Travailleurs envieux, réorientez vos carrières!
mai 8, 2013
Ils y a des gens, salariés ou indépendants, qui travaillent pour gagner leur vie, qui du coup, comme tous ceux qui travaillent pour gagner leur vie, payent des impôts dont une partie (une infime partie, mais ils semblent l’ignorer) est redistribuée à la solidarité envers les chômeurs et les "cépéyaèsses" et qui n’aiment pas du tout ça.
On n’aimerait pas non plus, si on pensait comme eux que les chômeurs et les minimexés sont des gens qui vivent dans leur divan, skettent des pils devant la télé et ne font rien pour changer leur situation confortable du fait des allocations plantureuses qu’ils reçoivent sans bouger le petit doigt.
A ces envieux s’ajoutent d’autres personnes, des chômeurs et des cépéyaesses, quand il s’agit de fustiger une autre catégorie de profiteurs: les mendiants.
Eux, non seulement ils ne font rien qu’à tendre la main, mais en plus ils roulent en mercedes, d’ailleurs "on" les a vus grimper dedans à la fin de la journée. Sans compter que bien souvent, ils ont encore de quoi se pochetronner toute la journée avec les sous qu’on leur donne. Et le pire, c’est que beaucoup n’ont rien à faire dans notre pays qu’ils ont rejoint illégalement pour profiter de toutes nos largesses!
J’ai personnellement un peu de mal à comprendre pourquoi on travaille pour gagner sa vie et payer des impôts pour permettre à d’autres de glander devant leur télé ou de rouler en mercedes après s’être pochetronnés toute la journée, alors que ce sort si enviable est si facile à partager.
Devenir chômeur ou minimexé, c’est à la portée d’à peu près tout le monde.
Et pour devenir mendiant, c’est encore plus facile: il suffit de poser son derrière quelque part et de tendre la main. Pas besoin de diplôme, pas besoin de postuler, pas besoin de se faire beau. Aucun contrôle de l’ONEM, aucun compte à rendre à personne, parfois même des types se chargent de faire les comptes à la fin de la journée.
Y a même moyen de vivre comme un pacha en se faisant servir devant un écran plat! Suffit de casser une ou deux vitrine et hop! on se prélasse comme un prince en prison!
Le pied, quoi.
Ils attendent quoi, franchement?
Rendez-nous Derrick!
mai 4, 2013
La RTBF est un service public. C’est donc comme on dit "nous qu’on le paie".
En tant que service public, la RTBF doit rendre service au public. Et des comptes, aussi. C’est ainsi que chaque jour, la RTBF nous diffuse une certaine proportion de culture, une certaine proportion d’information, une certaine proportion de divertissement, une certaine proportion de pubs, parce qu’on a beau la payer, la RTBF a besoin de sous.
Parmi ces diffusions, il en est une, à la base divertissante (en tout cas c’est son but avoué), qui a dangereusement fait basculer les proportions en passant dans le camp "politique": Derrick.
Et cela par le truchement d’une révélation qui n’a pas manqué de laisser tout qui ne connaît pas un peu l’Histoire pantois: en 1942, à 19 ans, son acteur principal, Horst Tappert, aurait intégré un régiment SS. A une époque où on intégrait des brigades SS et la méchante armée allemande comme on va aujourd’hui chez les scouts, ou presque, car à une nuance près: certains y étaient contraints. (Je précise tout de go que ma comparaison avec le scoutisme, que j’ai longuement fréquenté et que mon fils fréquente aussi, s’arrête au fait que "tout le monde ou presque y va").
L’affaire a fait grand bruit et l’homme, aujourd’hui décédé, ne pourra nous en dire plus. Mais dans le doute, on l’a viré des programmations télévisuelles allemandes et alentour.
La RTBF a donc décidé de faire pareil et de priver le téléspectateur de sa sieste favorite devant le feuilleton le plus nase de l’univers intersidéral, probablement inspirée par ses homologues étrangères mais surtout par sa concurrente belge, RTL, qui a le week-end dernier viré un présentateur aux propos plus que douteux sur les étrangers et les musulmans.
Si on ne pleurera pas l’absence de Derrick, on regrettera néanmoins et notamment deux choses: un feuilleton n’est pas son acteur, tout comme un livre n’est pas son auteur ou une chanson son chanteur. Qu’on aime ou non une oeuvre, elle est sans rapport avec celui qui l’a créée, ou commise, dans le cas qui nous occupe (à moins qu’il ne soit le sujet de son oeuvre). Ce qui compte, c’est ce que l’oeuvre nous dit, ou, dans le cas qui nous occupe, comment elle nous berce. Sans compter que Tappert n’était que l’interprète d’une oeuvre, encore une fois à 1000 lieues des considérations qui préoccupent officiellement la RTBF.
Ensuite, tant qu’à nous remplacer Derrick, on eut pu penser que la RTBF le ferait par quelque chose de moins abrutissant, de moins mal foutu, de moins bête, de moins vu et revu. Mais la RTBF remplace Derrick par "L’île fantastique", autre fleuron de la série télé abrutissante, mal foutue, bête, vue et revue.
Mais soit, ce n’est pas encore le plus lamentable.
