Racistes, vous? Non!

octobre 28, 2015

Chers habitants de Walcourt et d’ailleurs qui ne voulez pas de réfugiés près de chez vous,

Je sais (on l’a tous vu) que vous ne savez pas vraiment pourquoi vous n’en voulez pas. Que c’est confus dans vos têtes, que vous pensez avec votre ventre et que votre ventre vous dit que votre vie va changer si des étrangers (sans travail!) débarquent dans votre horizon.

Et c’est vrai, elle va changer, au moins un peu : vous allez croiser de nouvelles personnes. Des inconnus qui ne parlent pas bien votre langue. Mais ce n’est pas grave, parce que vous ne serez même pas obligés de leur parler.

On a tous vu les images de votre refus d’hier soir. On a vu votre colère, votre trouille, vos prétextes et même souvent votre gêne face à leur ridicule. Moi, j’ai eu un peu honte pour vous, un peu comme, vous savez, quand on regarde un ami jouer mal dans un mauvais spectacle face à un public gêné et qu’on a envie de s’enterrer sous son siège…

Je suis déjà allée à Walcourt, en séjour chez des habitants de chez vous. On a beaucoup ri du fameux « Walcourt vaut le détour! », auquel on ajoutait « Cerfontaine, ça vaut la peine! » Et c’était vrai. Pour ce que j’en ai vu, vous vivez dans une région aussi sympathique que ses habitants. Avec des gens qui se promènent et d’autres qui s’occupent de leur jardin pas clôturé, qui se saluent ou pas, papotent ou pas. Des villages paisibles qui accueillent les touristes et qui le font bien. Le rêve pour un réfugié qui a connu comme vous le travail, la vie de famille et puis, pas comme vous, la guerre et ses atrocités.

Ces gens ne veulent pas s’intégrer? Vous n’en savez rien. Mais c’est sûr qu’avec un accueil pareil, ils ne pourront pas.  Ils n’ont pas la même culture que vous? C’est sans doute vrai. Mais rassurez-vous, des gens qui ne vivent pas comme vous, il y en a déjà plein votre voisinage. Ils vont piller vos maisons, violer vos joggueuses, voler vos boulots? Ca non plus, vous n’en savez rien. Mais il y a de grandes chances que non. Ce sont des gens. Comme vous. Qui risquent très gros à la moindre incartade, bien plus gros que vous. Il y a sûrement des cons parmi eux, comme il y en a sûrement parmi vous.

Mais je doute très fort que vous le soyez autant que ce que vous nous l’avez laissé penser hier.

Et puis vous aurez beau hurler, vous n’y couperez pas. Ils viendront. Autant que ça se passe bien, comme ça s’est bien passé partout où, comme vous, des autochtones avaient pourtant hurlé leur refus d’accueillir chez eux des étrangers. Faites comme vous le faites depuis toujours, vivez votre vie. Saluez ou pas le passant. Et puis, si vous voulez pousser un peu la curiosité, renseignez-vous sur les besoins du centre et profitez-en pour réunir ce dont vous ne vous servez plus et qu’ils accueilleront avec un grand sourire et des remerciements qui n’en finiront pas. Comme ça se passe partout.

Réfléchissez bien. Nulle part, jamais depuis cet afflux dont on nous parle depuis des semaines, on n’a eu droit au moindre fait divers impliquant un de ces réfugiés. Le seul danger qu’ils ont amené avec eux, c’est celui d’un racisme qui n’existe que parce que des gens surfent sur nos peurs de l’inconnu en brandissant des mots qui foutent la trouille comme « islamisme », « attentats », « insécurité ». Trois choses que ces gens ont fuies.

Ceux qui s’intéressent aux audimats des débats dominicaux sur nos deux chaînes de télévision principales seront bientôt plus nombreux que ceux qui s’intéressent aux débats en eux-mêmes. Les cocoricos de l’une quand elle a écrasé (sic) l’autre ne cachent pas longtemps la baisse générale du nombre de téléspectateurs des deux côtés.

