelé Slovaquie, un petit monsieur de 36 ans qui se prenait pour Hitler.

Il aimait arborer l’uniforme nazi et tenir des propos racistes, en particulier sur les Roms.

En-dehors de son pays, personne ne le connaissait, parce qu’en dehors de son pays, en Europe, on ne parlait pas beaucoup des néonazis des pays de l’Est.

Il faut dire qu’en Europe, on est un peu comme un néonazi slovaque, sauf qu’on n’aime pas le dire. Genre, vous savez, on ne porte pas d’uniforme nazi et on dit que plus jamais on n’acceptera les uniformes nazis et on dit à nos enfants que plus jamais il ne doit se passer ce qui s’est passé avec les nazis.

Mais en même temps, on est aussi très raciste, en particulier avec les Roms, avec qui on se comporte un peu comme un néonazi slovaque : certains les traitent de parasites et personne ne dit rien. Certains les expulsent de partout et personne ne dit rien. On les laisse vivre dans des bidonvilles et puis on en a marre des bidonvilles et on casse les bidonvilles et personne ne dit rien.

Sauf une chose : « Qu’ils retournent dans leur pays. »

Alors vous comprenez, c’est difficile à gérer, tout ça. Si on disait « bouuuuh ! regardez ! Le vilain néonazi ! », on aurait du mal à faire comme lui et à lui envoyer des Roms, ça ne serait pas très cohérent !

Seulement hier, le mec du début de l’histoire, il a été élu gouverneur. Et ça, je crois bien que l’Europe ne s’y attendait pas vraiment. Alors maintenant, elle va devoir nous expliquer pourquoi elle veut renvoyer chez un néonazi des gens que les néonazis veulent éliminer de la planète.

Bon, ne paniquons pas. Elle va devoir nous l’expliquer, mais elle ne le fera pas. Parce que l’Europe, contrairement aux gens qui se déguisent en Hitler, elle n’a pas tellement le courage de ses opinions.

05 décembre 2012 : L’actualité de la semaine 

Dimanche, tandis que sur Facebook, mes contacts disaient qu’il neigeait ici et là, les différents journaux m’annonçaient qu’il allait neiger ici et là. Et puis lundi matin, tandis qu’il neigeait devant mes fenêtres, le journal m’annonçait qu’il neigeait devant mes fenêtres.

Mais ce n’est pas tout : sur les routes, il neigeait aussi. Et à cause de la neige qui tombait un peu partout, c’était le bordel un peu partout, comme toujours quand il neige un peu partout.

 Si bien que les présentateurs de radio-guidage et ceux de la météo ont eu pas mal de temps (neigeux) d’antenne ce jour-là, parce qu’ils ont dû les premiers annoncer que ça roulait mal parce qu’il neigeait, les seconds qu’il neigeait et que donc ça roulait mal. Heureusement, les journalistes étaient là eux aussi pour nous dire de faire attention parce qu’il neigeait, on a sûrement évité encore plus de problèmes sur la route, parce que sur la route, quand il neige, il y a toujours des problèmes. Et il neigeait !

Heureusement pour Saint Nicolas, tout ça serait fini dès lundi après-midi, parce que le redoux allait faire fondre toute cette neige tombée dès le matin. Parce que si Saint Nicolas avait été retardé à cause de la neige, on aurait eu l’air bien, devant nos postes qui n’auraient pas pu nous annoncer la venue du grand saint demain, nous expliquer que les jouets maintenant c’est très surveillé, nous montrer quels sont ceux préférés par nos petites têtes blondes, nous parler de leur prix et nous expliquer que chaque année, la Poste veillait à faire parvenir tous les courriers adressés à Saint Nicolas, qui y répondait toujours.

Mais bon, là, je m’avance un peu. Parce que d’ici la publication de cette fabuleuse chronique, il risque de s’en passer, des choses à nous annoncer.

Il pourrait même reneiger !

28 novembre 2012 : Les victimes, ça n’est pas lucratif

Le week-end dernier, j’ai appris qu’une subvention importante accordée chaque année à SOS viol serait pour 2012 diminuée.

Chaque jour, 7 dépôts de plainte pour viol sont enregistrés en Belgique (7 sur combien de viols ?). Chaque année, SOS viol, qui est la seule en Belgique francophone à prendre en charge les victimes de viol, encadre 1400 personnes (1400 sur combien de viols ?).

« Le ministre Cerexhe estime en outre que la question du viol n’est pas une priorité pour la santé mentale mais relève uniquement de la compétence « aide aux victimes », explique un communiqué.

Bref, le viol, ce n’est pas trop grave. Enfin si, mais pas au point de considérer qu’il fait souffrir bien au-delà de l’acte. Qu’on ne s’en relève jamais tout à fait, mais que moyennant un accompagnement compétent, on peut revivre avec.

Une société de plus en plus acculée, dont les gens sont montés les uns contre les autres, dont le repli sur soi devient la norme, dont l’éducation est secondaire, dont la violence ne peut que s’aggraver, considère donc qu’il faut diminuer le peu (trop peu) qui se fait en matière d’aide aux victimes de sa maladie.

Bon là, je suis un peu de mauvaise foi. Il faut être de bon compte : SOS viol ne rapporte rien et coûte de l’argent.

Et 7 plaintes par jour, ça fait à peine 2.555 personnes déchirées par année non bissextile. Des gens pas dangereux, en plus. Bien souvent des femmes et des gamins, victimes apeurées à vie.

Seulement là, le jour-même de cette nouvelle bonne idée, France 2 diffusait une émission sur le sujet. Des femmes racontaient. Racontaient leur viol. Racontaient leur état après le viol. Racontaient leur état aujourd’hui, des années après leur viol. A découvert. Courageuses, blessées, mais fortes.

Des victimes se levaient et parlaient.

Nos décideurs devraient commencer à y songer. Des victimes, un jour, ça se lève et ça parle.

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