Le plus lamentable
Le plus lamentable, c’est que la RTBF, service public, nous la joue "nous aussi on a une éthique" et dans le même élan nous annonce un débat dominical en présence d’un homme qui a déjà fait quelques minutes de son JT cette semaine: Mischaël Modrikamen, président du Parti Populaire et en l’occurrence défenseur du présentateur viré par RTL cette semaine. Vous savez, celui qui a tenu des propos plus que douteux sur les étrangers et les musulmans.
Un homme dont personne ne s’est étonné que le présentateur d’RTL ait fait appel à ses services et pour cause:il s’est lui-même réclamé de la mouvance du Front national français et de l’extrême droite néerlandaise. Son parti populiste, le PP, proclame sur son site l’échec de la multiculturalité, regrette qu’on ait renoncé à l’assimilation et estime (certes en des termes plus châtiés) que l’immigration n’est envisageable qu’à des conditions prônées par celui que Modrikamen défend désormais.
Un mort plus dangereux qu’un vivant
La RTBF, service public, semble donc s’être drapée dans un voile de dignité quelque peu poreux. Et il semble donc que ce qu’un feuilleton avec un acteur mort qui a fait dans sa jeunesse quelque chose dont on ne sait même pas dans quelles circonstances il l’a fait et qui ne transparaît pas dans le feuilleton dont il est l’un des interprètes est plus condamnable que ce qu’un politicien fait de son vivant et qui a une influence directe sur nos vies, ou du moins qui entend l’avoir.
Et ce qu’un acteur mort a fait dans sa jeunesse et qu’on condamne ici, c’est à peu de choses près dans le même ordre d’idées que ce que prône là le politicien dont question: la supériorité d’un groupe sur l’autre, la supériorité d’une culture sur l’autre, l’impossibilité que les deux cohabitent et la haine.
And the winner is…
L’opportunité était trop belle: le MR, dont certains membres ne feraient pas tache au PP (et parmi eux ceux que le MR a nommés en charge… des questions d’immigration) réclame à la RTBF le respect d’un cordon sanitaire.
Les autres, trop concentrés sur la méchante crise qui les oblige à défendre des mesures antisociales, ont loupé le coche. Sciemment probablement, parce que rentrer dans des débats pareils, ça remettrait en question toute leur politique de ces dernières années. Et ça les obligerait à nous répéter que c’est compliqué et que ça prendra du temps, ce qui est tout à fait exact.
Mais tous seront présents sur le plateau demain dimanche en compagnie que l’on sait.
Une petite conclusion?
Aux envahisseurs
mai 2, 2013
Je rappelle que les commentaires anonymes seront effacés, qu’ils soient positifs ou négatifs. De même que les attaques ad hominem et les propos racistes et/ou xénophobes.
J’en ai marre de me taire. Alors je vais me dévouer et vous dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, bien trop bas pour qu’on ne les entende au milieu de vos vociférations presque toutes mâtinées de "On dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas".
Si seulement c’était vrai. Si seulement votre "tout le monde" pensait tout bas. Mais non, votre "tout le monde" crie partout à qui veut l’entendre et à qui ne veut pas l’entendre sa haine de l’autre, de préférence l’autre arabe, le top étant l’autre arabe musulman, ce qui dans bon nombre de vos esprits embrumés revient au même.
Si seulement vous aviez raison de dire que vous vous sentez seuls dans des quartiers pleins d’étrangers. Si seulement vous étiez moins nombreux à nous vomir vos logorrhées du style "Tu ne vis pas chez moi, tu ne sais pas", "Si t’étais une femme dans mon quartier, tu pourrais parler", au moins, on pourrait se dire que vous n’êtes qu’un par quartier…
Si seulement vous n’en rajoutiez pas quand je vous dis que je suis une femme et que je connais vos quartiers, en me disant que "oui mais toi, tu es grosse/moche/mal attifée", au moins je me dirais que votre haine est limitée à une catégorie de gens. Mais non, elle est en vous et elle pourrit tout et nous, on ne peut rien contre elle. Parce que si on vous montre que la couleur de la peau et la religion ne rendent pas méchant, je sais désormais que vous trouverez d’autres cibles, d’autres responsables de ce besoin qui vous vient des tripes de trouver des méchants et de beugler dessus.
Si seulement tous ceux d’entre vous qui réclament que les gens soient intégrés l’étaient assez pour l’écrire sans faute, au moins on aurait un espoir que vous enseigner des choses n’est pas vain…
Si seulement tous autant que vous êtes aviez les amis étrangers, voire musulmans que vous prétendez avoir! Ca ferait beaucoup, beaucoup d’amis étrangers et musulmans.
Si seulement vous saviez ce que veut dire "ami", le silence régnerait.