Je ne vais pas me lancer dans une analyse du phénomène ni même dans des considérations sur les qualités de ces deux émissions. Je veux juste réagir à ce que j’ai vu aujourd’hui: Destexhe sur RTL, Modrikamen sur la Une.

J’ai zappé de l’une à  l’autre. Je n’ai vu que ce à quoi il fallait évidemment s’attendre : deux types prêts à tout pour semer la peur, l’islamophobie, la haine qui leur attirent des voix, y compris la désinformation et le pur fantasme et face à eux, des gens qui s’échinent (avec talent des deux côtés) à rétablir la vérité.

On avait là des gens qui savent de quoi ils parlent et qui parlent bien. Des gens qui auraient pu nous éclairer, mener un débat de fond et, pourquoi pas, démonter un à un les arguments de l’extrême-droite. Mais non, il a fallu inviter l’extrême-droite sur le plateau. Il a fallu sacrifier sur l’autel de l’audimat le peu de dignité qui reste à notre pays. Il a fallu faire croire au téléspectateur que Destexhe et Modrikamen sont des politiciens assez crédibles et experts pour mener à la télévision un débat politique sur les réfugiés (c’est comme ça qu’on a fait l’électorat du FN en France).

Oui, il faut démonter les discours d’extrême-droite. Mais on peut très bien le faire sans en inviter les représentants sur des plateaux de télé. Ca n’a rien à voir avec de la censure, il n’est pas question ici d’empêcher l’extrême-droite d’exister, ni même de tenir d’odieux propos devant son électorat potentiel. Ni même de faire son Caliméro parce qu’elle n’aurait pas été invitée. Dans un débat télévisuel, on invite qui on veut et jamais tout le monde.

RTL et la RTBF ont fait ce choix-là aujourd’hui et ils savent très bien pourquoi. Sauf à penser, ce qui n’est pas mon cas, qu’il n’y a chez RTL et à la RTBF personne d’assez compétent pour démonter des propos d’extrême-droite sans lui offrir de tribunes, ce qui serait grave aussi.

Je précise que j’ai volontairement rangé Destexhe dans l’extrême-droite. Elle lui a d’ailleurs très justement ouvert les bras récemment. Il était d’ailleurs assez remarquable de voir sur la Une Richard Miller (MR) s’appliquer à démonter les propos tenus par Modrikamen et… dans le même temps par Destexhe (MR) sur RTL…

(J’aimerais vraiment entendre les gens « qu’on lit » sur cette question, même si je sais que pour bon nombre d’entre eux, l’exercice est délicat, puisqu’ils sont bien souvent chroniqueurs sur l’une ou l’autre chaîne.)

Edit : il paraît que le PP ne serait pas d’extrême-droite non plus. Ah ah.

Chers annonceurs,

Vous le savez, notre pays et l’Europe vivent aujourd’hui ce que l’on appelle une « crise migratoire » sans précédent. Des milliers de réfugiés affluent chez nous pour avoir la vie sauve, en la perdant parfois.

Tous les médias abordent ce phénomène et la plupart d’entre eux le font en laissant sans lui répondre leur lectorat s’exprimer sous leurs articles, que ce soit sur leur site, sur les réseaux sociaux ou sur les deux.

Ces commentaires sont pour la plupart d’une violence incroyable. Totalement décomplexés, des gens vont jusqu’à y proférer ouvertement des propos racistes, des appels à la haine et au crime comme ceux que vous pourrez lire sur cette page Facebook. Nous avons ainsi pu voir partout des gens se réjouir de la mort de 71 personnes dans un camion-frigo et en réclamer davantage. Nous avons vu dans Le Soir quelqu’un réclamer des camps où l’on stériliserait les réfugiés.

Sudpresse, la DH, Vivacité, Le Soir, Le Vif… font ainsi le lit d’une extrême-droite qui n’attendait que ça pour étendre davantage son pouvoir, parfois même au détriment de toute rigueur journalistique, comme ici dans la DH (du 27 août 2015, mise à jour le 28) :

DH merde

Vous conviendrez avec nous que quelle que soit la taille de l’échantillon des Belges sondés (en l’occurrence 2000 personnes) et la qualité du sondage, les résultats ne permettent en aucun cas de conclure pour la totalité d’une population, d’autant qu’ici, on parle de 72% des Belges sondés.