Mais non, vous êtes là et bien là. Courageux internautes planqués derrière vos PCs et souvent des pseudos. Soulagés de voir que vous n’êtes pas les seuls. Vous envahissez tout, vous m’oppressez, vous agressez mes valeurs (qui sont pourtant bien belges), vous rendez tout le monde agressif, même moi, vous m’insécurisez, vous salissez mon paysage et je ne peux même pas vous renvoyer chez vous, parce que vous y êtes. Je sais, je sais, vous, ça ne vous arrête pas…
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avril 28, 2013
Voici une petite liste de petites choses importantes à savoir:
- Il y a en Belgique des gens de toutes les couleurs et de toutes les nationalités
- (Attention, ici, ça se corse déjà) En Belgique, comme dans beaucoup d’autres pays du monde, les blancs ne sont pas tous belges, les noirs ne sont pas tous africains et les basanés ne sont pas tous arabes. Il y a des blancs étrangers et des pas blancs belges, des noirs étrangers et des noirs belges, des basanés étrangers et des basanés belges
- Il y a en Belgique toutes sortes de cultes et religions. Les trois principales sont le catholicisme, le judaïsme et l’islam
- Les catholiques sont de toutes les couleurs et de toutes les nationalités, comme les juifs et les musulmans
- Les catholiques sont les plus nombreux, mais ça n’a pas été sans mal. A une époque, l’Eglise catholique s’est imposée. Y avait des méchants catholiques. C’était pas la majorité, mais c’étaient les plus puissants, alors tout le monde a fermé sa gueule et est allé à l’église, sauf ceux qui n’ont pas voulu et qui sont allés au bûcher puis, paraît-il, en enfer, où ça brûle aussi
- En Belgique, tout le monde est issu d’une religion. Parce qu’à une époque, tout le monde était croyant ou obligé de faire semblant de l’être. Donc en Belgique, même les athées sont issus d’une religion. Il y a des athées issus de chaque religion. Il y a beaucoup d’athées issus du catholicisme, parce que le catholicisme est une très vieille religion et parce que le catholicisme était la seule religion en Belgique à une époque. Et puis, il y a ceux qui ne savent pas trop, parce qu’ils n’y pensent pas trop, sauf qu’aller à la messe, ça les fait chier alors ils n’y vont pas, ou plus, et Dieu, tout ça, ils s’en foutent un peu. C’est pareil dans toutes les religions, même si beaucoup de gens pensent que quand tu es basané, tu es musulman, on verra plus bas pourquoi.
- Aujourd’hui encore, il y a des méchants chez les catholiques, chez les juifs et chez les musulmans. Et même chez les athées, si, si, j’en connais. Mais ce n’est pas la majorité. En Belgique, la majorité des gens sont gentils, en fait. C’est pareil dans les religions. Ils vivent leur vie, quoi. Pour certains, c’est moins facile que pour d’autres. Généralement, c’est moins facile pour les pauvres que pour les riches, qu’ils soient catholiques, juifs ou musulmans, ou athées.
- En Belgique, il y a donc des riches et des pauvres. Et des moyens riches ou moyens pauvres qui ne vont pas tarder à rejoindre qui les riches, qui les pauvres. Les riches sont de toutes les couleurs, nationalités et religions, les pauvres idem, mais ça dépend un peu des régions.
- En Belgique, comme partout dans le monde, les pauvres sont défavorisés. Ils ont de moins beaux logements (parfois ils n’en ont même pas) dans de moins beaux quartiers, ils ont de moins bon boulots (souvent ils n’en ont pas), ils ont du mal à se payer le nécessaire, ils vont dans de moins bonnes écoles, ils font de moins grandes études (souvent, ils n’en font pas), leurs enfants ne savent pas trop quel avenir se prépare pour eux et s’ils ne sont pas blancs, c’est encore plus difficile, parce que souvent, on leur dira que "la place est déjà prise", que ce soit pour un logement ou pour un travail. Et ça, ils le savent.
- En Belgique, il y a des blancs riches et des blancs pauvres, des noirs idem et des basanés idem. Il y a des laïques riches et des laïques pauvres, des catholiques riches et des catholiques pauvres, des juifs idem et des musulmans idem. Mais ici aussi, ça dépend un peu des régions. A Bruxelles par exemple, les noirs et les basanés pauvres sont plus nombreux que les noirs et les basanés riches.
- En Belgique, comme partout dans le monde, quand un pauvre n’a plus rien pour se payer à manger, soit on lui donne à manger, soit il le vole. Ou alors il meurt.
- En Belgique, comme partout dans le monde, les gens moins riches, moins bien éduqués, moins bien instruits et ceux qui ont le moins bel avenir devant eux sont souvent en colère, parce qu’en Belgique, comme partout dans le monde, on dit à tout le monde que tout le monde est égal et on dit à tout le monde qu’il faut avoir la télévision, dans laquelle on dit à tout le monde que la vie est plus belle quand on possède plein de choses, y compris une télévision.
- En Belgique, comme partout dans le monde, les gens en colère ne savent pas se retenir: ils expriment leur colère. Chacun avec ses moyens. Certains écrivent. D’autres crient. D’autre font des bêtises.
- En Belgique, comme partout dans le monde, les gens qui écrivent sont ceux qui ont appris à écrire, les gens qui crient savent qu’ils ont des chances d’être écoutés (ou alors ils sont cons, mais ce n’est pas le débat), ceux qui font des bêtises ne savent pas quoi faire d’autre. Tous aimeraient bien être comme on leur dit qu’il faut être dans la télé, parce que tous aimeraient bien être heureux.
- En Belgique comme partout dans le monde, tout le monde sait bien qu’être heureux, c’est pas comme on dit à la télé. Mais tout le monde tente quand même le coup, alors tout le monde essaye de posséder les trucs qu’on leur dit à la télé qu’ils doivent posséder. Et quand les plus pauvres prennent des trucs aux plus riches, les plus riches se fâchent, et c’est bien normal, parce qu’on leur vole un peu de ce bonheur qu’ils savent bien être ailleurs, mais quand même.
- Mais attention! En Belgique comme partout dans le monde, il y a des gens riches qui volent des trucs aux gens pauvres, aussi. Beaucoup, même. Mais personne ne dit trop rien, sauf quand ils volent avec violence. Ca arrive, parce que pour voler sans violence, il faut être instruit et des gens pas instruits, il y en a aussi chez les riches, mais beaucoup moins que chez les pauvres. Et puis gueuler sur les riches, c’est dangereux, parce que c’est eux qui ont le pouvoir de rendre les autres encore plus pauvres ou de décider que les pauvres peuvent être plus riches.
- A Bruxelles (qui est la Belgique pour tous ceux qui aiment bien parler de religion et de violence), il y a beaucoup de noirs et de basanés. Certains n’aiment pas les noirs et les basanés, je ne sais pas très bien pourquoi. Mais je pense bien que c’est parce que les noirs et les basanés sont, comme je le disais plus haut, plus souvent pauvres que riches et que tout le monde a un peu peur de devenir pauvre ou de le rester alors on aime pas regarder.
- Et je pense aussi que c’est parce qu"à Bruxelles, les basanés, ils sont souvent issus de l’islam et donc beaucoup de gens, parce qu’ils n’ont pas trop envie de réfléchir (ça aussi, c’est un peu grâce à la télé), quand la télé leur dit que beaucoup de méfaits sont commis par des basanés, ils pensent que c’est les basanés les méchants. Et ils pensent que c’est l’islam qui les rend méchants, puisque ces gens-là sont souvent issus de l’islam et qu’en plus, les méchants musulmans passent souvent à la télé pour dire qu’ils sont les seuls gentils et que tout le monde devrait être musulman, ce qui fait que ça les renforce. Les gens. Et les méchants musulmans aussi, d’ailleurs.
Travailler pour la collectivité, pas contre elle.
avril 27, 2013
On s’en doutait, on savait même d’où ça viendrait: voilà que le MR nous ressort l’idée de forcer les chômeurs à rendre des services à la collectivité.
Je rends déjà des services à la collectivité. Comme bien des chômeurs, j’aide mes amis, je leur épargne un fric monstre en les dépannant pour leurs enfants, en étant présente pour des fournisseurs, en visitant leur grand-mère, en faisant les courses de leurs voisins, en étant là en cas de coup dur, etc etc. J’aide aussi des gens qui ne font apparemment pas partie de la collectivité aux yeux de certains, puisqu’ils sont à la rue.(1) Bref, je fais déjà ce que certains (les mêmes "certains") envisagent de m’obliger à faire.
Vous me direz, c’est pas le cas de tous les chômeurs et vous aurez bien raison. Je vous répondrai alors que travailler pour un salaire, c’est pas le cas de tous les salariés, dont certains sont par exemple plus présents sur Internet pour défendre la mesure précitée que devant leurs dossiers à boucler. Et je ne vous parle même pas de tous ces boulots inutiles et de tous ces boulots qui nuisent… à la collectivité!
Pour me motiver
Et voilà qu’aujourd’hui, l’idée se répand à nouveau. Après tout, chômer est un privilège. Y a des gens qui travaillent pour me permettre de toucher un "salaire" (sic) sans rien faire. Il faut me motiver, m’aider à maintenir le rythme, me donner envie!
Et donc pour me motiver, on veut me faire faire des travaux ingrats dont certains m’attireraient bien s’ils me permettaient de boucler mes fins de mois.
Et donc pour me motiver, on me fait croire que je touche bien assez pour mener une vie pépère devant ma télé. (2) Pire, on le fait croire à tout le monde et pour bien des gens, ça marche!
Et donc pour me motiver, on me fait croire que mon chômage n’est pas une indemnité, qu’on est en situation de plein emploi (3) et qu’il est normal de me payer 6,5 euros de l’heure (parce que j’ai la chance d’être chômeuse isolée, sinon ça serait 2,6!) pour rendre service à la collectivité au lieu de traîner pépère devant ma télé.
Et en plus, pour achever de convaincre le plus grand nombre, on nous assène qu’on n’a pas les moyens de créer ces emplois qui rendraient rudement service à la société. Ce qu’on oublie un tout petit peu, c’est qu’un chômeur, il a perdu son emploi, pas son cerveau. Et que s’il a c’est vrai un peu de temps pour lui, il le consacre aussi à réfléchir. Et un chômeur qui réfléchit, c’est souvent à sa situation. Et donc un chômeur, souvent, il sait pourquoi il n’a pas d’emploi. Et où est l’argent qui manque pour en créer. Ce qu’il n’a toujours pas compris, c’est pourquoi certains s’obstinent à le laisser faire des petits sans qu’il ne contribue à ses allocations, comme doivent le faire tous les salariés de Belgique.