Par ailleurs, les articles précités sont partagés par des internautes sur des pages créées de toute pièce pour qu’y soient proférés d’autres propos racistes et appels à la haine.

Aujourd’hui, on peut affirmer sans crainte aucune de se tromper que certains de vos supports promotionnels sont à l’origine d’un déferlement de haine sans précédent chez nous, où nous avons pourtant tous appris à dire « plus jamais ça » sur les bancs de l’école.

Vous nous répondrez peut-être que vous faites votre boulot et qu’à chacun le sien et vous aurez raison. Vous n’êtes pas mandatés pour éduquer vos prospects, vous essayez de leur vendre un produit et pour ce faire, vous ciblez des médias qui s’adressent à eux, de préférence avec efficacité. Il nous semble cependant nécessaire de relever que les arguments qui vous sont avancés par ces médias pour vous convaincre de leur efficacité (en l’occurrence le trafic sur leur page), imparables d’un point de vue marketing, sont inacceptables, parce que rendus possibles grâce à une surenchère de haine dont nous ne voulons pas.

Aucun sondage ne vous le dira dans l’un de vos supports, mais nous sommes la majorité. Une majorité souvent silencieuse face à tant de haine, mais une majorité qui consomme également et dont une partie a décidé de ne plus encourager des propos dont nos livres d’Histoire nous ont appris à quoi ils pouvaient mener.

Nous aimerions que vous réagissiez. Nous voudrions que vous nous disiez que vous faites partie de ceux qui rejettent le racisme et la haine, de ceux qui attendent des médias qu’ils les informent, de ceux qui n’aiment pas figurer aux côtés de propos qui font mal à l’humanité toute entière.

Nous aimerions qu’avec nous, vous réclamiez des comptes à des supports marketing qui n’existeraient plus sans vous. Que vous leur demandiez quelle est leur politique en la matière et que vous exigiez d’eux qu’ils la revoient.

Vos réponses seront attendues et publiées sur la page, afin de permettre à chacun d’en prendre acte et de faire ses choix de consommateur en toute transparence.

100 euros

juillet 24, 2015

Hier, le gouvernement fédéral belge a annoncé toutes sortes de mesures très peu populaires comme l’augmentation des taxes sur l’électricité, le diesel, les cigarettes et l’alcool. Le MR, seul parti francophone de ce gouvernement, s’est empressé d’ajouter une couche de miel sur ces mauvaises nouvelles : les bas et moyens salaires seront augmentés de 100 euros dès 2016.

Sans jamais nous expliquer ce qu’il entend par « bas » et « moyen » salaires, sans jamais nous dire quels mécanismes allaient donner lieu à ce miracle, rien (de toute façon, aucun média n’a posé ces questions).

Par contre ce qui nous est confirmé aujourd’hui, c’est que le MR n’a aucun sens des réalités. Non content de tenter (vainement, pour une fois) d’occulter des mesures qui une fois de plus ne vont peser que sur les plus fragiles, voilà comment il nous présente la nouvelle qui doit nous faire bondir de joie :

MR 100

Car bien entendu, mesdames et messieurs, il ne leur manquait que ça, aux bas et moyens salaires, pour parfaire leur bonheur après avoir bouclé leur budget mensuel. Ils en rêvent tous depuis longtemps, les bas et moyens salaires, d’avoir 100 euros de plus par mois pour partir en vacances en famille avec de belles lunettes et de beaux chapeaux. Et de beaux vêtements tous blancs aussi, parce que les bas et les moyens salaires, ils ont tout de même un tout petit peu de décence. Contrairement à certains.

PS: on vient de me donner ceci, un chouette petit souvenir :

MR1000

ONEM: Rappelons-leur la loi

juillet 23, 2015

En Belgique, le mandat de perquisition est un acte du juge d’instruction permettant à la police de fouiller le domicile d’une personne pour rechercher les éléments de preuve d’une infraction.