Mauvaise idée pour tout le monde
Je suis chômeuse. Et si j’exerce un emploi un jour, c’est pour baisser les statistiques du chômage, pas pour les augmenter. Je m’explique:
- Admettons que je rende des services à la collectivité. Enfin non, ça, je fais déjà. Admettons qu’on m’y oblige. Je ferai donc des choses qui sont tellement utiles à la collectivité que la collectivité estime qu’elle peut m’obliger à les faire. Des choses qui sont d’ailleurs déjà exercées par certains salariés, mais bien trop peu de salariés. Donc, je ferai pour quelqu’un (la collectivité) un boulot qu’elle n’aura pas à créer.
- Que la collectivité n’ait pas de boulot à créer, c’est un peu un rêve. Ca voudrait dire que la collectivité fait son travail pour la collectivité. Et donc que la collectivité ne ment pas quand elle me dit qu’elle veut baisser le nombre de chômeurs, ce qui est d’ailleurs aussi son travail.
- Mieux, je ferai pour quelqu’un (la collectivité) un boulot que la collectivité ne mettra pas un mois à envisager comme une nouvelle aubaine d’employer des gens à bas prix. Je serai une vache de concurrence pour le mec qui fait le même boulot mais pour un salaire. De là à ce que ce mec soit licencié et puis forcé à refaire la même chose en touchant des allocations de chômage, il n’y a qu’un pas dont nous ne doutons pas que certains (toujours les mêmes "certains") s’empresseront de le franchir.
- Mieux encore: en me forçant à travailler pour la collectivité, on me rangera dans une toute nouvelle catégorie de travailleurs: les travailleurs qui travaillent au tarif mensuel de 1000 euros par mois (400 s’ils sont cohabitants). Une bien bonne nouvelle pour tous les salariés, qui verront là un nouveau moyen de pression sur leurs salaires. "Ca ne te convient pas? Ne te plains pas trop fort, y a encore pire!" "Tu exiges un salaire décent? Mais il est décent, regarde, y a des gens qui ont 6,5 euros de l’heure, voire 2,6!" (4)
Bref, je refuse de collaborer à un système qui nuirait à ma collectivité.
Et comme le disait judicieusement un de mes amis ce matin: "Je connais une super façon de faire travailler les chômeurs, c’est de leur proposer du travail"
(1) et (2) : Rappelons que pour pouvoir travailler bénévolement, un chômeur doit y être dûment autorisé moyennant certaines strictes conditions, son temps étant trop précieux pour chercher un emploi
(3): Rappelons qu’en Belgique, il y a actuellement entre 20 et 30 demandeurs d’emploi pour 1 proposition d’emploi
(4) : Rappelons que si les allocations de chômages sont descendues, c’est pour que, n’ayant pas assez pour vivre, les chômeurs soient motivés à chercher un emploi
Ceux qui ne passeront plus sur RTL
avril 27, 2013
Hier, RTL a décidé d’écarter l’un de ses présentateurs, Luc Trullemans, pour avoir tenu sur Facebook des propos racistes.
On ne peut que se réjouir du fait que la direction de la chaîne ne soit pas tombée dans le panneau "Je ne suis pas raciste mais…" et autres "S’ils ne veulent pas s’intégrer" des propos racistes.
J’ajouterais des propos clairement islamophobes, puisque molesté en rue par des individus basanés, il s’est empressé de parler de "« musulmans et toutes les autres religions qui briment nos coutumes», parce que n’est-ce pas, quand t’es basané, t’es musulman ou d’une religion qui n’est pas la nôtre. Et quand t’es musulman, tu dois retourner dans ton pays, la Musulmanie, ou arrêter tout de suite d’être musulman parce que ce n’est pas compatible avec nos valeurs.
L’autre bonne nouvelle, c’est que désormais RTL bannira tout propos raciste, même de celui qui se défend préalablement d’être raciste d’ailleurs il a un ami musulman, voire sa propre femme.
Outre qu’elle fermera ses différents forums, elle s’abstiendra désormais de tout amalgame, chacun de ses reportages fera l’objet d’une analyse approfondie sur le contexte socio-culturel qui expliquerait les comportements déviants mieux que l’origine ethnique ou la religion et chacun de ses débats portant sur "les étrangers" se fera en compagnie des sujets visés.
Mieux encore, certaines personnes coutumières d’amalgames et propos ouvertement racistes disparaîtront de l’antenne. Citons entre autres Maggie De Block, Jacqueline Galant, Denis Ducarme, Mischaël Modrikamen, Alain Destexhe, Bart De Wever et tous ceux qui avaient en son temps envisagé un parcours d’intégration.
Petit Florilège
Maggie De Block
Il faut déjà arrêter de donner cette image qu’en Belgique, c’est le Club Med quand on arrive.
Jacqueline Galant
“Je ne suis pas contre cette discrimination, car les Belges qui procèdent au regroupement familial sont à 70 % d’origine marocaine ou turque“
"La naturalisation devait être une faveur au départ", estime de son côté Jacqueline Galand, ce qui n’est plus le cas d’après elle. "Avec cette réforme, la naturalisation sera une faveur accordée à des personnes qui ont apporté une plus-value, qui auront marqué de manière exceptionnelle par leur contribution".
"il faut que ceux qui veulent la nationalité prouvent qu’ils la veulent vraiment"
Max : La réforme va-t-elle accélérer la procédure de naturalisation ?
Jacqueline Galant : « Les dossiers de naturalisation en cours d’examen seront examinés sur base de la législation actuellement en vigueur. Par contre dans la nouvelle loi, la naturalisation ne sera accordée que les personnes qui ont des mérites exceptionnels au niveau sportif, scientifique ou socio-culturel et les personnes qui apportent un rayonnement international à la Belgique »
Alex : Pourquoi avoir attendu que le pays soit sur la corde raide pour sérieusement durcir ces conditions ?
Jacqueline Galant : « Cela fait plus de 2 ans que nous travaillons sur ce projet. Vous avez raison, cette réforme était indispensable car on a laissé les choses aller beaucoup trop loin »
Lisou : Qu’entendez-vous par « conditions d’intégration » ? Quels sont les critères pour l’évaluation de l’intégration ?
Jacqueline Galant : « Cela dépend. Il y a l’intégration sociale (formation professionnelle de 400 h, diplôme minimum de l’enseignement supérieur, soit parcours d’intégration soit pas le fait d’avoir travaillé 5 ans) et l’intégration économique (468 jours de travail ou 6 trimestres cotisés comme indépendant).Et évidemment la connaissance d’1 des 3 langues nationales »
Bart De Wever
faire payer 250 euros aux étrangers qui s’inscrivent à Anvers
Tout a commencé dimanche, quand Bernard Clerfayt, bourgmestre de Schaerbeek, a pris un arrêté interdisant toute distribution de nourriture dans et autour de la Gare du Nord à Bruxelles.
Raison invoquée: l’une des distributions aurait été parasitée par quelques individus islamistes venus y faire de la propagande et deux jeunes qui auraient fréquenté ladite distribution seraient partis en Syrie.
Le prétexte
La première question qu’on se pose est celle du prétexte invoqué par le bourgmestre Clerfayt: des individus auraient été faire de la propagande lors d’une distribution et deux jeunes ayant fréquenté ladite distribution seraient partis en Syrie.
En admettant que cette propagande ait eu lieu (et d’après les témoignages que j’ai eus ce lundi, elle a eu lieu), elle n’est visiblement pas illégale, puisque le responsable de cette propagande court toujours, et pas très vite. Idem pour ce qui est du départ de jeunes en Syrie: personne ne nous a encore avancé le moindre argument légal en faveur de l’interdiction pour des jeunes de partir en Syrie (il n’est même pas interdit aux mineurs de plus de 12 ans de prendre l’avion sans autorisation parentale).
Ne parlons même pas du lien fait par le bourgmestre entre une distribution de repas à la Gare du Nord et le départ de ces deux jeunes en Syrie, nous n’allons pas sombrer avec lui dans le ridicule. Le "propagandiste" n’a pas besoin de distributions de nourriture à la Gare du Nord pour oeuvrer, d’ailleurs il oeuvre toujours, avec de surcroît désormais une opportunité de dire aux gens qu’on l’empêche de les aider à survivre.
De là à conclure que l’arrêté communal est un nouveau programme de lessive inventé pour nettoyer la gare de ses pauvres, il y a un pas que je franchis. Je veux bien faire marche-arrière, mais qu’on m’oppose des arguments valables à ce qui précède.
Le prosélytisme
Face aux réactions suscitées par l’arrêté communal, notamment dans les médias et notamment notre décision d’y désobéir, Monsieur Clerfayt a admis qu’il était trop dur et l’a retravaillé. Désormais donc, "Il est interdit à quiconque de se livrer à la distribution de repas caritatifs lorsqu’ils s’accompagnent de discours, propos ou revendications à caractère philosophique, religieux ou politique, dans des installations du Centre de Communication Nord et dans un rayon de 500 mètres autour de ce dernier sur le territoire de la commune de Schaerbeek, et ce pour une durée de trois mois à partir de la publication du présent arrêté".
La chose ferait sourire si elle n’était pas dans cette circonstance une énième décision sans aucune base légale. Pire, elle bafoue la démocratie, elle est basée sur le postulat que les bénéficiaires de la nourriture distribuée et les distributeurs de ladite nourriture sont dénués de tout esprit critique et que si l’un ou l’autre l’est en effet (ce qui reste à prouver), interdire de tenter de l’influencer Gare du Nord et alentour le protégera de toute influence au-delà de cette zone.
Qui plus est, mais c’est peut-être pousser un peu trop la réflexion dans la cacophonie ambiante, cette décision fait fi de toute analyse sur ce qui pousse des jeunes à prêter le flanc au prosélytisme, sur leur identité (leur absence d’identité?), sur ce qu’on appelle "les terrains favorables".
Quant aux SDF de la gare et alentour, je me permets de douter de leur envie d’aller au massacre dans un pays en guerre alors que bien souvent ils sont chez nous pour avoir échappé… au massacre. Ceci dit, toutes les considérations qui précèdent sont bien entendu valables pour eux.