Le principe qui régit cette condition est celui de l’inviolabilité du domicile et le respect de la vie privée.

La Constitution Belge, en son Article 15, précise en effet que « Le domicile est inviolable; aucune visite domiciliaire ne peut avoir lieu que dans les cas prévus par la loi et dans la forme qu’elle prescrit« .

Votre domicile ne peut donc être perquisitionné que si un mandat de perquisition a été signé par le juge, et si la perquisition se déroule entre 5 heures et 21 heures, sauf exceptions. Et il ne peut l’être que par le juge d’instruction ou par la personne que ce dernier désigne.

Apparemment, selon nos dirigeants, nous ne sommes plus tous égaux devant leurs propres lois. En effet, ils s’apprêtent à autoriser l’ONEM à envoyer des contrôleurs au domicile des chômeurs qui seront soupçonnés de fraude et cela sans rendez-vous, entre 5h et 21h.

Des gens donc qui ne sont pas habilités aux yeux de la loi à perquisitionner chez nous seront dorénavant autorisés à perquisitionner chez nous sans mandat de perquisition.

Oh bien sûr, on peut refuser et exiger un mandat, mais la chose ne sera pas précisée aux perquisitionnés (on n’est pas dans un feuilleton US, ici, on ne dit pas ses droits au justiciable, il est censé les connaître). Et puis, qui ira refuser l’entrée de son domicile à un contrôleur de l’ONEM, sachant que, comme nous l’assènent ceux qui en ont ainsi décidé, « Si on n’a rien à se reprocher, on n’a rien à craindre »?

Eh bien beaucoup de gens j’espère. Parce qu’au-delà du fait que ceux qui nous dirigent se croient au-dessus des lois alors qu’ils n’ont que la tolérance zéro à la bouche, au-delà du fait qu’ils s’en prennent systématiquement aux plus faibles, au-delà de l’hypocrisie d’un système dont les candidats dirigeants se disent tous contre le statut de cohabitant, dont les dirigeants annoncent tous des créations d’emploi qu’on attend toujours, dont les dirigeants essayent de nous faire croire que les chômeurs sont la ruine du pays, dont les dirigeants refusent d’aller chercher l’argent là où il est, dont les dirigeants harcèlent les plus faibles et protègent les plus forts en brandissant une fuite des capitaux qui n’a jamais été prouvée… au-delà de tout ça, il y a le respect.

Le respect de notre vie privée. Le respect de notre dignité. Le respect de nos lois. ON NE PEUT PAS ENTRER CHEZ QUELQU’UN QUI NE NOUS Y A PAS INVITE SI ON N’EST PAS UN JUGE D’INSTRUCTION OU MANDATE PAR UN JUGE D’INSTRUCTION. L’ETAT BELGE N’EST PAS AU-DESSUS DE SES PROPRES LOIS!

Il ne peut pas, parce qu’il nous soupçonne de désobéir à la loi, désobéir à la loi pour le prouver!

Même si on a quelque chose à se reprocher (ce qui n’est jamais le cas tant que ce n’est pas prouvé).

En attendant, chômeurs ou pas, cessons de tout accepter et affichons ceci à nos portes et fenêtres:

controles

La Justice n’a pas que ça à foutre? Qu’elle le fasse savoir.

Ce n’est pas de la désobéissance civile. C’est un juste rappel de la loi.

Et que ceux qui auront réclamé un mandat à un contrôleur le fassent savoir. Puisque la confiance n’est plus de mise, veillons à ce qu’ils ne soient pas emmerdés juste parce qu’ils ont eu le culot de faire respecter un de leurs droits fondamentaux.

Si vous voulez dormir, vous pouvez aussi mettre ceci à votre porte avant 5h du matin :
mandat

Depuis des mois, des gens (de Nation et autres du même affligeant niveau) s’amusent à signaler tout ce que je publie et qui comporte un gros mot, un bout de sein et/ou une considération un peu olé olé. Je ne leur en veux pas, ils ne sont pas responsables de la simplicité de leur esprit ni de la petitesse de leur courage. Je me réjouis même pour eux de la sensation que doivent leur procurer les sanctions que m’inflige FB (7 jours de bannissement cette fois pour la caricature ci-jointe, réalisée en pleine actualité – enfin, en pleine campagne médiatique – Michelle Martin et Luperto), je suppose que ce n’est pas si souvent qu’ils ont des chatouillis dans le trilili.

FB

Par contre, ils m’empêchent de parler de ce qui m’importe et donc je vous invite à :

– liker et parcourir cette page, voire même, si le coeur vous en dit, à me parrainer pour le Run for DoucheFLUX;

– verser des dons à Rom en Rom, une asbl qui vient en aide aux Roms à la rue (et il y en a beaucoup, dont des enfants et des bébés, en ce moment), sur le compte BE51523080654262. L’association est transparente et peut vous fournir des preuves des achats qu’elle effectuera avec vos dons;

– me rejoindre sur mon profil provisoire, où je partagerai comme à mon habitude trop de choses.

Voilà, merci! On est gentils, mais on ne va tout de même pas donner raison aux cons!

Une partie des enfants retournés vivre à la rue ce midi, puisque l'Etat préfère attendre d'être condamné à les abriter sous peine d'astreine pour le faire. Les Droits de l'Homme et de l'Enfant attendront eux aussi un jugement.

Une partie des enfants retournés vivre à la rue ce midi, puisque l’Etat préfère attendre d’être condamné à les abriter sous peine d’astreinte pour le faire. Les Droits de l’Homme et de l’Enfant attendront eux aussi un jugement.

Il y a plus d’une semaine, 6 familles Roms étaient mises à la porte d’un abri Fedasil géré par le SAMU social. Sans aucune alternative de logement.

La majorité de ces gens s’est alors réfugiée au Parc Maximilien, où des associations et citoyens lui apportent depuis de quoi survivre (tentes, couvertures, vêtements, eau, gaz, nourriture…).

Des recours ont été introduits et l’un d’eux a abouti à une condamnation de Fedasil. Obligée de reloger une famille sous peine d’astreinte, l’agence fédérale a donc décidé de la réintégrer dans l’abri géré par le SAMU (et à moitié vide d’après mes sources).

A quelques citoyens, nous avons décidé d’amener tous les Roms du parc dans cet abri, pensant naïvement que, la situation de ces gens étant la même et l’abri étant à moitié vide, ces familles seraient naturellement accueillies, puisque dans un pays comme le nôtre, il est interdit de laisser des enfants sans soins.

Mauvaise idée. Arrivés sur place, nous avons été accueillis par des travailleurs sociaux qui nous ont expliqué qu’ils géraient un abri Fedasil, que Fedasil n’avait été condamnée que pour une famille et qu’ils ne pouvaient donc pas accueillir les autres.

Nous avons tout tenté pour les convaincre, y compris invoquer une raison humanitaire nous semble-t-il souveraine, les Droits de l’Homme et ceux de l’Enfant, eux certainement souverains, y compris relever qu’obéir à une consigne qui sera à coup sûr condamnée par un Tribunal, c’était pour le moins moralement discutable, y compris proposer de rester là quand même, rien n’y fit. Ils allaient devoir appeler la police. Si on faisait un forcing, « ils » (vous savez, là haut là haut) pourraient décider de fermer l’abri. Si on se rebellait, ça risquerait de nuire aux familles…

Il faudra donc que, pour chaque famille, un Tribunal se prononce. Aux frais du contribuable et pour le plus grand plaisir de magistrats qui n’ont que ça à foutre. Ainsi en a décidé Fedasil, ainsi en a décidé le secrétaire d’Etat Théo Francken.

Amen donc.

Immonde Etat belge

mai 10, 2015

Il y a quelques jours, depuis l’Italie où il était allé rencontrer des réfugiés, Théo Francken, secrétaire d’Etat belge à l’asile et à l’immigration, a déclaré : « J’aurais fui aussi ».