Interdire la générosité
C’est peut-être le pire. En tout cas c’est le pire à mes yeux. Au prétexte de mettre fin au prosélytisme pratiqué par un individu bien connu et quelques uns de ses comparses, on met fin à toute distribution de nourriture dans une gare et alentour. Ou du moins, on a eu l’intention de le faire.
Dans un pays qui ne compte plus ses SDF (s’il les a un jour comptés) et qui en a terminé avec son plan hivernal, renvoyant notamment de nombreuses familles avec enfants à la rue.
Désormais donc, l’interdiction est levée (aux conditions précitées). Il paraît que la commune envisage de conditionner les distributions à une autorisation communale.
Ceux qui distribuent de la nourriture aux SDF pour venir en aide aux SDF se réjouissent de pouvoir continuer.
Mais si cette condition est désormais imposée, elle serait à désespérer d’un pouvoir qui interdirait désormais, on ne sait toujours pas sur quelle base légale, à quiconque n’en aurait pas l’autorisation, de pallier les carences de ce même pouvoir. Et pourtant ici, enfin, on a une base légale. Une loi souveraine, même, celle de la dignité humaine, inscrite dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
L’unique base légale de tout ce bordel, en fait (et elle est bafouée).
Que faire?
Si des gens font du prosélytisme "sur le dos des pauvres" et si on décide que certains prosélytismes sont plus inacceptables que d’autres alors on prend ses responsabilités. Notamment en faisant en sorte que des citoyens n’aient pas à pallier les carences d’un Etat qui, non content de produire de plus en plus de pauvres, les abandonne dans nos gares.
Ou alors, on s’abstient de faire de la politique sur le dos des pauvres. Et des Musulmans. Et même des prosélytes. On se fait tout petit et on tente de composer avec sa conscience.
Et pour la gouverne de Monsieur Clerfayt et de ses pairs, j’aimerais conclure en précisant une chose qui achève de nous plonger en absurdie: aller distribuer de la nourriture aux SDF dans une gare et alentour est un acte qui appartient à la conscience de chacun. Certains le font pour des raisons philosophiques ou religieuses et tous posent là un acte éminemment politique, n’en déplaise à ceux dont c’est la charge, qui ont demandé à en être chargés, qui sont grassement payés pour la porter et qui ont peut-être du mal à assumer leurs incuries.
Il est à espérer que chacun continuera, car on est en train de jouer avec la vie d’être humains. Et ce n’est pas gagné, car certaines associations se sentent désormais stigmatisées car essentiellement composées de Musulmans, dont la générosité est, eh oui, l’un des fondements de leur religion.
Pour entendre un reportage (FR-NL-EN) réalisé sur l’action, cliquez ici.
Ca y est, on a interdit la générosité.
avril 21, 2013
Un groupe de radicaux profiterait de distributions de repas dans la gare du Nord de Bruxelles pour faire de la propagande.
Pour lutter contre cela, le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt, a décidé… d’interdire la distribution de repas dans la gare du Nord.
Si, si.
Donc on a un terrain favorable : la misère. On a une problématique électoralement porteuse: les radicaux. On mélange le tout et on en fait une soupe imbuvable dont même les SDF de la gare du Nord ne voudraient pas.
Bien sûr, on peut se demander pourquoi on tolère que des terrains soient si favorables à la radicalisation. On peut aussi se demander en quoi interdire les distributions de nourriture aux SDF fera taire quelques radicaux. Et même, on peut se demander en quoi il est plus facile d’interdire la gare du Nord à des citoyens responsables que de l’interdire à quelques radicaux.
Mais bon. Bernard Clerfayt préfère déloger la générosité que la propagande radicale. C’est bizarre, mais on ne va pas se poser de questions.
Enfin si, une: est-il tolérable d’obéir à une pareille décision? En s’abstenant de secourir des gens que notre société a réduits à squatter nos gares parce que ça nous est interdit, n’est-on pas les collaborateurs d’un système meurtrier? (Parce que sans manger, on meurt, pour ceux qui l’auraient oublié).
On est quelques uns à avoir répondu: non, ce n’est pas tolérable. Alors on ira à la gare du Nord dès demain lundi 22 avril à 19h (sous l’escalier de l’entrée CNN) et on distribuera de la nourriture aux SDF de la gare du Nord. Et on recommencera chaque jour de la semaine. Parce qu’on ne tolérera pas que nos dirigeants instrumentalisent à ce point la misère, qui n’est pas qu’économique.
Intéressés? Cliquez ici pour voir l’événement.
Mon blog, vos commentaires. Petit recadrage.
avril 14, 2013
Donc puisque visiblement le précédent message est mal passé, je vais le reformuler.
- Ici, quand on commente, on le fait en déclinant son identité. Une identité, ce n’est pas un pseudo ou un prénom. On met son nom et son nom de famille.
- Ici, quand on commente, on le fait sur le sujet de l’article qu’on commente. Pas sur la personne qui a écrit ledit article ni sur la personne qui a écrit le commentaire qu’on commente, ni même sur la personne de qui que ce soit.