Depuis le début de ce week-end qui n’est pas fini, on a appris :

– Qu’une famille arrivée d’Afghanistan il y a 7 ans pour fuir des persécutions et permettre à la petite d’aller à l’école a reçu l’ordre de quitter le territoire. Si elle retourne en Afghanistan, elle retournera en enfer, puisque les talibans y sévissent toujours (malgré la guerre qu’on leur a menée à grands frais pendant des années): la maman est russe orthodoxe, ce qui vaut à la famille des injonctions et menaces et les filles n’ont toujours pas le droit de s’instruire dans certaines régions. Celle de cette famille a en outre participé en Belgique à un concours de Miss, ce qui lui vaudra, soyons-en certains, de graves ennuis, si pas une lapidation.

Mais peu importe, la Belgique, jamais en mal de solutions ahurissantes, a suggéré à cette famille d’aller en Russie, où elle n’a jamais vécu et où on ne veut pas d’elle. A ce stade, les papiers ont été déchirés par les autorités et voilà ces gens apatrides.

– Qu’un monsieur Albanais en passe d’être expulsé vers la Grèce et en stade terminal de cancer a été hospitalisé chez nous. Il est décédé à l’hôpital, menotté à son lit.

– Qu’un jeune homme de 19 ans, albanais lui aussi et en Belgique depuis 5 ans mais sans papiers, a été mis en centre fermé en vue de son expulsion. Etudiant brillant, il doit être diplômé dans un mois.

Face à ces faits, qui ne sont que des gouttes d’eau dans un océan immonde, certains brandissent bien entendu des arguments légaux et autres considérations plus imbéciles sur « Les boulots qui manquent » et « Les étrangers qui profitent ».

D’autres, comme moi, pourtant depuis très longtemps acquis à la cause de gens qui ne demandent qu’à vivre, contemplent effrayés cette recrudescence de décisions aussi stupides qu’inhumaines.

A-t-on le droit de chasser quelqu’un d’un pays sans s’être assuré de son bien-être là où on le renvoie? Légalement, oui.

A-t-on le droit de briser l’avenir d’un jeune homme à un mois de son diplôme parce qu’il n’a pas de papiers? Légalement, oui.

A-t-on le droit d’attacher un homme à l’agonie à son lit de mort? Légalement, j’ai comme un doute.

Moralement, en tout cas, on n’en a pas le droit. Comme on n’a pas celui de brandir des arguments inexacts comme les moyens dont on dispose et les emplois qu’on nous pique. Et quand bien même ils seraient exacts, on a le devoir moral de se souvenir qu’au siècle dernier, certains d’entre nous n’auraient pas vu le jour si on avait opposé à leurs aïeux des notions de droit et autres mensonges populistes qui ne servent qu’une cause : celle de nos élus, qui aimeraient bien l’être encore.

Ce que fait l’Etat belge, c’est pire que de la non-assistance à personnes en danger. Il renvoie des gens à la mort. Il les tue sur des lits d’hôpitaux. Il brise des vies pour être réélu, sous les applaudissements de gens qu’il abêtit chaque jour en nourrissant leur haine, les empêchant eux aussi d’être heureux.

Des pétitions :
Pour Etnik Sakiri
Pour la famille Rasule
Pour Modrikamen, qui ne sera bientôt plus une bête caricature

Nourrir ses enfants

avril 6, 2015

Vous qui affirmez souffrir encore avec les parents des victimes de Dutroux et consorts et qui gueulez sur son ex-femme, souvenez-vous que chaque année en Belgique, près de 4000 enfants sont maltraités.

Qu’à ce nombre, il faut ajouter ceux qu’on ne sait pas, ceux qui n’entrent pas dans les statistiques, ceux dont les parents n’ont plus de quoi remplir les assiettes chaque jour, ceux qui vivent à la rue…

Et puis les vôtres, peut-être, si vous vous nourrissez de votre haine viscérale, de vos cris d’effroi pleins de récits des atrocités commises alors qu’ils n’étaient même pas nés et qu’une certaine presse vous rappelle dès qu’elle le peut, dans le seul but de vous en nourrir encore parce que ça remplit ses caisses. Et uniquement pour ça, parce qu’elle se fout désormais de ces gamines mortes dans des conditions affreuses et de leurs proches, qu’elle pétrit chaque jour dans l’espoir de maintenir leur souffrance intacte, parce qu’elle rapporte.

On ne nourrit pas ses enfants d’atrocités et de haine. On les aide à grandir. A réparer leurs erreurs, à découvrir ce qu’ils aiment, à arriver à le vivre. On leur donne de l’amour. On veille sur eux. On entretient leur bonheur. Ils découvriront tout seuls bien assez tôt (parfois bien trop tôt) que tout le monde n’est pas gentil, que tout n’est pas facile et ça sera un choc. On les aidera à faire le tri. Avec toute l’intelligence dont nous sommes capables. Ce ne sera pas facile, parce qu’on a tous peur pour nos enfants et que la peur ne rend personne intelligent.

La haine non plus. Et ça, certains médias l’ont bien compris, eux qui s’efforcent de nous enfoncer dans une bêtise dont nous sommes tous capables, parce qu’ils s’en nourrissent.

Regardez-la, cette presse. Elle était hier devant chez Christian Panier. Elle manifestait parce qu’une femme y était accueillie. Elle gueulait des horreurs, hurlait au lynchage, souhaitait des morts, secouait des barrières, ses enfants dans les bras. Est-ce que c’est vraiment cet avenir-là que vous souhaitez aux vôtres?

Merci Christian Panier

avril 1, 2015

Michelle Martin a été libérée sous conditions. Parmi celles-ci, ne pas entrer en contact avec les médias. Et vu le comportement de certains d’entre eux, qui la traquent véritablement et cherchent le clic dès qu’elle sort de chez elle, ça tient de la prouesse.

Un qui a le droit de parler aux médias, par contre, c’est Christian Panier, ancien juge. Depuis qu’il a décidé d’accueillir Michelle Martin chez lui, il l’a fait et bien fait*.

Quand j’ai appris que Christian Panier allait prendre le relais des Clarisses et accueillir Michelle Martin chez lui, j’ai souri. Ca ne m’étonne pas de l’homme : droit, courageux, cohérent. Pédagogue aussi.

La Justice a décidé de libérer Michelle Martin et d’y mettre des conditions qu’elle savait quasi impossibles. La réinsertion, c’est le cadet des soucis de notre système carcéral et il n’existe rien ou presque pour aider les ex-taulards après leur peine. Pour Michelle Martin, c’était encore pire parce qu’elle représente avec son ex-mari l’innommable. L’un des plus grands traumatismes de notre pays ces dernières années. Un traumatisme dont on ne se remettra que quand les médias auront décidé que ça suffit. Et on est loin du compte. Tous ses faits, tous ses gestes sont traqués par certains médias. Tout ce qu’elle fait, tout ce qu’elle vit lui est reproché, y compris un « traitement de faveur » dont les seuls responsables sont… ceux qui le lui reprochent.

Car si Michelle Martin est logée chez Christian Panier, c’est parce qu’elle n’a nulle part où aller. Parce qu’elle est la proie de médias et de ceux qu’ils excitent (c’est d’ailleurs leur seul but : exciter le lecteur). On a le droit de la haïr, on a le droit d’être encore bouleversé par ce qu’elle a fait et s’est abstenue de faire. Mais on n’a pas le droit de considérer que chacun mérite une seconde chance et de la refuser à une personne.

Christian Panier a envoyé bien des gens en prison. Y compris sans doute des récidivistes. Des gens qui n’ont pas eu, eux non plus, de seconde chance. Parce que notre société n’offre pas de seconde chance à ceux qu’elle a condamnés, pourtant pas à vie. Aujourd’hui, il pose un geste fort. Violent pour certains. Mais nécessaire. Au delà du message humaniste qu’il nous envoie, il nous dit que notre société doit prendre ses responsabilités. Et puisqu’elle ne le fait pas, il pallie.

*Mais pas à tous, au grand dam de RTL et du rédac’chef adjoint de Sudpresse (qui s’égosille, outragé, sur FB), ce qu’on peut aisément comprendre, puisque ces deux-là sont en grande partie responsables du manque de sérénité dans un dossier qui en a pourtant grand besoin