Je ne pense pas que les kilos d’une certaine ministre aient un quelconque rapport avec sa politique. Ni les miens, d’ailleurs.
- Sur le sujet de l’article qu’on commente, ça veut dire pas sur le sujet d’un article précédent ou sur tout autre chose. C’est un blog, pas un panneau d’affichage.
- Si vous avez envie de me reprocher de ne pas écrire sur tel ou tel sujet, je vous suggère d’ouvrir votre propre blog et de le faire.
- Dorénavant, les commentaires aussi élaborés que "Vous êtes de mauvaise foi" ou "Vous êtes conne", "C’est débile", "Encore un billet d’extrême islamo-sionico-bobo-gauchiss-catholico-franc maçonne"… ne passeront plus non plus.
Si vous pensez que je suis de mauvais de foi, que c’est débile ou que je suis conne, étayez (et encore, optez pour "c’est con", sinon vous tombez dans le second cas de figure). Quant aux qualificatifs dont certains aiment m’affubler, c’est certes fort intéressant, mais ils ne constituent en rien un argument, ni "pro", ni "contra". On peut très bien être gauchiss’ et tenir un propos sensé. Tout comme on peut être bobo et tenir un propos sensé.
Tenez donc pour acquis que:
Si vous pensez que supprimer des commentaires est de la censure, c’est votre droit le plus strict. Si vous pensez que je ne suis pas démocrate parce que je le fais, c’est aussi votre droit.
Je ne vous inviterai pas non plus dans mon salon pour déblatérer sur les étrangers ou qui que ce soit d’autre. A fortiori si vous êtes anonyme.
Et si vous pensez que vous êtes en démocratie mais qu’il vous faut tout de même cacher votre identité pour prendre la parole, c’est peut-être qu’il y a quelque chose qui ne va pas bien dans votre tête.
Et si vous pensez que vos propos sont tellement odieux qu’il vous faut les tenir de manière anonyme, c’est sûrement qu’il y a quelque chose qui ne va pas bien dans votre tête.
Ce blog porte mon nom. J’assume chaque mot que j’écris. J’en attends autant de ceux qui le commentent.
Et s’il vous venait l’envie de commenter ci-dessous que je n’aime pas la contradiction et que j’ai toujours raison, faites donc. Mais alors après, c’est tout, hein. Parce que si vous le pensez, vous savez bien que ça ne sert à rien d’essayer! Vous avez sûrement autre chose à faire!
Où il est enfin question de Syrie
avril 13, 2013
Entre des bourgmestres déjà en campagne qui convoquent la presse pour lui annoncer qu’ils envisagent de retirer leur carte d’identité aux jeunes belges qui ont l’intention d’aller combattre en Syrie et Didier Reynders qui suggère qu’on envisage des sanctions pénales pour ces mêmes jeunes (après coup, je suppose), les médias ne se sentent plus.
On a donc un pays, la Syrie, qui n’intéresse personne depuis des mois et des mois. On a un pays, la Belgique qui vote à l’unanimité moins une voix de ses parlementaires le bombardement de la Libye au nom de la protection des populations civiles et dans le même temps refuse de prendre position sur la Syrie… où des civils sont tués chaque jour.
Et puis on a des belges qui décident de s’y rendre pour combattre. Une belle opportunité pour le politique d’encore une fois s’emparer d’une question qui rapporte: la radicalisation de certaines populations d’origine étr… de jeunes allochtones.
L’occasion pour nous de découvrir:
- que des bourgmestres sont compétents pour décider de retirer leur carte d’identité à des citoyens belges;
- qu’on peut sanctionner des gens parce qu’ils décident de voyager dans un pays étranger pour y faire ce que, au nom d’on ne sait quoi (puisqu’on ne nous le dit pas, faut pas compliquer les débats), on réprouve.
Une belle opportunité pour nos médias d’encore une fois nous dire que certaines populations se radicalisent, que certains quartiers sont sous l’influence de l’un ou l’autre radical, que ces gens-là vont revenir en Belgique peut-être bien encore plus radicaux.
Tremble, brave citoyen. Le politique est là pour toi.
Et ne crains rien, le débat sera toujours à ta portée, parce que personne n’ira s’interroger sur les causes du phénomène.
Il est bien plus facile de dire que des jeunes se radicalisent que de se demander pourquoi ils se radicalisent. En plus, c’est rudement plus efficace parce que ce partant, on met tout le monde sur la défensive et on accentue la radicalisation. Une affaire qui roule, quoi. Tout bon marketeur te le dira: tu crées le besoin, tu offres une solution simple, tu vends ta soupe.
Il est bien plus facile de dire qu’on va retirer sa carte d’identité au jeune qui décide d’embarquer pour la Syrie, ou le punir pénalement, que de se poser et de se demander ce qui peut bien pousser un jeune Belge à se radicaliser au point qu’il décide d’aller faire la guerre en Syrie alors qu’il est si bien chez nous. Même si tout le monde sait qu’on ne peut pas enlever sa carte d’identité à quelqu’un ni le punir pénalement parce qu’il a l’intention d’aller faire un tour en Syrie. Sauf bien sûr si on décide qu’on peut aller encore un peu plus loin dans la mise à mort de nos démocraties…

